Au pays des sardines et des pingouins

 

  • du 02 au 08/07/16  Teheran = pêche aux visas en mode Transpanardos
  • du 09 au 10/07/16  Shiraz et Persepolis
  • du 10 au 12/07/16  Isphahan
  • du 13 au 15/07/16  Retour à Teheran, on repart bientôt les pieds devant

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Voilà donc 2 semaines que nous sommes arrivés à Teheran. Je préviens tout de suite, on n’a pas touché aux vélos, vous ne verrez donc pas les mots clefs habituels comme « bivouac », « côte à 10% », « plein de flotte », « je pue, j’ai trop envie d’une douche » ou « on a défoncé 1 kg de spaghettis, c’était trop bon ». Bordel, mais je vais écrire quoi du coup ? Ca risque d’être chiant non ? Bon tant pis, on va tenter quand même, je vais mettre plein de gros mots, faire des généralités et être de mauvaise fois. Le genre de recette qui rendrait paplitant 2 jours de voyage en camping-car en Norvège. On va également renouer avec les citations et y’aura même la photo d’un rat crevé. Nan franchement, ça va être de la bombe.

Sinon, vous pouvez juste regarder les photos, y’en a plein. Faut que je rentabilise le reflex et que je continue à m’autopersuader que ça fait de meilleurs clichés que le petit Lumix…

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Chez notre hôte, Mohamed

Teheran : 9 millions d’habitants, 15 millions dans l’agglomération, plus de 5 millions de voitures et autant de motos, 40 km d’est en ouest et un métro de seulement 5 lignes. Le tout au mois de juillet sous 40°C avec port du voile et du pantalon obligatoire. But du séjour : choper nos visas sans nous automutiler.
Voilà le topo, on était donc pas loin de l’ulcère et du caca mou en pensant à tout ça.  Surtout que pour le 2eme « inconvénient », les toilettes turcs ne sont vraiment pas la panacée. Je vous épargne les détails. Exceptionnellement.

Ophélie : « Je crève de chaud sous ce putain de voile »
Fred : « Je t’ai autorisé à parler ? »

Mais, contre toute attente, on a passé un très bon séjour dans la capitale, notamment gràce à la rencontre avec les Transatos. C’est qui les Transatos ? Les Transatos, c’est Alice & Benoît, aussi connus sous les pseudos de Pierre Richard (Alice) & Eve Angeli (Benoît). Avant d’atterir à Izmir et de nous précéder mesquinement de 2 semaines tout le long de la Turquie, ils ont voyagé 9 mois entre le Pérou et la Patagonie aux guidons de 2 Azub. Autant dire qu’on a quelques points communs, surtout qu’ils sont hyper beau-gosses. On fusionne donc et ce groupe de 4 français devient, roulement de tambours, les TRANSPANARDOS. Oui, je sais, ça claque. Y’avait aussi Les Pieds en Transat, mais ça sonne moins bien. Ils avaient suivi notre blog et on s’était rencontré furtivement après la projection de notre Powerpoint au festival CCI. Ils n’avaient même pas eu le temps de nous inviter au resto, j’espère qu’ils se rattraperont.IMG_4695
On s’est retrouvé à l’Ambassade de France pour la 1ere étape de notre petite chasse aux visas. Un vrai sketch cette ambassade, une parodie de l’administration, du pain béni pour les fans de cet enculé de Milton Friedman. Il nous fallait juste une lettre de recommandation par personne, un simple copier-coller ou seuls les dates, les noms et les N° de passeport changent. Aucune vérification n’est faite dans les fichiers de la police ou d’Interpole, au grand soulagement de Benoît. Là non plus, nous ne rentrerons pas dans les détails. Surtout que la chèvre était consentante.

Benoît :  » Ok, c’est un prénom commun Benoît, mais y’en a pas beaucoup qui s’appellent comme ça »

La nana avait l’air complètement débordée par notre demande mais le temps qu’elle nous explique à quelle point elle trime, elle avait largement le temps de nous fournir les papiers et de nous préparer un hachis parmentier.
Mais il faut croire que Ctrl+C / Ctrl+V reste un notion obscure, une bidouille de hacker totalement inaccessible en 2016. Alors il leur a fallu 2 jours entiers pour nous pondre un papelard avec nos 4 noms dessus, au lieu d’un par personne. Ca a failli bloquer ensuite à l’ambassade de Chine, heureusement qu’ils étaient conciliants.
Sinon, pas de soucis côté visas. Je vous la fait court :
Visa Ouzbek obtenu en 1 heure à peine. Ca aurait pu le faire en 30 minutes mais c’était tellement plus marrant de devoir courir pour aller imprimer un formulaire qui s’avèrera inutile en fait, puisqu’ils l’avaient déjà. J’ai quand même souri une fois mon coeur redescendu sous les 250 bpm. Vaut mieux avoir un bon déo et pas de malformation congénitale pour courir en juillet à Teheran. Pour les Transatos, ça se passe moins bien car leur dossier s’est perdu entre Ankara, Tashkent et Teheran et ils devront patienter, relancer et appeler pendant plus d’une semaine pour l’obtenir.
Visa Chinois obtenu en 2 jours, valable 3 mois pour une durée de 3 mois, comme demandée. On était trop content. Au top l’ambassade de Chine.
Visa Tadjik : depuis le 1er juin 2016, c’est un e-visa qui se fait en 10 minutes sur internet (entre 2 videos de Jacky et Michel pour les puristes)
Visa Turkmène : la bête noire. On a renoncé à demander le visa transit de 5 jours, c’est bien trop aléatoire et on avait pas du tout envie de perdre du temps, nos nerfs et notre flore intestinale avec ça. On a donc opté pour le visa touriste via une agence de voyage qui transportera nos vélos et nous escortera pendant 2,5 jours d’une frontière à l’autre. Comme on le fait avec Alice & Benoit, ça réduit le montant à payer (250€/pers). Et on a la satisfaction de continuer par voie terrestre, sans avion, et pour le même prix que ce dernier.
Pour le Kirghizistan : pas besoin de visas !

Voilà fin de cet interlude administratif passionnant. On a beaucoup gambergé mais en 5 jours c’était plié et on a 6 mois de frontières ouvertes devant nous.IMG_4648
Entre 2 ambassades, on se retrouve souvent dans un parc à un croisement de station de métro. La 1ere fois, un gars avec un pansement sur le nez vient nous parler et nous explique que c’est le lieu de rencontre des gays de Teheran. On n’avait pas fait attention, y’a toujours que des mecs dans les rues en Iran. Il nous explique aussi, bouteille d’eau à la main, le principe du ramadan et qu’il ne faut pas boire pendant la journée. Grosse mascarade ce ramadan, nous ne rencontrerons personne le faisant. Presque tout le monde se cache pour manger et boire. Comment ne pas boire pendant 17 heures dans une fournaise pareille ?
Que dire d’autre de Teheran ? Attention, liste numérotée :

  1. Un trafic automobile de fou. Le piéton n’est jamais prioritaire, même sur les trottoirs, il faut être très attentif et avoir de bons appuis. Une entorse à la cheville réduit considérablement l’espérance de vie. Se déplacer en fauteuil roulant équivaut à sauter à l’élastique sans élastique.
  2. On croise un nombre impressionnant de gens opérés du nez, hommes (du parc mentionné plus haut) comme femmes. Pour les femmes, c’est compréhensible vu que c’est pratiquement la seule chose apparente de leurs corps. Ca doit pas être facile pour une nana avec de l’acné, un gros pif et la gueule de traviole (Oui Ophélie ? Une nana avec ma gueule en fait ? C’est ça que tu as dis ?). Pas moyen de se rattrapper avec un décolleté ou un classieux string qui dépasse.
  3. Un acceuil incroyable pour les étrangers. « Hello !Welcome in Iran! Do you need any help ? » est monnaie courante. Les gens veulent nous aider, comme un devoir mais c’est sincère. Le plus dur étant de remballer notre méfiance habituel de touriste flippé. Les gens, à part dans les magasins de tapis, ne veulent pas nous plumer ni préléver un de nos reins.
  4. Il semble que pas mal d’Iraniens reçoivent la TV par satellite et soient en mesure de mater des filles en bikini, genre clip de Pitbull. Pour remedier à cette grave déviance, le régime envoie des ondes pour brouiller le signal. Je ne sais pas si c’est vrai ou si le gars qui m’a dit ça se foutait de ma gueule. Si c’est la 2eme option, c’est pas grave car ils nous a offert du vin ensuite (Libanais, vendu sous le manteau)
  5. La bouffe, comme les moeurs, a 2 visages. Alors qu’on mange très bien et varié quand on est invité chez les gens, celle qu’on trouve dans la rue n’est pas fameuse. IMG_4759 IMG_4758Beaucoup de fast-food et les plats « typiques » ne font pas rêver. C’était 100 fois mieux en Turquie, l’un des pays au monde où on a le mieux mangé tout de même. A Isfahan, on goutera un truc gluant fait à base de viande, de yaourt, d’aubergine, d’huile et d’épices. Sur le papier, ça envoie du rêve et on nous avait dit que c’était l’un des meilleurs plat d’Isfahan. Au final, ça ressemble à un bol de chiasse (j’avais prévenu pour les gros mots, désolé) et c’était pas meilleur que du gruau au curry. Le meilleur plat d’Isfahan était censé être un sorte de sandwich à base de viande. La nana nous explique que c’est fait avec 90% de boeuf. Les 10% restant sont restés un mystère mais on penche pour du foie, du corbeau ou du foie de corbeau. Ophélie recrachera dès la 1ere bouchée. Benoît se régalera, il était au Pérou y’a pas si longtemps. En dehors de ça, c’est du classique poulet-riz ou kebab-riz. Mais le riz est bon.
  6. Ils aiment la chanteuse Zaz. On a faillit se crever les tympans dans une voiture.

    au bazar de Teheran. Ils refuseront qu'on paye

    au bazar de Teheran. Ils refuseront qu’on paye

Le Chucky iranien

Le Chucky iranien

On passe des journées paisibles entre jeux de carte, après-midi au frais chez notre hôte adorable, visite du grand bazar et trajets en métro. Aux heures de pointe c’est plus marrant.
Ici, hommes et femmes sont séparés, ces dernières ayant des wagons réservés en bout de quai… No comment…


De 8h à 9h et de 17h à 19h, c’est la folie et on est tassé comme des sardines, surtout côté homme. A Paris, les gens s’entretueraient en 2 minutes. Ici, ça se passe calmement et on se fait de bonnes séances de frotte-frotte sensuel quand il faut monter ou descendre.

Heureusement, les rames sont climatisées et je pense que c’est la seule chose qui empêche une nouvelle révolution dans ce pays.

– Un épicier : Where are you from ?
– Nous : Paris
– oh, Paris is nice city !
– Maubeuge too
– Yes, OK.

 

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Mosquée de Shiraz

Une fois les visas en poche, nous partons tous les 4 à Shiraz, au sud du pays. On ronronne pendant 15 heures dans un train couchette 1ere classe. Le paysage est parfois magnifique mais ne donne pas du tout envie d’y rouler en été.

Shiraz, copie ratée du chateau de Chantilly

Shiraz, copie ratée du chateau de Chantilly

Visite de mosquées, du bazar et de Persepolis.  Quelques photos du bazar d’abord. On se demande comment des gars peuvent vivre en vendant uniquement des théières en alu ou des pantalon de jogging.

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Dans l’une des mosquées, les filles doivent mettre un drap par-dessus leur tenue de Ninja.IMG_4903 A l’intérieur, c’est ambiance disco. Les miroirs reflètent seulement de toutes petites parties de nous-même afin de nous rappeler que nous ne sommes pas grand-chose, seulement de la poussière qui retournera à la poussière. Sur les murs, 1000 noms différents désignant un seul dieu. Y’avait surement Benoît et Fred dans le lot.

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Persepolis nous deçoit, le site n’est pas bien mis en valeur et le guide nous assomme autant que le soleil, c’est dire. En plus, ça coutait 25$/pers. IMG_4969_stitch

Dans ce site, je ne peux qu’y voir la megalomanie d’une poignée de nantis, claquant les richesses d’un peuple pour gonfler un peu plus leurs égos, sous couvert de religion et de guerres glorieuses. Du coup, on en veut à peine à Alexandre « le grand » d’avoir pratiquement tout détruit.

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On fait un petit tour également à Necropolis pour voir des tombes impressionnantes.

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Dans Shiraz, beaucoup de femmes portent une sorte de grande casquette de golfe. De loin, avec leur grand voile noire, on dirait vraiment des pinguoins. Oui, c’est méchant.IMG_4897
5h de bus VIP climatisé (oui, c’est pas la grosse aventure en ce moment) nous amènent ensuite à Isphahan ou nous logeons 3 nuits dans un hotel « lonely planet », ça nous fait bizarre de nous retrouver avec d’autres touristes occidentaux. Mais ça nous fait plaisir d’avoir des chiottes à l’européenne !IMG_5006

– Un badaud dans la rue : Hello ! Where are you from ?
– France !
– Oh France ! Football, very good ! Griezmann, Zidane, Platini !
– Yes ! And Guivarc’h and Bernard Diomède, very good !
– Yes, OK ! Welcome in Iran !

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Isphahan nous plait, c’est un peu la ville iranienne du vélo. Il doit  bien y avoir 1 vélo pour 300 voitures ou motos, ce qui est énorme.

C’est des vélos utilitaires, comme j’aime. Ils viennent de Chine, ce qui ne fait pas si loin quand on y pense. On flâne sur la grande place et dans les bazars, observons les ateliers où les femmes peignent avec précision de minuscules motifs et où les hommes martelent le cuivre.

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On boit de l’eau de rose ultra-sucrée et -enfin !!- des milkshakes à la banane ou au melon. IMG_5105Un soir, on pique-nique sur l’herbe, comme font les iraniens. Il y a beaucoup de monde dehors à la nuit tombée, quand il commence enfin à faire plus frais moins chaud. Les gens sont calmes, c’est serein et très convivial. On se dit qu’en France, on aurait une chance sur deux d’être assis sur une crotte de chien et qu’il y aurait inévitablment des cassos avec des enceintes portables et un beau stock de Kro qu’ils laisseraient en partant, dans l’espoir qu’elles germent enfin et produisent le fameux « arbre à binouze ».

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5h de bus aventure de l’extême nous ramène alors à Teheran. On retrouve avec plaisir notre « chez nous » et notre gentil Mohamed qui insiste toujours pour nous faire à manger. Il adore les patates, alors on adore Mohamed. Les Transatos obtiennent enfin leurs visas ouzbek pendant qu’on fait une dernière lessive, les courses et cet article. On a hâte de remonter sur les vélos même si on risque d’avoir très chaud pendant les 3 ou 4 semaines à venir.

un sosie de Fernandel

un sosie de Fernandel

Ah, j’allais oublier le rat crevé. Faut que je vous laisse, Benoît me propose qu’on se les astique ensemble. J’espère qu’il parle des chaînes de vélo. A bientôt.

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