De la fournaise Khmer aux îles du Mekong, du purgatoire au paradis

 

J 321 à 331 / du Cambodge aux 4000 îles / 426 km

  • 19/02/17 … – Preah Vihear = 60 km / +130m
  • 20/02/17 … – Cheab = 57 km / +100m
  • 21/02/17 … – Stung Treng = 93 km / +320m
  • 22/02/17 … – Khone Phapheng (Laos) = 78 km / +170m
  • 23/02/17 … – île de Don Khone = 12 km
  • 24/02/17 Repos et tour de l’île = 15 km
  • 25/02/17 … – Muang Khong = 23 km
  • 26/02/17 … – bord du Mekong = 57 km
  • 27/02/17 … – Pakse = 88 km
  • 28/02/17 Paksé = repos
cambodge

le Panaparcourt au Cambodge, expéditif

Le réveil sonne à 5h30, je suis encore dans le pâté à cause de l’hypoglycémie de la veille mais tout de même suffisamment d’aplomb pour faire se lever Ophélie sans avoir à utiliser un pied de biche, un treuil ou un taser. Un café, un porridge à la banane et c’est parti pour 60 km sans intérêts. Tout est grillé aux alentours, les arbres sont trop loin, reste que les gens sont toujours souriants et les coucous amicaux. img_0634

On arrive dans la jolie ville de Preah Vihear avant midi et trouvons rapidement un hôtel pour passer l’après-midi à l’ombre. C’est un vrai bâtiment en dur, il y fait assez frais pour se passer de climatisation et donc économiser un peu de sous. On va faire nos emplettes au marché avant de nous réfugier dans la chambre jusqu’au lendemain matin. Le soir, grand moment, on ouvre la dernière boite de pâté Henaff, sans émotions finalement. Il fait bien trop chaud pour apprécier du pâté, surtout s’il est tartiné sur un pseudo pain de mie sucré. On donnerait cher pour de la feta et des olives en revanche.

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un p’tit jus de canne à sucre pour refroidir le moteur

Départ à 8h le lendemain. Comme la veille, on ne prévoit qu’une petite étape afin de ne pas rouler après midi. Le thermomètre affiche 38°C à l’ombre depuis un moment déjà quand on finit par arriver à 11h30, le soleil tape très très fort, on est vraiment content d’avoir nos beaux chapeaux et de la crème solaire de qualité.p1110787

Le seuls autres clients de l’hôtel sont un couple de cyclo danois, Camelia et Sorn, et nous sommes tous contents de voir qu’on n’est pas les seuls à galérer dans cette poêle à frire cambodgienne. On se met rapidement d’accord pour rouler ensemble les jours suivants, on pourra avoir de longues discussions du genre :

  •  » ‘fait chaud hein ?
  • ouais grave, j’en peux plus ! Il est quelle heure ?
  • 8h34
  • Gushtenfrütte (c’est du danois, intraduisible) !! Ça va être long… Hé ! C’est quoi ce truc derrière, on dirait un vampire ??!!
  • C’est Ophélie, elle vient de se mettre de la crème solaire. N’ai pas peur. »

On passe l’après-midi à bouquiner sous le ventilo pendant qu’une musique digne des fêtes foraines les plus classes commence à se faire entendre. Le volume du son est prodigieux, les murs tremblent sous l’impact des basses. C’est des fous les cambodgiens avec leur musique, ils adorent mettre à fond, c’est insupportable. Ophélie commence à s’inquiéter pour la nuit à venir et part mener son enquête. Elle a déjà sa tête de vénère.

C’est tellement fort qu’on dirait que ça vient de la maison juste à côté mais en fait ça vient d’un bar à 150m, monstrueux. Des enfants sont là, les mains plaquées sur les oreilles. Le mec doit baisser le son pour pouvoir parler avec la « falang » au cheveux blond qu’a pas l’air contente. Résultat de l’enquête : va y avoir du gros son jusqu’à 11h minimum, même s’il n’y a aucun client.

Ophélie part voir le gars de l’hôtel pour qu’on ait une nouvelle chambre à l’opposé du bruit. Il refuse tout net. Ophélie passe en mode super saïen de la colère et ne lâche rien jusqu’à ce qu’il craque et on passe une nuit acceptable.

Il fait 28°C dans la chambre quand on se lève à 5h et sommes sur les vélos à 6h avant le levé du soleil.p1110794

Avec nos nouveaux amis danois, nous claquons les 93 km-vent-de-face-sans-manger qui nous séparent de la ville suivante dans la matinée. On se trouve rapidement une chambre et Camélia, qui supporte mal la chaleur, lâche une galette dans les toilettes avant de passer l’après-midi allongée.

Ce jour-là, nous aurions vraiment mieux fait de prendre la clim, la température n’est pas passée en dessous de 31°C dans la nuit, affreux, on récupère très mal.p1110799

Malgré ça, nous sommes à nouveau sur les vélos à 6h le lendemain et prenons une belle averse juste après avoir franchi le Mékong. Ça nous dégueulasse les vélos mais ça fait du bien. Le soleil revient trop rapidement, ainsi que son ami le vent de face et l’étape devient physique une fois de plus.

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On passe la frontière avec le Laos, quittant le Cambodge sans un dernier regard en arrière. C’est vraiment la première fois qu’on a le sentiment de ne pas avoir aimé un pays. On était certainement pas aux meilleurs endroits ni au bon moment et avons pris peu de plaisir à rouler. Mais on ne regrette pas du tout car c’était un passage nécessaire pour accéder au sud du Laos et les temples d’Angkor valait bien le détour.

Côté Laos, on paye à nouveau pour un visa puis un gars nous demande 4$ supplémentaire pour les tampons d’entrée. Ben voyons ! On refuse, c’est mentionné nul part ces frais. Il insiste, on demande un reçu. Ça l’énerve, il met nos passeports de côté :  » You don’t pay, no passport « .

On n’a pas la patience de jouer et d’attendre, d’autant plus que le groupe de français juste derrière va forcément payer ces même frais. Alors on lui lâche rageusement ses 4 $ et filons avec des envies de meurtre.

On est tout de même très content d’être à nouveau au Laos. Les paysages sont d’emblée plus sympas, y’a qu’un seul côté de la route qui est brûlé.

On se pose dans un hôtel avec option climatisation cette fois. Ça change tout, on dort comme des bébés pour la sieste. En fin de journée, je vais faire un tour aux cascades de Khone Phapheng à 2 km. Ça disait  » la perle du Mékong ». Mais l’entrée est payante, plus de 6 € !! La poule aux œufs d’or du Mékong ouais ! Ils ont mis des toboggans et un stand de tir au dauphin ou quoi ? J’essaye de trouver un chemin pour y aller en mode furtif mais leur petit business est bien verrouillé  et je ne verrais cette cascade que d’en haut. img_0656Tu vois pas grand-chose d’en haut, juste que l’eau disparaît à un moment. Ça m’énerve quand il faut raquer pour voir la nature, surtout quand on y vient à vélo ou à pied.

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Après une très bonne nuit, on file rejoindre le Mékong afin de prendre un bateau pour l’île de Don Khone. C’est magnifique, enfin ! Nous sommes dans la régions des 4000 îles du Mékong et c’est aussi beau que le nom le laissait présager. On charge facilement les 4 vélos dans une barque et avançons sereinement dans ce décor incroyable. Ça fait vraiment du bien de voir toute cette eau et cette verdure après ces derniers jours dans la pampa carbonisée.

Il faut s’imaginer la taille du Mékong à cet endroit, si large qu’il comporte des îles de plusieurs kilomètres. Certaines ont des ponts mais la plupart ne sont accessibles que par voie fluviale.

On débarque donc à Don Khone, île réputée pour sa tranquillité et ses belles cascades. Le tourisme est finalement assez discret et on se trouve une guesthouse charmante en surplomb du Mékong, avec hamac et ventilo. Bon, le hamac en filet, ça fait super mal et le dos ressemble à un rosbeef au bout de 10 minutes.img_0692

Sur nos tanks, on part le lendemain à la découverte de l’île via des petits chemins que les VTTistes appelleraient singletrack. On lâche une petite somme pour aller voir la cascade de Li Phi et on admet que ça valait bien le coup. Gigantesque, un débit impressionnant qui n’est pas sans nous rappeler le Rio Baker en Patagonie (et il était gratos lui).

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Après les cascades, on suit des petits panneaux en bois  » to the beach »,  » to the beach », « to the beach ». L’envie de faire trempette est de plus en plus forte, forcément. Plus que quelques mètres « to the beach », on passe un bar tout en bois et bambou, descendons une volée de marche et la plage apparaît enfin derrière un dernier petit panneau en bois :  » strong current, do not bath  » (courant fort, ne pas se baigner). La blague.img_0770

J’y vais quand même, trop chaud, c’est trop bête d’aller to the beach si on ne se bath pas. L’eau est chaude et le courant pas si fort si on reste au bord. Pour aller au milieu, vaut mieux avoir des palmes avec un bon cardio ou avoir envie de voir le Mékong autrement, très longtemps.img_0790

On continue notre balade jusqu’au sud de l’île. Y’a une colonie de dauphin qu’on peut aller voir moyennant un avant-bras ou un demi-rein. Un groupe de sympathiques français en vient, on les interroge :  » bof, y’en a que 5, on les voit de très loin et ils ne remontent que pour respirer brièvement. C’est à vous les vélos ? Ça grimpe bien en côte ?  » Et c’est parti pour se la raconter pendant un quart d’heure.

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Passage délicat

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On remonte ensuite vers le nord via une autre cascade, gratuite mais pas folichonne comparée à l’autre. On continue dans la forêt, sur une ancienne ligne de chemin de fer construite ici par les français au temps de l’Indochine, elle servait à transporter des grumes d’un bateau à un autre, entre les cascades infranchissables. Il ne reste presque rien à part 2 locomotives rouillées et le pont reliant Don Khone à Don Det.

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le pont français

Le lendemain, on dit au revoir ou à plus tard à nos Danois et partons vers le nord. On traverse Don Det, l’île des fêtards, encore endormi à cette heure. Une barge nous conduit alors sur l’île de Don Som, puis une autre sur celle de Don Khong, la plus grande. Superbe balade à vélo entre rizières à sec, buffles, Mékong et les « sabaidee » enthousiastes des très nombreux enfants. Grand moment de vélo.

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Pour faire durer le plaisir, on s’arrête dès 10h30 dans un hôtel et profitons de sa piscine une bonne partie de l’après-midi. Le soir, on se fait une super omelette pomme de terre ciboulette. Les touristes du resto d’à côté ont dû nous regarder bizarrement. On devrait se faire une pancarte : « Ça fait 5 mois qu’on bouffe du riz, aidez-nous ! »

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Au matin, après un petit déjeuner devant un fleuve miroitant dessinant les pêcheurs en ombre chinoise,on se fait une étape des plus belles.

La piste serpente au dessus du Mékong, longeant des petits villages, on est à l’ombre, les gens nous saluent de partout, moment magique.

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En fin de matinée, on s’arrête pour assister à des combats de coq, la grosse animation du dimanche ici. Pas assez expéditif à mon goût, ils devraient mettre des lames de rasoir au bout des pattes. Ou alors faire des combats mixtes, du genre coq vs yorkshire.

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Les temples sont très nombreux et on prend le temps d’en choisir un bien.p1110830 Bingo en début d’après-midi, une belle pelouse verte et moelleuse !! Je demande à un moine, pas de problèmes pour poser la tente et il m’indique la douche. La douche ! Avec un pommeau ! Ophélie est folle de joie, elle va pouvoir faire un shampoing.

Je profite du temps libre pour réparer mon vélo : crevaison lente à l’arrière et point dur dans la direction. Les moines observent, peut-être qu’ils me prennent pour un des leurs avec mon t-shirt orange. On est si bien dans ce temple.img_0849

Le soir, on fait sauter le reste de patates avec des oignons et de l’ail et complétons avec du riz gluant pour bien caler. Il fait un poil plus frais désormais et nous passons une bonne nuit, à peine troublée par les froissements d’ailes des nombreuses chauve-souris passant autour de la tente. On entend leurs petit cris stridents à l’aube, elles squattent la toiture du bâtiment à côté. Braves bêtes, elles mangent les moustiques.

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Le lendemain, la belle ballade continue toujours à travers les villages pittoresques. Les gens vivent de peu de choses et ont l’air très heureux. La piste est fantastique, le trafic quasi inexistant.

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On emprunte de nombreux ponts enjambant des bras morts puis montons dans une barge que des écoliers empruntent dans l’autre sens. Pour la toute première fois, une jeune laotienne surmonte sa retenue et fait un selfie avec Ophélie-Roswell. On se dit qu’on pourrait rouler des semaines entières comme ça.

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On arrive à Champasak avant midi, on avait prévu de se poser là mais il ne fait plus si chaud que ça et on décide de pousser 36 km de plus pour rejoindre Paksé. C’est du bitume, ça roule tout seul.

Un long pont nous fait franchir à nouveau le Mékong et nous voici arrivés.

  • Ophélie – 13H38 :  » Tu pourras aller chez le coiffeur à Pakse, ça serait pas du luxe
  • Fred : Yes, j’me ferais bien faire le maillot aussi. Faudra que je trouve un jardinier pour ça. »

On revoit à nouveau des backpackers avec des sacs à dos énormes, on se demande ce qu’ils mettent dedans sachant que la plupart n’a pas d’équipement de camping, ni de doudoune, ni 2 kg de pomme de terre, ni de poêle anti-adhésive de 28 cm et ni des chambres à air de rechange. On se sent tout léger du coup.

On tente notre chance dans une GH recommandée dans le Lonely Planet ==> complet. On se rabat alors dans une autre qu’on a passé juste avant, c’est bon. Hop, on prend 2 nuits histoire de faire une pause, me faire tondre et mettre à jour le blog, au frais.

La suite : une grande boucle sur le petit plateau des Bolovens, des cascades, du bon café et des matins frisquets !!! On rêve d’enfiler nos polaires !

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Les Pieds au Cambodge

 

J 315 à 320 / débuts au Cambodge / 349 km

  • 13/02/17 … – Kralanch = 143 km / +100m
  • 14/02/17 … – Siem Reap = 57 km / + 12m
  • 15-16-17 Siem Reap = repos et visite des temples d’Angkor (à vélo… 42 km)
  • 18/02/17 … – 20 km avant Kulen = 107 km / +270m

*** 9 followers. Vous êtes 9 followers à commencer la lecture de ce post avec fébrilité, attendant depuis des jours la fameuses photo du chien hardcore. Mais vous êtes seulement 9, et pas 10, dommage ! Je ne peux donc pas la publier. Dire qu’il suffirait d’un seul « +1 pour le chien tout rouge » dans les commentaires de l’article précédent.***

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Les moines sonnent la clochent à 6h15, il fait une fraîcheur divine et les pédales tournent avant 8h. Pour la 1ere fois depuis très longtemps, nous démarrons avec les coupe-vent mais les enlèverons bien avant d’atteindre la frontière à 20 km. L’endroit est calme, ce n’est pas un passage très fréquenté. Coup de tampon de sortie, bye bye la Thaïlande.


 

Bon, ça serait le moment de faire un bilan mais ça me fatigue. Rien que le mot « bilan » me rend triste, ça fait austère, ça sonne le glas, ça sert à rien. Tenez, vous inversez 2 lettres et ça fait « liban » ! C’est super flippant !! Vous mettez un m et un p à la place du b et du i, vous ajoutez un a, vous secouez bien et ça fait… NAPALM !! Avouez que c’est troublant. Et à ce petit jeu, on obtient rapidement le summum de l’horreur : Balkany. J’en ai des frissons.

Donc pas besoin d’un bilan pour dire qu’on a adoré la Thaïlande, je pense que ça transpire dans les articles précédent, au moins autant que sous mes bras dans du 10%.

Allez, juste quelques chiffres et une note négative. Ouais, c’était pas parfait non plus, on n’est pas à Center Parc.

CHIFFRES :

  • 70 jours
  • 1 mois de vacances
  • 33 étapes à vélo
  • 2454 km
  • 18500 m de grimpette
  • 58 banana shakes

NEGATIF :

  • Le vent de face : constant sur la fin de notre parcours. Absolument inacceptable, je ne sais pas ce qu’attend le gouvernement pour intervenir
  • Les moustiques : on en a eu très peu, mais quand même, tout le monde sait qu’il en suffit d’un pour flinguer une nuit et seulement 2 ou 3 pour transformer les chevilles en moignons douloureux. A moins de porter des chaussettes avec des scandales, comme ma mère. Hum, je crois que les boutons de moustiques sont plus faciles à assumer. Bref, les moustiques, je dis aussi « absolument inacceptable », faut faire quelque-chose. De préférence avant qu’on aille rouler un jour en Scandinavie, merci.
  • L’absence de wifi dans les temples. Des douches mal éclairées, ok passons. Des chiottes avec des chiens morts, ok. Des dons de Coca moyennement frais, ok. Mais pas de wifi ! INACCEPTABLE !!
  • Plus sérieusement : les déplacements des thaïlandais. Ces grosses feignasses sont incapables de faire 3m sans un scooter, un tuk-tuk ou une voiture. On parle souvent des USA comme du pays de la bagnole, mais c’est pire en Thaïlande ! On ne voit absolument aucun piéton, ni cycliste. Pourtant l’essence, rapporté au salaire moyen, y coûte beaucoup plus cher qu’en France, par exemple. Chiang Mai, Bangkok, Sukhothaï, Loei, Mae Sot, Phitasulok, Uttaradit et toutes ces villes ultra-plates que nous avons traversé se prêtent très bien aux déplacements à vélo, c’est facile, c’est rapide, il fait beau. Mais non, c’est scooter, scooter, scooter. Les enfant pour aller à l’école ? Scooter, alors qu’ils sont presque tous à vélo au Laos et au Cambodge. Sans parler du fait de mettre un gosse de moins de 10 ans, sans casque évidemment, au guidon d’un 110 cm3 débridé. Avec ses 2 petites sœurs derrières. Bon, l’avantage pour les parents, c’est qu’ils auront un prix de groupe en cas d’accident : le 3eme cercueil offert (offre valable sur le plus petit des 3, dans la gamme « bois de cagette » et dans la limite des stocks disponibles).A Chiang Mai, les seuls piétons ou cyclistes sont les touristes occidentaux. Aux heures de pointe, c’est la folie et on mettait beaucoup moins de temps à vélo qu’avec n’importe quel autre moyen. Peut-être même aussi vite qu’une poney au grand galop, c’est dire.

Retour au carnet de bord.

Côté cambodgien, l’affaire est pliée en 10 minutes après une nouvelle page de passeport encombrée d’un visa et 60 € de plus à ajouter dans la colonne frais administratif (à la con). On change nos derniers baths et remontons sur les vélos. On est toujours partagé lors de l’arrivée dans un nouveau pays, entre l’excitation de la découverte et le mal du pays précédent où l’on avait nos petites habitudes. Le mal du pays l’emporte presque toujours chez nous et quand on arrive de Thaïlande, c’est forcément encore plus difficile.p1110729

La route descend et nous fait perdre 200 précieux mètres d’altitude. Crotte de bique ! Il va faire encore plus chaud ! Le paysage change, tout est plus sec, moins vert. Sur le bas-côté des routes, les racines de manioc débitées en rondelles sèchent au soleil, l’odeur est agréable, un peu comme du pain. Côté autochtone, la peau est plus sombre, les yeux peut-être un peu moins bridé, ascendance indienne ? Ça y ressemble. Pour le reste, c’est du classique : toujours 2 bras, 2 jambes, des têtes avec des cheveux, des pieds qui touchent le sol et des mains pleines de doigt. Ils nous sourient, les « hello » fusent de la bouche des enfants et les adultes nous rendent nos coucous de la main en souriant. C’est pas la Thaïlande mais c’est bien.

Voici nos premières impressions du pays (je les ai noté dans mon petit carnet le soir-même pour pas oublier. J’avais dit à Ophélie, le soir-même, « tiens, on va noter nos premières impressions dans mon petit carnet pour pas oublier ») :

  • pays beaucoup plus pauvre, ça se voit tout de suite. Y’a des endroits, on se serait cru en Afrique. Wikipédia confirme : le PIB par habitant du Cambodge reste, avec seulement 773 dollars par an et par habitant, bien en dessous de la moyenne régionale et au même niveau que nombre de pays d’Afrique sub-saharienne. Bombardements américains intensifs pendant la guerre du Vietnam, génocide d’origine politique par les Khmers rouges (1,7 millions de morts), minage du pays, destruction des rizières, malnutrition et épidémies, le Cambodge a un lourd passif.
  • beaucoup moins de voitures. Logique.
  • énormément d’enfants, comme au Laos
  • on revoit à nouveau des vélos ! Les gosses envahissent les routes pour aller à l’école dans leurs beaux uniformes : chemises blanches et pantalons/jupes bleus marine. C’est agréable, ça rend la route très vivante et bucolique. Vive le vélo et vive les enfants à vélo !
  • à première vue, on est dans le genre de pays où il est plus facile de trouver des chips, du Fanta et une carte SIM 4G que de l’eau. Je ne parle même pas de potable.
  • Les enfant sont hyper mignons, on dirait des mini-enfants, ils sont tout petits. Les petites filles sont les plus choupimignounette qu’on est jamais vu. Faudra que j’en prenne en photo mais j’ai toujours peur de passer pour un pervers. Ah, j’ai une idée ! Je me cacherais dans un buisson avec le corps enduit de boue ! Je serais invisible et je pourrais les shooter au téléobjectif. Elles seront attirés par les bonbons que j’aurais judicieusement dispersé devant leur maison.img_0273

On s’arrête dans un boui-boui en bord de route qui vend des chips, des gâteaux dégueux, du lait concentré, de l’huile de palme et des œufs. Il y a aussi, comme on en verra partout ensuite, des grandes glacières avec des boissons dans de la glace. Très peu de frigo au Cambodge, les gens se font livrer des pains de glace. On se prend des boissons pour faire glisser des crackers et restons près de la dame qui est bien souriante. Elle est peinard dans son hamac, avec doudoune et bonnet alors qu’il fait déjà plus de 25°. Elle nous fait comprendre que tout autour, ce sont des champs de manguier qui lui appartiennent. Tranquillement, elle nettoie, épluche et découpe une mangue verte et nous l’offre. On se savait pas que ça se mangeait vert, c’est-à-dire pas mûr. Et c’est pas mauvais : croquant, pas vraiment sucré mais on retrouve bien le goût. Son grand fils vient, il parle un peu anglais et on papote. C’est agréable de démarrer dans un nouveau pays avec un brin de chaleur humaine.p1110730

Le vent souffle dans notre dos, la route nous appelle et nous filons, plein sud. Les kilomètres défilent vite et nous arrivons dans un bled pour le déjeuner. Il y a peu de resto si l’on compare au Laos ou la Thaïlande et nous demandons à un gars qui nous en indique un.

Coup de bol, le tenancier parle un peu français car il a vécu un temps à Marseille. Il a fui quand Plus belle la vie a commencé à être diffusé (certains témoins l’auraient entendu crier  » Plutôt Pol Pot que ça ! »). Pas de menu, plat unique. Pas mauvais mais vraiment pas le pied et ça se confirmera ensuite. En dehors de Siem Reap, on n’a pas lâché un seul « oh putain c’est trop bon ! ». Et pour l’addition, c’est tout simplement 2 à 3 fois plus cher qu’en Thaïlande, incompréhensible.

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petite séance photo en repartant. La petite a failli perdre l’odorat suite à une exposition de 10 secondes près de mon t-shirt.

On repart et traçons toujours vent dans le dos, c’est tout plat, rizières à sec, arbres au loin, enfants à vélos. Au bout de 100 km, on ne se sent pas de camper, y’a bien de temples mais on le sent pas, c’est comme ça. On décide alors de pousser jusqu’au croisement de la route qui mène à Siem Reap. On fait le calcul dans nos têtes, ok, on se fait une étape « coucher de soleil », ça passera tout juste mais on arrivera avant qu’il fasse complètement nuit. On fait le plein de giclette avec de délicieux jus de canne à sucre. p1110737C’est génial de pédaler quand le soleil descend, tout devient plus serein, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté (Dousseur de vivre – Les Inconnus – 1992). On finit tout de même à la lampe frontale et nous réfugions dans une guesthouse. Douche, repas rapide et coma. Belle première journée au Cambodge.

L’étape pour Siem Reap est courte mais interminable : longue ligne droite de 50 km avec du trafic, un paysage sans vie, grosse chaleur et vent de face. C’est la St Valentin, c’est toujours une torture ce jour là, quoi qu’on fasse. On rencontre enfin d’autres cyclos, pour la première fois depuis plus de 1500 km : Jeremy et Marilyne, en route depuis 3 semaines et pour une durée d’1 an sur des Fatbikes, un choix courageux côté matos.img_0285 On sympathise tout de suite, discutons pendant 1 heure sur l’accotement et regrettons de na pas rouler dans la même direction. Durant cette intermède, 3 autres cyclos passent et nous reprenons la route avec un couple de hollandais qui pédale en tong. Ils sont pas très causants alors on reste pas longtemps ensemble et on finit l’étape en solitaire.

On arrive à Siem Reap, la folie. On longe des grands hôtels sur au moins 2 km avant d’atteindre un centre-ville plein de guesthouses. Grosse grosse affluence touristique, ça grouille de partout.

Les temples à côté attirent des gens du monde entier, et en particulier des Chinois qui arrivent par avions entiers à l’aéroport. Ils auraient mis les pistes directement dans le temple d’Angkor, tout le monde gagnerait un temps fou.

Ophélie avait repéré un petit hôtel sympa avec piscine où nous resterons 4 nuits, histoire de se reposer, visiter les temples d’Angkor et se reposer d’avoir visiter les temples d’Angkor. Ophélie se réjouit de lancer une lessive également, y’a un étendoir sur le toit de l’hôtel, c’est super ! On pourra suer et puer dans des vêtements tout propre !img_0616

Après une journée de repos bien méritée, on part donc en vélo vers les fameux temples. Il est encore tôt mais on pédale déjà dans un gentil flot de tuk-tuk. On décide de visiter le site dans le sens anti-horaire afin d’être tranquille sur les premiers temples.img_0323 La route est superbe dans la forêt et on est bien content d’être à vélo, le site faite 400 km2, on respire. On a même amené des petits sandwich au beurre de cacahuète pour le pique-nique.

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Ta Prohm, Bantey Kdey, les différents barays, Preah Khan… on enchaîne les temples, c’est très jolie, très impressionnant. On aime tout particulièrement la façon dont la nature reprend ses droits avec ses arbres poussant au milieu des ruines et dont les racines envahissent les pierres et finissent par écrouler des pans de mur. Ça remet un peu l’homme à sa place, c’est bon de voir ça.

Les barays sont d’immenses bassins qui servaient à amortir l’alternance violente entre saison sèche et saison humide, c’est à dire à absorber les excédents d’eau de la mousson pour les redistribuer plus tard quand ça devient bien secos dans les rizières.img_0449 Il y a donc un grand réseau de canaux et bassins, plus ou moins à l’abandon, témoignant du génie des constructeurs de l’époque. Le plus grand baray fait 8 km sur 2,2 km, de quoi voir venir quelques mois de sécheresse.img_0438

Malheureusement, il n’y a aucune explication sur place, aucun panneaux, rien. Si on veut des infos sur les monuments, sur l’histoire ou le fonctionnement du site, il faut embaucher un guide ou acheter leur foutu bouquin hyper cher. Déjà qu’on a laissé un bras pour payer l’entrée : 37 dollars par personne, soit 74 $ pour nous 2 (à acheter la veille au soir, à l’extérieur de la ville, histoire de faire marcher un peu plus le marché du tuk-tuk). Avec ça, on a juste le droit d’entrer, même pas de plan, ni de navettes. En 2013 et pour 80 $, nous avions eu un pass valable un an, pour nous deux, et pour tous les parcs nationaux américains, dont les infrastructures et le service étaient bien supérieurs.img_0476

Alors on se demande un peu où sont partis nos 37 $ et ceux du million de visiteur annuel, car côté restauration et protection des monuments, aménagements et informations, on est loin du compte.img_0411

Ce site est connu également pour avoir été le lieu de tournage de Lara Croft – Tomb Raider, ceux qui regardaient autre chose que les nichons d’Angelina Jolie et qui ont réussi à voir quelque-chose derrière sa bouche d’ornithorynque l’ont peut-être remarqué. Dans le film, elle est super vénère et butte plein de monde. Tu m’étonnes ! 37 boules l’entrée !

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En fin de journée, on finit au temple d’Angkor Wat, le plus célèbre, le symbole du Cambodge, celui qui apparaît sur le drapeau du pays. Le soleil descend, la lumière met en valeur ce temple si bien conservé et devient propice aux milliers d’appareils photos et de perche à selfie présents, les pierres vont devenir rouge, le temple va s’embraser. On s’en va. Ouais, on en a plein les pattes et on a une douzaine de borne pour rentrer, on ne veut pas le faire de nuit sans éclairage dans une rivière de tuk-tuk.

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Angkor Wat, vu du haut d’un autre temple

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Angkor Wat

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Les touristes chinois nous ont bien amusé, ils sont attendrissants, c’est encore nouveau pour eux les voyages et le tourisme.img_0483

Ils sont toujours en groupe, envahissants, peu curieux, infatigables, dépensiers, très enthousiastes, heureux d’être là, souriants. Les monuments ? Je pense qu’ils s’en foutent complètement, ils veulent juste être en photo devant, en prenant la pose de préférence. C’est bon, ils ont « fait » Angkor, au suivant. Du tourisme de masse décomplexé, de la consommation de voyage assumée. Chacun son tour.

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Le lendemain, on se remet d’aplomb avec un bon massage des pieds et un hamburger qui me fait baver rien que d’y repenser. Un French Burger, avec du camembert, du bleu, une mayonnaise à l’ail, un bun maison et de la vrai viande sans trucs bizarres dedans. On aime profondément les hamburgers, c’est vrai. Et le dernier datait d’Almaty, au Kazakhstan, au mois de septembre bordel !! J’aurais jamais pensé qu’on aurait pu vivre 6 mois sans hamburgers. On devient un peu plus fort qu’avant mentalement concernant la bouffe, mais ça va être le carnage en rentrant, je rêve d’une raclette et d’un saladier de mousse au chocolat rien que pour moi. Ophélie fantasme sur des lasagnes et du tiramisu. Si si, elle est normande.

On repart le lendemain vers 8h30, beaucoup plus tard qu’il n’aurait fallu et le ventre un peu lourd, la faute au buffet à volonté pour le petit déjeuner. On quitte la route principale au bout de 20 km pour une voie secondaire qui devient piste pendant un temps. img_0623img_0618C’est magnifique malgré la chaleur déjà écrasante et le vent de face. On retrouve le bitume et enchaînons des kilomètres pénible sous un bon 38°C à l’ombre. Vers midi, on croise enfin un resto, la chaleur nous coupe complètement l’appétit mais faut bien faire le plein, ça consomme un tracteur. Nous sommes juste à côté d’un temple qui attire du touriste et le prix des assiettes est multiplié par 3 ! Les salauds ! On se replie sur un boui-boui et des tabourets sur lesquels il est compliqué de se vautrer. Nouilles instantanées sautées avec quelques légumes et un œuf frit. Tristesse.

Un guide me demande (en anglais mais je traduis, trop sympa) : « Pourquoi tu voyages à vélo ? Pourquoi tu prends pas l’avion ? Nan parce que t’as l’air crevé là ».

Bon, déjà, je lui rappelle que là d’où je viens il ne fait presque jamais 38 à l’ombre et qu’on aurait jamais l’idée de faire une ballade à vélo dans ces conditions. Ensuite je lui fait le laïus habituel : « nan mais c’est trop bien le vélo, c’est la bonne vitesse, on voit plein de choses, plein de gens, on trimballe notre maison, tout ça tout ça quoi ». Il reste dubitatif et me dis que je devrais rentrer dans mon pays de riche, bosser un peu pour gagner des sous et repartir en mode luxe.

J’aurais dû lui donner le prix de nos pneus qui meurent au bout de 11000 km, il aurait sûrement dit  » ah ouais, c’est déjà du luxe en fait ».

C’est vrai qu’on faisait vraiment pitié là sur la route. Ophélie fait toujours aussi peur avec sa crème solaire. J’vous jure, sur un vélo couché avec le chapeau à fleur, les lunettes de soleil, les gants, ses protections pour les tibias, les chaussettes et les sandales, c’est Roswell en tournée !

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Roswell et sa soucoupe roulante

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Bref, on repart avec un degrés de motivation proche de zéro. Faux-plat montant, vent de face, paysages mornes et déprimants, il fait trop chaud pour s’arrêter, même à l’ombre. Sur les bas-côté et dans les champs, les gens allument des feux pour débroussailler et tout est calciné. Ambiance au top.p1110781

Alors on enquille les kilomètres comme des machines. Roswell fait preuve d’une abnégation incroyable dans ces moments dégueulasses, elle s’en fout, elle avance, point barre. Un robot qui réclame juste un jus de canne à sucre de temps en temps :  » Moi vouloir jus canne, moi soif, circuits en surchauffe « .p1110779

On avait prévu de camper dans un temple mais même eux sont moches et il fait trop chaud. TROP CHAUD TROP CHAUD TROP CHAUD ! Nom d’un coyote, ça tourne en boucle dans ma tête ! Pourtant j’estime qu’on est bien rôdé et acclimaté à la chaleur, mais là c’est trop, on sature. C’est pire qu’au mois d’août en Ouzbékistan ( la référence jusqu’à présent).img_0631

On pousse jusqu’à la ville et la première guesthouse. 107 km vent de face avec un seul petit repas et plus de 45°C au soleil, j’ai la tête qui tourne et mal partout. Pas assez bu, pas assez mangé, je fais une belle crise d’hypoglycémie. Le robot au chapeau à fleur va bien, juste un petit creux.

La nana nous demande 8$ pour un placard avec ventilo (il pourra tourner dès la fin de la coupure d’électricité) et des sanitaires comme chez les moines (qui seront éclairés dès la fin de la coupure). On est crevé mais pas complètement con et faisons baisser à 5$ avant d’aller se laver (avec la lampe frontale) et de se poser 5 minutes (sans ventilo) avec les volets fermés (pas de moustiquaire à la fenêtre donnant sur un mûr).

C’est exactement à ce moment-là que le couperet tombe.

Fred – 17h37 :  » Pays de merde « 

On enfile nos tongs (oui, ça y est, on arrive presque à marcher longtemps avec), et partons en quête de glou-glou et de miam-miam. On se fait probablement bien entuber en payant 1$ pour une bouteille d’eau pas fraîche puis trouvons ce qui ressemble à un resto, pas facile quand y’a aucun client. Riz sauté pas bon, pas faim, trop chaud, journée de merde, ça arrive.

On s’écroule dans le « lit » et je m’endors de suite. Mais pas très longtemps vu qu’Ophélie se met à crier à cause d’une souris. On ferme bien les sacoche de bouffe en priant qu’il ne vienne pas à l’idée de la souris de faire comme l’écureuil aux US (càd un trou assez gros pour faire passer un lapin), puis on bouche le trou par lequel elle a filé avec une tong. Ça sert à ça aussi une tong. Ça écrase bien les moustique également. C’est pas terrible pour retourner les crêpes en revanche.

Pouyouyou, la perspective de pédaler des jours et des jours sous ce cagnard nous accable mais ça va bien se goupiller, on prendra même du plaisir et on sera très largement récompensé de nos efforts une fois au Laos, le long du Mekong.

La suite dans 3 jours, on rattrape le retard.

Bip-Bip et le Coyote.

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