Dans la peau des pieds

Bonnes fêtes à vous, familles, amis, collègues, followers et groupies délurées totalement folles de mon corps.

L’année touche à sa fin, il est temps pour nous de dresser un bilan de 2013 : ça déchire sa race, ça déglingue sa mère, ça déboîte sa tata, ça arrache la ganache,  c’est énorme d’aller au bout de ces envies !!

En route pour 2014 ! Encore 4 mois de voyage et des projets plein la tête pour la suite !

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Lagos, rios y tabanos

  • 15/12/13 Las Lajas – Pino Hachado = 52 km (D+ 830m)
  • 16/12/13 Pino Hachado – Villa Pehuenia = 58 km
  • 17/12/13 Villa Pehuenia = repos
  • 18/12/13 Villa Pehuenia – Lago Norquinco = 56 km
  • 19/12/13 Lago Norquinco – Aluminé = 66 km
  • 20/12/13 Aluminé – Pilolil = 52 km
  • 21/12/13 Pilolil = Junin de los Andes = 59 km (D+ = 690m)
  • 22 & 23/12 Junin de los Andes = vacances au supermarché
profil de notre étape record de 164 km

profil de notre étape record de 164 km

*** Merci pour tous vos commentaires sur les derniers articles, on sent vraiment beaucoup d’enthousiasme. Louison est officiellement élu follower du mois de décembre. Christophe, envois-moi une photo de toi stp, on va faire comme dans les boîte américaine à partir de maintenant.

Bonnes fêtes à tous !! ***

*** les chiffres de novembre sont dispo ***

*** Mattez un peu la belle carte google pour savoir c’est ou qu’on est ***

*** J’adore les astérisques ***

A Las Lajas, nous sommes rejoints par Daniel, un allemand rencontré à Chos Malal. Le courant passe super bien et on décide d’aller à Villa Pehuenia ensemble. Il voyage en sac à dos depuis la Colombie mais il a subitement décidé de faire Mendoza – Bariloche à vélo. Il a donc trouvé un vélo d’occaz et il y accroche son immense sac, un vrai rituel, chaque matin. Un porte-à-faux impressionnant à l’arrière, il serre les fesses en descente, c’est vraiment instable.

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En quittant Las Lajas, on s’attend à une journée un peu galère avec montée permanente et vent de face. Mais finalement on roule bien : ça monte tranquillement, on chope un petit vent dans le dos et on remonte une rivière.

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Le paysage change radicalement, tout est plus vert et les Araucarias (voisin des pins à l’aspect très particulier) font leur apparition.

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On s’arrête à midi dans un endroit paradisiaque ou nous profitons de l’ombre et de baignades dans la rivière. Beau contraste avec la pampa.

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Un gars du coin viendra causer avec nous le soir. On parle de bouffe et quand on lui demande quel est le plat typique pour Noël, la réponse est simple : asado. Comme tout le reste de l’année en fait mais avec encore plus de bière et de vin rouge.

ici, il y a près de 2 m de neige en hiver

ici, il y a près de 2 m de neige en hiver

8°C au réveil, très agréable

8°C au réveil, très agréable

Le lendemain, on quitte le bitume pour de la piste, de la bonne cette fois. Ça grimpe et on arrive quasiment à la hauteur des neiges.

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Avec Daniel, on voulait se faire une séance photo les pieds dedans mais on aura finalement trop la flemme d’y aller à pied. On se croirait vraiment dans les alpes. Il n’y a personne, la route est à nous.

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Une belle descente nous amène au Lac Aluminé. On retrouve le bitume et on trace comme des malades jusqu’à Villa Pehuenia.

Lac Aluminé sur fond d'Andes.

Lac Aluminé sur fond d’Andes.

Il va être 13h et on n’a rien avalé depuis 7h ce matin. On vise des empanadas ou une pizza avec de la bière et bingo, on trouve vite notre affaire alors que la saison n’a pas commencé et que la plupart des échoppes sont encore fermées. On avait très très faim. Quand je dis à Daniel que je deviens vite agressif dans ces moments là, il me dit que c’est pareil pour lui et qu’il appelle ça « hangry » (contraction de hungry=faim et angry=en colère).

on est sauvé

on est sauvé

On se réhydrate en profondeur et on s’explose le bide avec une assiette de charcuterie et des empanadas. On a eu les yeux plus gros que le ventre, je les finirais le lendemain au p’tit dej, miam.

En sortant, c’est même plus la peine d’envisager de faire plus de 2 km, même en descente. Alors on se pose au camping le plus proche, celui à côté du supermarché héhé, l’instinct de survie a encore parlé. C’est 2 fois plus cher qu’avant et impossible de négocier mais c’est hyper calme et on a un spot de fou au bord du lac.

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La baignade nous dégrise et après une bon comatage, on se fait un asado le soir. Celui-là, on en parlait depuis qu’on avait quitté Las Lajas. C’est un peu l’asado d’adieu car Daniel file dès demain pour être à Bariloche à Noël alors que nous restons ici demain pour ensuite prendre une route, plus longue, celle qui fait tout le tour du lac Aluminé, sans bitume…sniff…

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Notre journée de pause est parfaite. Sur la plage, on se croirait en Corse, il ne manque que le Lipto-fraise, du Lonzo et quelques têtes cagoulées. Pour changer, on se fait un asado.

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Les jours suivant se suivent et se ressemblent, mais sans lassitude. C’est magnifique, on roule majoritairement sur des pistes en bon état malgré de trop nombreux passages en tôle ondulée.

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Ma théorie selon laquelle ça secoue moins en passant très vite s’est effondrée. J’ai testé pour vous à 50 km/h, j’ai cru que mes dents allaient se déchausser et que le vélo allait porter plainte pour acte de barbarie. On se tape pas mal de bosses à plus de 6 % et là, je ne peux que citer Ophélie

« Cest quoi cette p***in de piste de m**de ? ».

C’est vrai qu’au bout de quelques jours, on rêve de bitume quand même.

candidate pour Miss Lagos 2014

candidate pour Miss Lagos 2014, patience…

Nous ne roulons que le matin, profitant de l’après-midi au bord de rivières ou de lacs, bivouaquant un jour sur deux. Ça faisait des semaines qu’on en rêvait de ces lacs, ça fait du bien d’en profiter à fond et l’eau est vraiment bonne.

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Nos jambes manquent de repos, on a beaucoup de mal à rouler plus de 3 heures. Courage les guibolles, les vacances de Noël approchent et on va vous gaver comme il faut !

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de retour d'une expedition asado

de retour d’une expedition asado

Voilà, c’est bien mignon ce récit, c’est bucolique, rafraîchissant et tout ce qu’on veut. Mais ça manque de piquant, non ? Heureusement, les taons sont là. Entre Villa Pehuenia et Aluminé, ça a été la guerre. C’est des psychopathes ici, des vrais pitbulls. Dès qu’on s’arrêtait, ils nous tournaient autour. On en tue un, deux débarquent. Avec LE torchon, je fais du nunchaku pour les chasser. A défaut d’être efficace, ça fait bien marrer Ophélie.

Pendant une pause de 5 minutes, on en bute 5 chacun, entre 2 bouchées de cake.

Bivouac de rêve au bord du lac Norquinco

Bivouac de rêve au bord du lac Norquinco

Je crois avoir compris leur technique : ils nous assaillent en tournant autour de nous avec leur vol si bruyant. Ils se posent et repartent vite. Leurs but ? Qu’on se suicide pour qu’ils puissent nous pomper tranquillement tout notre sang ensuite. Franchement, ils devraient faire un Twilight rien qu’avec eux.

Ils nous attaquent même en roulant et impossible de les semer avec cette foutue piste qui monte tout le temps le 1er jour. Même dans l’eau, ils nous suivent. Ophélie en pleurera, il y avait de quoi.

Heureusement, ils disparaissent dès qu’on arrive à Aluminé et on sera tranquille après.

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Bref, je viens de les ajouter à MA GRANDE LISTE DES TRUCS QUI NE DEVRAIENT PAS EXISTER.

Elle n’est pas exhaustive :

  • les taons
  • les moustiques
  • le foie de veau à la cantine
  • les calendriers avec des chatons
  • le droit de vote pour les femmes (Ophélie ne valide pas celle-là)
  • les bébés pandas
  • les jeans slim pour homme
  • Justin Bieber
  • les écureuils du parc Zion
  • les soutifs pour Nabila, allô quoi !
  • les orties
  • l’orthographe
  • les campings sans tables ni chaises pour les valeureux cyclistes
  • Rocky V
  • les chemises de mon ami P. Alambic (et ses mouchoirs en tissu aussi)
  • les sketchs d’Anne Roumanov
  • Facebook
  • les boîtes de sardine sans cette p****n de goupille pour les ouvrir
  • les cahiers de vacance (je ne te pardonnerais jamais Maman)
  • les bus à 2 étages
  • Juliaca (Pérou)

 Nous sommes donc maintenant à Junin de Los Andes. C’est mignon, le camping est génial et on a failli faire une crise d’épilepsie en entrant dans le supermarché. On a aussi mangé dans un vrai resto, le 1er depuis qu’on est en Argentine. Par « vrai resto », j’entends un lieu avec des tables,des nappes, des serviettes, un menu, des serveurs qui ressemblent à des serveurs et des toilettes nettoyées depuis moins de 2 ans. Le genre d’endroit un peu utopique au Pérou et en Bolivie.

vous voyez le filet de bave au coin des lèvres ?

vous voyez le filet de bave au coin des lèvres ?

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A tomber par terre la barbaque ! Même si je commence à bien maîtriser l’asado, la parilla qu’on a englouti était encore meilleure. Un grand moment, on n’a rien laissé, pire que des vautours.

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En arrivant au camping, je vois un gars et sa tête me dit quelque-chose. Je suis à peu près sur de l’avoir vu dans un resto de Cuzco fin Septembre. On va le voir, il est français. Non seulement c’était bien lui à Cuzco mais en plus je le connais via internet. Il s’agit de Simon Dubuis, un gars très actif sur Voyageforum et rando léger. Avec 2 amis, il est guide dans une agence à Cuzco depuis quelques mois. Il est ici en vacance, c’est un fou de marche. Avec sa copine, ils ont traversé le sud Lipez, à pied !! Finalement, ça va presque aussi vite lentement qu’à vélo.

On passe au moins 3 heures à discuter voyage. Il marche avec un sac de 6 kg et moi je pédale sur un vélo de 60 kg mais on parle la même langue, celle des gens capable de bouffer des nouilles chinoise pendant des semaines. Et on hait les taons (tabanos en espagnol).

ce t-shirt aura bien vécu et vu du pays

ce t-shirt aura bien vécu et vu du pays

A+, ‘vais m’acheter de quoi pêcher, les truites me provoquent trop depuis quelques jours. J’utiliserais évidemment des taons aux ailes tendrement arrachées comme appât. Pas question de sacrifier du sauciflard.

Miss Pampa.