PanarLapinade en Thaïlande

J 272 à J 300 / Vacances Thaï / pas de vélo

Pour commencer, un grand merci pour les nombreux commentaires et e-mails reçus suite à l’article précédent, ça te requinque un cyclo, encore mieux qu’un riz-poulet-coca. Ce qui ressort des ces gentils mots, corrigez-moi si je me trompe, c’est  » changez rien, continuez comme ça ! ».

D’accord

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2017, l’éclate totale, on va en prendre plein les yeux.

Les Lapins nous ont donc rejoint ici à Chiang Mai pour 4 semaines de vacances, vacances n’étant pas vraiment le bon terme lorsqu’il se réfère à deux démissionnaires en vadrouille, une demi-retraitée et une toute nouvelle retraitée. Ceux qui n’ont pas suivi la 1ere saison de ce blog et qui ne sont pas allés vomir après avoir vu la photo ci-dessus de Kiki VS Tuktuk se demandent que sont ces fameux Lapins ?

  • Lapin 1 = Maman de Fred, la demi-retraitée. Toujours au taquet, enthousiaste, gentille, résistante, rustique, aimante. Un peu un labrador. Le labrador de Mike Horn.
  • Lapin 2 = Marie-Andrée, la toute nouvelle retraitée, amie d’enfance de Lapin 1. Partante pour tout mais en moins casse-cou que Lapin 1. Souriante, facile à vivre, dynamique, accroc du shopping. La Christina Cordula de Clermont-Ferrand.

Je n’ai mis que des qualités, j’suis sympa. Je mets de côté leurs capacités linguistiques, leur naïveté désarmante et leur « j’en ai un peu marre du riz » au bout de 3 jours en Thaïlande et leur « faut absolument que j’trouve un p’tit souvenir à acheter pour l’amie du cousin de l’oncle de l’ancienne secrétaire du notaire de ma nièce ».

En 2013, elles nous avaient rejoint à Cuzco pour 2 semaines pendant lesquels elles avaient vu la mort en face sur un trek, été en manque de pain-fromage au bout d’une demi-journée et acheté 2 ou 3 souvenirs sur les marchés artisanaux. A peine de quoi remplir une valise.

Voilà le topo, place au récit. Je préviens, y’a pas de vélo et c’est super long. Mais c’est vachement mieux que Plus belle la vie.

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Lapin 2 (à droite, terrorisée) m’avait fait promettre de ne pas mettre cette photo. Oups.

L’invasion des Lapinos dans le monde tranquille des Panardos.

Tous les passagers ont débarqué, le hall des arrivées se vide et on est comme des cons avec la belle pancarte dessinée par Ophélie. On n’est pas trop inquiet pour les lapins mais on balise à mort pour les rillettes, les pâtés, les saucissons et le matos qu’elles nous amènent, pourvu qu’il ne leur soit rien arrivé. Au guichet de la compagnie, elles sont inconnues… bizarre… j’apprendrais plus tard qu’elles se sont fait enregistrer avec leurs noms de jeune fille, les malignes, elles voyagent en mode couguar.

On se retrouve obligé de contacter le QG (mon père, dans son lit, 4h du matin pour lui) pour débusquer les lapins. Fichtre, elles étaient tout simplement à 200m, en train de poireauter dans le hall des arrivées internationales. Comme elles faisaient escale à Bangkok, on pensait qu’elles arriveraient côté domestique. C’était bien la peine de faire 3 ans d’étude en transport-logistique, heureusement que c’était en alternance avec tennis-playstation sinon j’aurais l’impression d’avoir perdu mon temps.

Je salue brièvement ma génitrice et sa cop’s Marie-Andrée et prend le commandement des opérations pendant qu’Ophélie fait le debrief de 9 mois de voyage avec un tyran hyper bogosse. Non je plaisante, je fais le gentil avec ma maman car les rillettes sont dans sa valise. Et puis, quand on est en dehors du vélo-bivouac-réchaud-crevaison, je ne suis plus le chef de rien du tout et je me laisse guider comme un mouton vers l’abattoir. Oui, car la perspective de 4 semaines sans vélo est comme une petite mort pour moi. Ophélie le vit bien, la traîtresse. Elle est même contente !

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On se console comme on peut

Ah oui, on avait prévu de faire pédaler les lapins mais on a abandonné l’idée finalement, trop compliqué, trop dangereux, trop fatiguant, trop panardos. Je ne sais pas ce que veut dire « trop panardos » mais je trouve que ça sonne bien.


Extrait du journal de bord de Lapin 1 (alias Calamity Mum, alias Génitrice) :

«  Ô quelle aventure déjà ! A peine débarquées qu’on est paumé et à l’abandon ! On patiente en admirant le parking de l’aéroport et les nombreux véhicules allant et venant. Avec ma cop’s on n’a pas l’habitude de tout ça, on a grandi en Auvergne et on avait 15 ans la première fois qu’on a vu du béton. Et quel chambardement quand la 1ere voiture a traversé la Comté juste après mes 17 ans ! Les gens courraient et criaient de partout, croyant le jugement dernier arrivé ! Olala, on s’était vite réfugié dans notre hutte sur les Coteaux du Lointain et seul les sacrifices de 8 chouettes et 3 bergers allemands avait pu nous calmer ! Crévindieu, c’était l’bon vieux temps. Faut quand même se rappeler qu’en ce temps là, des enfants s’appelaient Jean-Jacques, Albert, Geneviève ou Georges. Quelques Pierrot également.

Mes enfants ne se rendent pas compte des différences qu’il y avait à notre époque et ils se moquent beaucoup de moi. Ils disent souvent que je commençais à peine à savoir me servir du magnétoscope quand le lecteur DVD a débarqué. Je reconnais que j’ai eu également beaucoup de mal au début avec le lecteur DVD, les cassettes étaient si difficiles à insérer dans cette petite fente ! J’étais si frustrée de ne plus pouvoir visionner mes films préférés, ceux avec Nicolas Cage.

Bref, cher journal, je m’égare en ressassant ce passé lointain. Place au présent !

Au bout d’une heure d’attente, une hôtesse de l’air canon et un agent de sécurité athlétique et bronzé viennent à notre rencontre. Je prend les devant, il est temps que mes cours d’anglais servent à quelque-chose. Louise-Mauricette recule, impressionnée :

  • « Ailo ! Plize, we have lost ! Do you are where is I am ? I cherche maille son ? He is a panardos with funny bicyclette ! Very strong ! Many dead animals !
  • C’est nous maman… »

A ce moment là, le temps s’est ralenti quand, dans un geste d’une parfaite synchronité… synchronocité…synchronomiase… oh flûte j’en oublie mon latin, bref en même temps, ils ôtent leurs lunettes de soleil, révélant pour l’un un regard aussi bleu que moqueur et pour l’autre le bronzage type raton-laveur. J’en tombe à genoux. »


Nous rejoignons la guesthouse et passons une semaine tranquille à Chiang Mai. Ma mère prononce « guestouze », c’est très marrant. Encore plus quand Renée-Claude l’a reprend en disant « gouèste-house ». Je leur dit qu’elle peuvent dire « maison d’hôte » à la place mais elles s’obstinent : «  Non ! on dit comme c’est qu’on veut et gouèstouze, ça fait plus jeune ! Bon, on va prendre un verre, c’est l’happy hour ! ». Prière de lire Api Ourre.img_9246

Les Lapins prennent leurs marques et s’acclimatent rapidement à la différence de température grâce aux 50 kg de robes d’été, pantalons légers et petits top qu’elles ont réussi à caser entre les pots de rillettes et les chambres à air. Ophélie joue les tours opérateur en organisant la suite du séjour : visite des temples, massages de la douleur, shopping, cours de cuisine Thaï. Excellent ce cours, le mec parlait comme l’asiatique dans Very Bad Trip.

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38.000 km de belles ballades sur les dos d’ânes et les nids-de-poules. Repose en paix mon pote

Moi, la priorité, c’est les vélos et je passe une journée complète à les remettre à neuf avec un coup de main du bouclard d’à côté pour changer mon moyeu et les cassettes. Quel bonheur de retrouver Compteurinou et un rétroviseur qui permet de voir derrière. Un rétroviseur instable permettant de voir par terre ou sa gueule en gros plan n’est pas très utile en fait. Hop, une nouvelle guidoline sur les poignées, un pneu avant neuf pour Ophélie et les tanks sont prêts à bouffer du kilomètre ! Alléluia ! Courage Fred, plus que 3 semaines et demi de vacances insupportables avec les Spice-Girl dans un pays de rêve où on mange pas trop mal ! Tu vas t’en sortir, tiens bon !


«  Cher journal, je sens mon fils fatigué depuis notre arrivée. Il ne l’avoue pas mais on voit bien à sa démarche de cowboy arthritique qu’une semaine de repos fera du bien à ses rotules enflammées. Mais il a vraiment un comportement étrange parfois. La nuit dernière, sortant me rouler un méga joint sous les étoiles, je l’ai trouvé nu, en position fœtal, dormant au pied de son vélo. Je suis restée à distance mais tout de même assez près pour voir qu’il s’était mis du cambouis sur le visage et qu’il tenait contre sa bouche, tel un doudou, son t-shirt fétiche, le bleu, celui qui garde cette odeur atroce même après une lessive.

Et je n’étais pas au bout de mes surprises car, juste à côté, il avait monté un espèce d’autel composé d’une bougie, d’une photo d’animal mort ( un cheval je crois mais c’était difficile à reconnaître car il manquait des morceaux) et d’une tresse de yak immonde, on aurait dit des poils pubiens. Brrrr, j’en tremble encore !

Je me suis approchée doucement, le tazer dans une main, un bâton dans l’autre. Toujours se méfier d’un chien aux abois. Mon Dieu, mais qu’est-ce qu’il tient dans sa main, tout contre lui ? Mais…mais…mais, on dirait un bol de flocon d’avoine ?? Et là, plus bas, qu’est-ce que… »

Je coupe l’extrait ici, le passage où elle aperçoit un bout de la pompe à vélo est vraiment trop affreux. Ça n’a pas sa place sur un blog classieux.

On reprend

«  Je le secoue doucement, du bout du bâton, il me fait très peur. Et là, d’un coup, il se lève et crie «  Debout Ophélie, départ dans 5 minutes ! Plie tes affaires pendant que j’fais chauffer l’eau, on fait une étape de warrior aujourd’hui et t’as intérêt à… ». J’ai dû tazer mon propre fils. Y’avait du porridge partout et je n’ai pas osé ramassé la pompe à vélo ».


On passe donc une semaine de vacance très sereine à Chiang Mai. On prend nos p’tites habitudes et avons notre table dans un resto loin du coin touristique => meilleur et pas cher, gros like des Panardos.

Ensuite, c’est mission Koh Lanta. Comptez pas sur moi pour faire des vannes rapport à l’émission. Avec Ophélie, on a eu regardé des programmes de neuneus, mais on a pas poussé jusque-là quand même, donc on ne connaît pas vraiment.

C’est souvent un truc qui ressortait quand, en 2013, on commençait à parler de notre futur voyage aux Amériques, à vélo, en autonomie, avec une tente, une casserole, du PQ, sans douche et tout et tout : «  Oh, vous faites Koh Lanta ! ». Quand on a dit qu’on partait vers la Chine : « Oh, vous faites Pékin Express ? C tro Bi1 lol ! ». C’est quand même triste que ces 2 émissions (de merde) représentent le summum de l’aventure, du voyage et de l’exotisme.

M’enfin, comme disait Patrick Le Lay en 2004 quand il était PDG de TF1 : « « Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »

Koh Lanta est une île au sud de Bangkok, pour y aller, c’est soit 1h45 d’avion + 3h de bateau soit 13h de train de nuit + 4h d’un autre train + 1 heure de bus + 3h de bateau, le tout pour un prix équivalent. Pour les Panardos, l’avion c’est niet, alors les Lapinos, ils sont pas bien rassurés et on doit les convaincre que voyager plus lentement, sans lâcher 20 tonnes de CO2, sans compliquer un peu plus l’avenir des générations futurs, c’est vachement bien.

Alors on commence par le train.


«  Cher journal,

Ô quelle aventure ! On voyage en train avec le petit peuple, c’est formidable ! J’adore les prolos, ça sent pas si mauvais finalement. Il y a des petites couchettes avec des rideaux qu’on peut tirer pour s’isoler et faire les choses qu’une femme a à faire avant de se coucher : enlever son sonotone et ses bas anti-varice, changer le polydent et mettre son pyjama en pilou-pilou motif zèbre. A côté et en dessous de moi, il y a 3 autres couchettes occupées par des gens qui me font très peur : ils sont musulmans, portent des habits traditionnels, font leurs prières dans le couloir et portent des longues barbes. Ils ne fait donc aucun doute qu’ils sont des terroristes. Je le sais, je regarde BFM TV. Je demande donc à mon Fredounet de changer de place avec lui, il a passé du temps chez eux, il saura les convaincre de ne pas faire exploser le wagon. »


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Le train est génial, pittoresque, des repas copieux et pas beaucoup plus chers que dans la vraie vie nous sont servis et les couchettes sont rapidement dépliées par un agent. On passe une très bonne nuit dans nos petites cabanes et descendons presque à regret tôt le matin à Bangkok. Les Lapins sont enchantés, pari gagné.

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Là, on était censé enchaîner avec un autre train pour le sud mais la ligne est toujours fermée à cause d’importantes inondations. On déclenche le plan B.

  • Fred : « Ophélie, Plan B ! »
  • Ophélie : «  Quel plan B ? »
  • Bah l’autre !
  • Y’en a pas
  • Quoi ? On a rien prévu ?
  • Rien

Faut qu’on improvise, à la Snake Plissken

On demande à la nana du guichet : «  Bus for Koh Lanta ? », elle répond « no, I think no bus ». Oulala, le plan plage paradisiaque commence à sentir l’échec. On sent le regard des 2 Lapins sur notre dos, ce regard qui dit qu’on aurait mieux fait de prendre l’avion, qu’on serait déjà en maillot de bain et nianiania… cocktails… nianiania… on n’a plus 20 ans… nianiania… l’aéroport ne doit pas être loin… nianiania… je mangerais bien du St Nectaire…

On sort de là et cherchons une gare de bus aux alentours. Y’a rien à part des bus de ville, échec. Ok, on allume le smartphone pour nous sauver. Ophélie cherche pendant qu’on admire Bangkok, oh comme c’est beau tout ce béton et ce trafic routier ! C’est quoi qui flotte dans l’eau du canal ?

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Il faisait plus de 3m de long

Gare de bus repérée, à l’ouest de la ville. On prend un taxi, très bon marché à Bangkok, et fonçons nous renseigner aux agences de bus. Un charmant… heu… une charmante jeune femme à moustache (« pssstt, Maman, regarde, c’est ça un lady-boy ») nous rancarde : il y a bien des bus pour le sud du pays, la route a subi des inondations, 3 ou 4h de bouchons maximum, prochain départ à 19h.

img_9385On laisse nos sacs à la consigne et mettons à profit ce temps d’attente pour faire un tour en ville et dans ses canaux. Perso, à part les nombreux varans aperçus sur les berges et la tête de Paul-Mauricette devant une soupe d’intestins de porc, y’a pas grand-chose que j’ai apprécié. C’est une très grande ville avec beaucoup de circulation. Il faut probablement y passer plusieurs jours pour commencer à y trouver du charme. Ou alors aller directement dans le quartier des putes. Oui, ce blog est vulgaire.

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19h, nous sommes dans le bus VIP. De bons sièges bien larges et très inclinables, une climatisation efficace, des petites couvertures et des collations offertes. Pas de musique, pas de cassos, pas d’enfants chinois qui te fixent des yeux et te jettent des bouts de nourriture, pas de chinois tout court. Les Lapins se détendent, cette nuit dans un bus ne sera pas si terrible. Demain après-midi, on sera à Koh Lanta ! Nan, franchement, c’est vachement mieux que l’avion, merci les enfants, quelle aventure !

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Ô oui quelle aventure quand on apprend qu’un pont a été emporté par les eaux et que les «  3 ou 4 heures de bouchons maximum » sont largement dépassées puisqu’on reste bloqué pendant… 20 heures !! La tête des Lapins quand elles ont commencé à comprendre qu’on allait passer une 2eme nuit dans le bus, excellent ! Leurs rêves de shampoing s’envolaient. Une nuit, ok c’était sympa, mais 2… on n’est plus en mai 68, crotte !

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je vous rassure, les écrans LCD ne marchaient pas. C’était juste là pour gêner.

Mais ça se passe bien, le moral est bon, ça ne sent pas trop le poney et on rigole. On descend du bus pour aller acheter des brochettes de saucisse dans une gargote, puis au 7-Eleven du coin pour des yaourts et de l’eau, puis une autre gargote de bord de route pour du riz-poulet. Dans le bus, tout le monde est zen, les Thaï sont ultra-cools, personne ne râle, c’est la vie, c’est chouette, c’est mieux qu’un triste et aseptisé trajet en avion. Et même quand on réveille les lapins à 1h du mat’ pour débarquer dans un bled assez glauque, elles rigolent en traînant leurs valisettes.

On se trouve facilement une gouèstouze et piquons un roupillon, après un bon shampoing.

Oh bordel comme c’est dure de raconter autre chose que du voyage à vélo. Ophélie, prend le relais stp ! Moi j’en peux plus !

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Krabi, petit bled agréable

Le matin nous rejoignons le port de Krabi et 3 heures de bateau nous mènent sous le soleil de l’île de Koh Lanta. Elle est sympa cette île. Il n’y a pas trop de touristes, surtout lorsque l’on se dirige plus au sud, seulement quelque très discrètes « full moon party ». On se dégote une petite guesthouse bien sympatoche en négociant les prix avec petit déj compris. Trop bien !!!

Première baignade le jour de notre arrivée. Les lapinos sont contents et l’angoisse des transports s’est envolée.

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Sur Koh Lanta, on loue 2 scooters pour se déplacer. On y restera 6 jours en alternant ballade le matin, baignade l’après midi et cocktails le soir. Les deux pilotes sont moi et Fred. Oui, on n’a pas envie de mourir donc on préfère conduire ! On est surtout habitué à la conduite à gauche.img_9480

On a visité des grottes (2h à l’intérieur) avec des passages étroits et des échelles en bambou un peu raide. Notre Marie-Paule-Chantalia était à l’affût des araignées mais on en croisera qu’une seule à la sortie. On étaient tous sales et remplis de terre glaise en sortant en mode « combat de boue ».

Lapin 1, lors d’une sortie en kayak : « Regarde Marie-Andrée, on fait bander le singe ! Y’a encore de l’espoir, on n’est pas complètement foutu ! »

Sur l’île, il y a plein d’excursion possible à faire, mais on décidera de n’en faire qu’une seule : visite à la journée de l’île de Ko Rok avec plongée masque et tuba.

Jeanne-Simone restera avec moi sur la plage de Ko Rok pour se baigner et regarder les poissons sous l’eau . Et oui, après la phobie des araignées de Lapin 2, il y a la mienne : l’eau !!!! Quand on y pense, quelle idée stupide j’ai eu de venir sur une île moi qui ne sait pas bien nager et qui a peur de l’eau !

Pendant ce temps, Fred et sa génitrice iront avec le reste du groupe faire trempette dans 2 spots de plongée. On passera tous une super journée. Même le Responsable d’Expédition appréciera ces vacances à Koh Lanta et regrettera la mer une fois de retour à Chiang Mai (chut !! c’est un secret !)

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C’est vrai, j’ai adoré notre semaine à Koh Lanta, contre toute attente. C’est pas un coin pour les gros bourrins en quête d’alcool pas cher et de sexe tarifé. C’est très calme, les plages sont parfois désertes et la nature très bien préservée.

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Nous avons eu beaucoup de chance de passer entre les gouttes. Avant, c’était le déluge et ensuite la météo annonçait encore beaucoup de pluie. Bizarre, on est en saison sèche, la mousson se finit en octobre. Dérèglement climatique dû au réchauffement global ?

Ce qui nous amène à parler de l’avion, le plus gros émetteur de gaz à effet de serre. Ça faisait quelque-temps que je voulais aborder ça.

Attention, je vais être très chiant. RelouMan passe à l’action !


Voyager à vélo, c’est pas toujours écolo

Petit bilan carbone de notre voyage aux Amériques. Nous avons pris l’avion 3 fois mais, avec les escales, ça fait 7 vols. 7 décollages. 7 grosses giclées de kérosène.

  • Paris-Francfort = 0,21 T CO2
  • Francfort-Las Vegas = 2,03 T CO2
  • San Fransisco – Mexico city = 0,72 T CO2
  • Mexico – Lima = 1,22 T CO2
  • Lima – Cuzco = 0,26 CO2
  • Ushuaia – Buenos Aires = 1,1 T CO2
  • Buenos Aires – Madrid = 2,17 T CO2
  • TOTAL = 7,71 T CO2 par passager

Soit plus de 4 fois ce que la Terre peut supporter par personne par an pour stopper l’accroissement de l’effet de serre. Bon, j’ai utilisé le calculateur de l’ADEME, il est peut-être bien assez optimiste.

Donc, en gros, 16 T de CO2 émit par nos déplacements en avion lors de notre 1er voyage. C’est pas très parlant ce chiffre. Voyons donc ce que 16 T de CO2 représentent avec d’autres véhicules :

  • Environ 80 000 km au volant d’un bon vieux Doblo diesel
  • Environ 50 000 km au volant d’un gros 4×4
  • Environ 30 000 km aux guidon de 2 motos de belle cylindrée

Voilà, on peut bien se foutre de la tête des motards et des gros 4×4 qu’on croise sur notre route, ils polluent finalement beaucoup moins qu’un cyclo prenant l’avion.

On pouvait bien se foutre de la tête d’un Bush refusant de changer l’american way of life en ne signant pas un très timide accord de Kyoto, on ne vaut pas mieux.

C’est beau d’avoir des principes, manger bio et locale, se déplacer à vélo, consommer moins, isoler sa maison… C’est positif tout ça, c’est une belle démarche éco-citoyenne, c’est nécessaire, c’est évident, on se sent mieux dans sa tête et dans son corps. Mais quel sens ça a, où est la cohérence si derrière on prend l’avion pour ses petites ou grandes vacances ? C’est comme éteindre un feu puis en alimenter un autre, bien plus gros, à côté.img_9564

Dans ses prochaines rubriques, RelouMan aimerait parler des sujets suivants :

  • Thaïlande, le scandale. Encore moins de piétons qu’aux USA. Pas foutu de faire 3m sans un scooter
  • Macron, la blague. Des gens vont vraiment voter pour un banquier ?
  • Madoff, premier ministre de Macron. Pourquoi pas ? La réaction de Bernard Tapie
  • Le tatouage, symbole de la pensée unique ?

Pour rentrer de Koh Lanta, ça semble encore très compliqué. Les Lapins ont apprécié l’aller mais tout de même pas suffisamment pour remettre le couvert. Alors on leur prend des billets d’avion, BOOOUUUUHHHH !!! Krabi – Chiang Mai, direct, 1h45 de vol, une demi tonne de CO2 par passager, une balle dans la tête d’un ours blanc, un bout de glacier en moins dans les Alpes, un doigt d’honneur au futur de l’humanité.img_9738

Nous, on lâche rien, on veut faire ce voyage sans avion, on arrivera 2 jours plus tard. Par écologie, évidemment, mais aussi par cohérence avec notre mode de déplacement principal. Pour l’écologie, on en vient à penser que nous, le monde et ses dirigeants sommes bien trop cons et individualistes et continuerons à brûler tout le pétrole possible tant qu’il y en aura du pas trop cher. Et si c’est pas nous, ça sera les chinois, les indiens ou les brésiliens. La prise de conscience est trop lente, les lobbies bien trop puissants.img_9740

Mais c’est le bordel pour rentrer autrement, il y a encore cette histoire de pont provisoire qui créé un gros bouchon, risquant de nous faire rater un train dont les billets sont à retirer dans le centre de Bangkok, risquant d’arriver trop tard à Chiang Mai pour déposer une demande de visa avant que le consulat ne ferme quelques jours, risquant de gâcher les précieux jours de vacance restant avec les Lapinos. Plein de demi-raisons qui nous poussent à être faible et à prendre l’avion également. BOUUUUHHHH !!

Bon, c’est super rapide, on est à Chiang Mai en une demi-journée à peine. On s’est déplacé, on n’a pas voyagé. Mais on fera comme Yann Arthus-Bertrand, on compensera notre émission de carbone via un don pour se donner bonne conscience. 20 € la bonne conscience, ça va, c’est pas trop cher.

Si on devait compenser le 1er voyage, ça serait plus de 300 € !

De retour à Chiang Mai et après notre étape galère du dépôt de dossier pour le visa (oui, on sera obligé de refaire la photo de Fred ça n’allait pas selon leur standard) , on réfléchit à la suite du programme pour nos lapinos. On choisi d’aller à Pai et Mae Hong Son pour leur montrer les montagnes du Nord de la Thaïlande et finir par un trek de 2 jours pour rencontrer les éléphants.

Avec Fred, on commettra une erreur logistique de réserver un bus avec notre hôtel. Il mettra plus de temps pour aller à Pai que le bus classique qui ne met que 3h. On arrive de nuit et il y a beaucoup plus de monde que lorsque nous y étions en décembre dernier. On retourne à l’hôtel / bungalow / camping ou on a logé la première fois et arrivons à trouver un bungalow pour 4 . Beaucoup d’hôtels sont complets.

Nous restons à Pai le lendemain pour trouver deux scooters et visiter le marché de nuit. Les lapinos pratiqueront leur activité favorite : le shopping !

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On décolle le lendemain avec les deux scooters et prenons la route vers Mae Hong Son (à 100 km de Pai) que l’on fera en une seule étape. On y arrive crevé, on a tous mal aux dos, au cul et Christiane à le cou bloqué (en mode Robocop) depuis la plongée sous-marine de Ko Rok.

On fait le constat que le scooter, c’est pas pour nous. C’est horrible et très chiant. Je préfère dix fois plus le vélo même si c’est dur parfois. Il faudra que je me souvienne de cette phrase lorsque je me plaindrais la prochaine fois en vélo.

A Mae Hong Son, on trouve un hôtel sympa pour les lapinos. On y restera 2 jours pour prendre le temps de récupérer, aller au marché de nuit et accompagner nos auvergnates dans leur quête perpétuelle du shopping. On en profitera pour boire des cocktails, se baigner dans les sources d’eau chaudes et faire les meilleurs massages traditionnels de Thaïlande.

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On reprend ensuite la route direction Pai mais on coupe le trajet en deux étapes. Sur la route qui va à Soppong, on fera une pause pour voir le pont en bambou et on stoppe à la Jungle Guesthouse chez Da, qui nous reconnaît, 1 mois après notre premier passage. Une dame super gentille qui fait très bien la cuisine. Ses frites maisons sont presque du même niveau que celles de ma mère. Trop bon ! On prendra du curry rouge, un poulet aux cacahuètes et un apéro bière – chips autour d’un feu de camp. Les bungalows sont rudimentaires mais c’est calme et sympa. Notre Chantalia n’est pas trop rassurée côté araignée mais elle n’en trouvera pas. Pas contre, moi, j’ai du en tuer une énorme dans notre chambre !

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Le lendemain, on arrive en début d’après midi à Pai. On rend les scooters et prenons un bus qui mettra bien que 3h pour faire le trajet du retour. Elle est horrible cette route en mini-van, tu es à doigt de vomir si tu es au fond du van. Tu les sens bien les 1864 virages ! Surtout avec une touriste chinoise qui vomit dans un sac juste devant toi.

De retour à Chiang Mai, on retourne au consulat le 26/01 avant leur fermeture pour récupérer notre passeport et notre visa. On attend une heure et les récupérons enfin !!! Nous sommes trop contents.

On retrouve nos deux lapinos heureux avec des paquets sous les bras. Et oui, la fièvre acheteuse a encore frappé.

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Du vendredi 27/01 au samedi 28/01, on part tous les 4 en trek organisé pour faire différentes activités. Le 1re jour, on arrive à un camp d’éléphants. Ces derniers ont été récupérés auprès de paysans du coin ou de cirques. Les éléphants ont été beaucoup utilisé dans les forêts pour tracter des troncs d’arbres, travaillant péniblement plus de 10h par jour. Nous leur donnons à manger et les lavons dans la rivière. C’était vraiment sympa à faire. Ils sont très impressionnants.

Ensuite, on marche 3h sur des pentes très raides. On arrive dans un village ou on passera la nuit dans une sorte de cabane en bambou. Le trek est sympa et pour une fois, je suis en forme. Par contre, je le payerai au retour avec d’importantes courbatures.

Nos deux lapinos épatent tout le monde. Ils sont une pêche d’enfer même en côte. Ils mettront la pâté à une femme thaï de notre groupe qui finira la montée en moto taxi alors qu’elle n’a que 50 ans. Bravo los lapinos !!!

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Le 2ème jour, on marche deux heures pour se rendre à une cascade et on finit par une sorte de ballade en rivière sur un radeau en bambou. Puis, retour en fin d’après midi sur Chiang Mai.

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L’heure du départ a sonné pour nos petits Lapinos qui vont devoir retourner dans leur terriers en France. On profite de cette journée à Chiang Mai pour bourrer les valises, faire des massages thaï et prendre un dernier verre avant de les raccompagner à l’aéroport.img_0169

Merci à Lapin 1 alias Christiane et Lapin 2 alias Marie-Andrée de nous avoir supporté, d’être resté avec nous pendant ces 4 semaines. On s’est bien amusé et c’était super sympa ce mois de vacance.

Oui, je dois bien reconnaître que c’était chouette de retrouver nos petits lapins et de passer ce mois ensemble, même si la liberté et l’autonomie du vélo m’a beaucoup manqué au début et que j’ai eu du mal à me couler dans le bain du tourisme traditionnel. Et putain que ça fait mal au cul le scooter !

Mais Koh Lanta valait vraiment le détour, ainsi que – voix de fausset – passer du temps avec ma chère géni… heu maman. Maman, je ne t’en veux presque plus d’être né prématurément et d’avoir des tendons merdiques.

Voilà, on était censé repartir aujourd’hui, le 30 janvier. Mais depuis hier, j’ai la gorge en feu, le nez qui coule et une légère fièvre. Enfoirés de lapins ! Ils m’ont refilé la myxomatose !! Y’a eu trop de bisous à l’aéroport, j’aurais jamais dû me laisser faire !

On reste donc une journée de plus à Chiang Mai, ça laisse le temps de rédiger ce gros article et de préparer le parcours à venir. L’envie d’avancer n’a jamais été aussi forte.

A bientôt.

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Sur la route 1095 aux 1864 virages

 

J 263 à 271 / de Mae Sariang à Chiang Mai / 406 km

  • 23/12/16 Mae Sariang – Ban Mueang Pon = 85 km / + 1400 m
  • 24/12/16Hay Deua = 77 km / + 1000 m
  • 25/12/16 Hay Deua – Mae Hong Son = 8 km, c’est Noël merde !
  • 26/12/16 … – Soppong = 66 km / + 1780 m
  • 27/12/16 … – Pai = 42 km / + 960m
  • 28 & 29 Pai = farniente
  • 30/12/16 Pai – Pae Pa = 69 km / + 1760m
  • 31/12/16 … – Chiang Mai = 59 km
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1400 km en Thaïlande

On repart en forme de Mae Sariang. Heu… attendez… le dernier article commencait de la même façon : «  On repart en forme de Sukhothaï. ». En fait c’est des conneries, on ne repart pas vraiment en pleine forme après une pauvre journée de repos, même avec un massage. C’est la méthode Coué, à force de l’écrire, nos jambes finissent par y croire. A la limite du déni, c’est comme quand Ophélie demande :

  • C’est raide là non ? → Meuh non, ça roule tout seul. Regardes, on est presque en haut.
  • Elle est dégueulasse cette sauce tomate ! → Meuh non, elle est au champignon. Et ça fait 6 semaines que je la trimballe, fallait bien la bouffer
  • T’as pas mal aux jambes ? → Ça va ! Nickel !
  • Alors pourquoi elles tremblent ? → J’ai un peu froid
  • Il fait 30°C, ton t-shirt est trempé ! → Ah bon ?

Bref, on se force un peu à repartir, on sait qu’on va manger plein de côte, les guibolles sont raides sur les 1er kilomètres puis ça se délit tranquillement en chauffant, comme un bon vieux tracteur. Le truc le plus compliqué le matin reste tout de même de réveiller Ophélie. La veille, c’est toujours un enthousiaste « on part tôt demain, tu me réveilles à 6h ! ». Oui, c’est moi le réveil, le coq de service. A 6h30, parce que je suis cool, je secoue doucement l’espèce de bûche en pyjama à côté de moi en disant doucement « debout, il faut se lever ». Pas un mouvement, rien, encéphalogramme plat. Deuxième secousse, ça y est, ça bouge, elle est vivante, j’entends un râle sortir du mince espace entre le masque de nuit et la couverture : « Mmmmm, noooonnnn… ». Troisième secousse, basculement latérale sur le dos, soulèvement du masque de nuit, retrait des boues Quies, ouverture pénible des paupières, c’est presque gagné ! On y est ! « mmmmm, il fait encore nuit !! », remise en place du masque de nuit, roulage sur le côté, merde !!! On y était presque !. Là, j’ai plus le choix : « Bon moi j’y vais, et j’ prend le Nutella ». C’est bon, elle est bien réveillée maintenant.

Des fois j’me dis que le seul truc qui la fait vraiment se lever le matin, c’est l’envie de pisser. Heureusement qu’elle a pas une vessie de 8 litres, on serait encore en Turquie.

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Les 2 étapes pour rejoindre Mae Hong Son sont un régal et plus faciles que prévu. Les côtes s’enchaînent tranquillement, les pourcentages restent humains. Le 1er soir, on trouve refuge dans un temple, une fois de plus. On a à disposition un abri en bois avec une petite haie et un petit portillon, il manque que les bacs à géraniums et des nains de jardins. Le moine nous offre des gâteaux, des bananes, des boissons et du poulet frit. On le remercie en glissant un billet dans une urne en repartant le matin, assez tôt. Ophélie avait très envie de pisser, on a gagné 15 minutes.

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En milieu d’après-midi, on arrive chez Marc, un membre de Warmshower contacté 2 jours avant. Il est Suisse de nationalité mais thaïlandais de cœur, il y vit depuis une vingtaine d’année. On a le privilège d’être les 1er cyclos qu’il accueille car il s’est inscrit sur le site seulement en novembre. Il nous présente sa femme thaïlandaise, son fils, sa belle-mère, nous fait visiter sa superbe maison et son jardin luxuriant.p1110642 Il y fait pousser tous les fruits et légumes possible afin de vivre en auto-suffisance. Sa belle-mère est marrante, elle est Shan (une ethnie du nord), même Marc ne comprend pas sa langue. Elle nous caresse le dos et les bras en souriant comme si on était ses petits-enfants chéris.

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la photo ne rend pas hommage, on dirait une cour de prison là. On pouvait faire tomber la savonnette sans risque

Le soir, il nous emmène profiter d’une source d’eau chaude. C’est un grand bassin et alors que je m’apprête à sauter dedans en lui demandant « c’est profond ? », il m’explique que ça marche pas comme ça. On ne se baigne pas dans le bassin, on s’assoit à côté et on se verse de l’eau avec une écuelle en plastique, la même qu’on utilise dans les « salles de bain » des temples. La nuit est fraîche, l’eau nous réchauffe, on regarde les étoiles en parlant voyage à vélo, Marc est très intéressant, on passe un super réveillon de Noël. Bon, on n’aurait pas craché sur une dinde aux marrons ou une raclette quand même, mais c’était bien. Un noël décroissant, loin du délire calorique aberrant de chez nous. Marc nous avait prévenu tout de suite quand on l’avait contacté, ils ne fêtent pas Noël et n’ont même pas de chocolat suisse. Nous n’avons donc pas pris sa femme et son fils en otage pour en obtenir.

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Le matin, Marc nous prépare un grand jus de papaye et un vrai café que nous sirotons sur sa terrasse face à la rivière, parlant à nouveau voyage devant un atlas du monde. Marc a plein de projet, notamment le Japon pour l’été prochain, tiens tiens. Devant nous passent quelques fins bateaux à moteur remontant le courant. Quelques touristes vont visiter un pseudo village de femmes girafes, ces êtres aux longs cous cerclés d’anneaux dorés. Un zoo humain, aussi authentique que mon t-shirt sent bon, mais permettant à ses femmes de gagner leur croûte, tout de même. On voit des touristes avec des bonnets de noël et des GoPro au bout de perches télescopiques. J’ai une grosse envie de sarbacane option fléchettes au curare.

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On quitte alors notre hôte pour rejoindre une guesthouse dans la jolie petite bourgade de Mae Hong Son et fêter Noël : 3 pizzas avec du vrai fromage dessus, du vin blanc bien frais, une Apfelstrudel (c’était une pizzeria tenu par un autrichien), une grosse sieste, 2 heures de massage thaï et une ballade sur le marché nocturne autour du lac. La très grande majorité des touristes sont Thaïs, on est bien.img_9075

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Le lendemain, aux aurores (=> gros pipi), on repart donc en forme, pour de vrai. On s’attendait à l’enfer mais les passages raides sont très rares et l’ombre des grands arbres nous maintient presque au frais. Pour la seconde fois, on a la chance de voir des gibbons traverser la route devant nous. Même pas le temps de sortir l’APN, ces bestioles courent ensuite à une vitesse folle dans les arbres.

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Entre 2 montées, on prend notre habituel riz-sauté-coca-glaçons, j’adore ce pays, ils ont des glaçons pour le coca !! On prend quand même un gros coup de chauffe pour le dernier col en haut duquel on s’arrête prendre une boisson avec une vue aussi méritée que magnifique. J’adore ce pays, y’a des buvettes en haut des cols !!img_9091

On papote avec de très sympathiques motard malaisiens. Oui, on socialise avec des motards, on devient presque tolérant. Mais ceux là ne se la racontaient pas je-suis-crevé-c’est-trop-dur-la-moto-j’ai-mal-au-poignet. Le gars nous raconte qu’il a fait 3 crises cardiaques et qu’il n’attend plus pour profiter de la vie à fond. On se comprend. Heureusement qu’on n’a pas attendu ça, sinon on serait mort dans la côte juste avant. Pour du 12 % en plein cagnard sur un vélo de 45 kg, c’est mieux d’avoir confiance dans ses artères, on se tracasse un peu sinon.

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On descend et arrivons juste avant le coucher du soleil à Soppong, tout petit village encaissé entre les montagnes. On se trouve une guesthouse adorable avec des petits chalets rustiques. La nuit tombe vite et la fraîcheur paralyse nos amis les moustiques. Da, la joviale tenancière, nous prépare une super repas. Ophélie reste sur son riz sauté agrémenté de quelques frites à tomber pendant que j’engouffre un curry rouge au lait de coco avec légumes, tofu et double ration de riz. Faut faire le plein d’énergie, on a pas mal grimpé aujourd’hui et l’étape du lendemain nous fait peur.

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On nous a parlé de côtes à plus de 20 %, des murs à se faire retourner le vélo ! Alors on se lève encore plus tôt et déjeunons de nuit. Le p’tit dej’ spécial marathon : porridge avoine-bananes. C’est pas mauvais mais t’as l’impression d’être un cheval de trait au bout de quelques jour de ce régime, un beau percheron.

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La montée se révèle en fait très facile avec beaucoup de virages en épingle comme j’aime et juste quelques très courts passages raides.

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On arrive donc tôt au sommet et profitons de… heu… de plein de touristes venus en haut en scooter de location pour se prendre en selfie. Ça y est, après 3 semaines en Thaïlande, on finit par tomber sur du gros spot à touriste. On ne traîne pas, les cafés sont vendus 2 fois plus cher qu’ailleurs.

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On descend sur Pai et les quelques bosses nous flinguent les cuisses. A l’entrée de la ville, on se dégote un « resort », les bungalows sont hyper classes mais leurs prix aussi. Mais on peut planter la tente au milieu sur un gazon que Tiger Woods adorerait (il s’y connaît en gazon). Ophélie sort un gros pipeau et négocie 3 nuits avec petit déjeuner pour 8 €, une belle performance dans cette ville hyper touristique ou un simple lit dans un dortoir pourri et bruyant coûte environ 4€ par personne, sans p’tit dej.

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Un gars m’a prêté un objectif Canon 70-200 f 2.8 de la série L. Un truc à 1500 €, presque le poids de la tente. J’préfère mon p’tit 50 mm à 40 €ouvrant à 1.8

On va faire un tour en ville, on retrouve le même type de touristes qu’au Laos avec un côté hippy en plus. Ça sent un peu l’étudiant en école de commerce en trip initiatique. Du coup, on trouve plein d’endroit où on peut développer son karma et une identité forte : bar branchouille avec musique lounge, salons de tatouage (j’en ai jamais vu autant) et magasins de t-shirt à messages profonds (il semblerait que Bob Marley était thaïlandais en fait. Déjà que le Che Guevara était Laotien, on va de découverte en découverte). Il manque un Apple Store quand même. Et 2 ou 3 Starbucks.

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Je grossis énormément le trait évidemment, c’est une caricature de la part d’une langue de pute (moi). C’est juste des gens en vacance dans un endroit un peu trop cité dans les guides et qui, du coup, se retrouve dénaturé.

Voilà le problème du vélo, on s’habitue à se sentir plus ou moins uniques, spéciaux, à avoir les chouettes coins pour nous seuls, à être immergés dans le différent, dans le dépaysement, dans « l’authentique ». Alors quand on débarque dans une enclave occidentale, on ne se sent pas à notre place et on crache avec dédain sur nos compatriotes, à tord la plupart du temps.

Aux alentours, il y a un paquet de grottes et de chutes d’eau à visiter. Pour y aller, on peut louer des scooters. Le prix de la location est étonnant et explique pourquoi absolument personne ne se déplace à vélo dans ce pays : 2,6 € par jour. Du coup, on décide… de ne rien faire et de rester peinard à notre camping pour lire, écrire et réparer des vêtements (encore 200 km et on avait le cul à l’air). J’avais également pour projet de réparer la crevaison lente que je traîne à l’arrière depuis 3 semaines. C’est resté au stade de projet. C’est important d’avoir des projets dans la vie.

On va flâner en ville et ça finit inévitablement dans un salon de massage traditionnel, on est dingue de ce truc, ça coûte pas grand-chose (4 à 5 € pour 1 heure), c’est fait par des gens compétents et ça te remet des PanarLegs à neuf. Les massages des pieds sont assez jouissifs aussi. Même si tu vas chez le coiffeur, le gars te masse vigoureusement à la fin, c’est vraiment pas un truc folklorique.

C’est pas comme en France où en échange d’un rein dans un institut très pro (entre une banque et une agence immobilière généralement), t’as le droit à des caresses huileuses, 3 galets chauds sur le dos, le best-of d’Enya et une bougie parfumée. Les coffrets Wonderbox permettent heureusement à beaucoup de gens de garder leurs 2 reins.

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Marc nous avait prévenu que la côte après Pai était la pire, qu’on allait morfler et qu’on devrait certainement pousser les vélos. Moi ça me motive quand on me dit ça et je crois que Marc l’a fait dans ce sens. Ophélie, elle, ça la stresse, elle dort mal. Du coup elle se réveille super vite, c’est tout bénef. On se lève à 6h, il fait 13°C et on prend un solide petit déjeuner qui nous permettra d’avaler la montée en 3h30 de pédalage sans pauses. Mentalement, on est au taquet, prêts à en découdre. Au km 12, quand les choses sérieuses sont censées commencer, je me mets la BO de Rocky dans les oreilles, y’a rien de mieux pour envoyer du pâté. On attaque, ça grimpe bien mais c’est facile. Les virages s’enchaînent et on attend constamment le moment où ça va faire mal… jusqu’au sommet à 1400m. Quoi ? Où qui sont les passages à 20 % ? On est presque déçu.p1110688

Après notre happy meal (riz sauté coca glaçons), on enchaîne un peu de descente et quelques bosses (700m de D+ tout de même). En cette fin d’année, la chance nous sourit et je trouve 3 « trésors de la route » en quelques kilomètres :

  • Un smartphone, défoncé, sur la route. Je trouve la façade avant d’abord. Je le ramasse en me disant que je le jetterais à la poubelle plus loin, ma BA écolo de l’année. 4 mètres plus loin, la batterie. 2 mètres plus loin, la face arrière. Je remonte le tout, il marche ! YES !!! je pourrais jouer des heures à Candy Crush pendant qu’Ophélie fait des lolilol sur Facebook !
  • Une plaque d’immatriculation Thaï. Bordel, presque 9 mois que je surveillais les bas-côté de la route pour compléter ma petite collection.
  • Un nouveau chiffon microfibre tout blanc tout propre. Je fais une chiffonite chronique, j’ai plein de chiffons dans mes sacoches ou noués sur le cadre du vélo. J’me dis que c’est trop utile pour nettoyer les vélos ou les chaînes. Ça doit être héréditaire, mon père est un dingue de la serpillière, on a souvent failli lui en offrir à Noël (mais c’était hors budget). Mes chiffons sont immaculés, en 9 mois, j’ai nettoyé seulement 2 fois les vélos et une seule fois les chaînes.

En fin d’après-midi, on stoppe dans une petite homestay face à la jungle qui propose des huttes en bambou avec petit déj’ pour 10 €. On est à 900m d’altitude et il fait bien bien frais la nuit avec 11 petits degrés au réveil. On enfile un pull, les Thaïlandais sont en doudoune et chapka.img_9168

Peter nous a préparé un excellent petit déj, le dernier de l’année, avec fruits et légumes locaux, vrai café, omelette, miel (issu de ruches sauvages) et une délicieuse baguette faite maison. On lui en dit tellement de bien qu’il nous en donne une pour la route. Putain que c’est bon du vrai pain tout chaud qui croustille !!

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L’étape est facile avec petite descente, 20 km sur une route secondaire au milieu des rizières puis 20 km sur une route à gros trafic vers une grande ville : Chiang Mai. Retour à la civilisation après 3 semaines de vélo dans la campagne et les montagnes. J’ai tout de suite envie de repartir.

lapin-duracellMais ma génitrice, celle qui préfère que je l’appelle vulgairement « maman » nous rejoint dans 2 jours pour 1 mois de vacance. Elle ne vient pas seule, elle sera accompagnée de son amie d’enfance MAM, reformant le duo infernal qui nous avait déjà pourri notre séjour rejoint à Cusco en 2013 : LES LAPINS DURACELL, capables de marcher, marcher et marcher encore, des heures durant, leurs piaillements sonnant comme des cymbales à mes oreilles. Mon père nous rejoindra peut-être, il passe un coup de serpillière pour le moment.

L’idée d’arrêter le vélo et notre mode nomade pendant 4 semaines me file de l’urticaire, alors on prévoit de faire pédaler les lapins dans le triangle d’or (non, ce n’est pas le nom d’un bordel) et leur faire découvrir notre façon d’aimer le voyage. Après, on ira certainement faire les moutons pendant 1 semaine sur une plage du sud. Ophélie pourra y parfaire son cancer de la peau pendant que je m’achèterais plein de bracelets de bobo hype. Je fais une légère braceletite.

D’ici là, nous restons une semaine à Chiang Mai, ça laissera le temps aux Lapinos d’arpenter les énormes marchés de nuit, de découvrir avec curiosité et douleur les massages Thaï et de se brûler la bouche sur un p’tit plat du coin. Ça va leur dissoudre le polident !!

  • Lapin 1 : Dis Fredounet, mon Dieu vivant, ma lumière, ma gloire, ça veut dire quoi « very spicy, be careful » ?
  • Panardos 1 :  ça veut dire « très bon, spécialité locale », tu vas te régaler Génitrice
  • Je préfère maman, tu le sais bien mon Roi, mon fils, ma bataille, fallait pas qu’tu t’en ailles !!!
  • Du calme, du calme, je suis là. Aller, attaques ton assiette.
  • Pourquoi tu filmes ?
  • Ne poses pas de question ! Et on ne parle pas la bouche pleine ! Lapin 2, tu as pris quoi ? Du tofu« with hot chili salsa »? Très bon choix !

BILAN 2016

Très bon. Riche idée de tout quitter pour repartir à vélo même si ça n’a pas été facile au début. Ça peut paraître bizarre, même à nous parfois, de passer 5 à 6 h par jour à pédaler mais on ne voit pas de meilleure façon de voyager. Tout est plus vivant derrière un guidon, je dirais même que la vie frétille en bout de bôme. Nous sommes entrés dans chaque pays sans (trop de) préjugés, sans aucune attente et en prenant très peu d’info afin de se faire surprendre. Et on a découvert plein de choses ! Liste numérotée :

  1. Les monégasques roulent vraiment tous en Ferrari. Ou en Porsche pour les prolos. Les Doblos sont utilisés pour ramasser les crottes de chien. Bivouac impossible.

  2. Les italiens ne sont pas tous de mafieux avec de la gomina dans les cheveux. Ils ne conduisent pas tous comme Fangio.
  3. Les grecques ne sont pas tous gays. Mais c’est vrai qu’ils mangent de la feta en permanence. Malgré des déchets partout, on a adoré notre séjour, surtout dans les montagnes. Fred aimer grimpette. Population un peu froide, surtout quand on compare avec la suite
  4. Les musulmans ne sont pas tous des terroristes, ils sont même vachement sympas
  5. La bouffe Turque est géniale, le pays est très très beau, les gens aussi
  6. L’Iran… l’Iran….l’Iran… indescriptible. On aimerait y retourner malgré leur gouvernement à la con
  7. Enorme coup de cœur pour l’Ouzbekistan
  8. Le Tadjikistan et la Pamir Highway, gros objectif du voyage qui a complètement dépassé nos espérances. On s’attendait à du beau, on a eu du grandiose, autant humainement que visuellement. Le petit défit physique et la présence des Transatos a sublimé tout ça. Oh putain, ils vont avoir une mi-molle en lisant ça. A ce jour, la Carretera Australe reste tout de même la plus belle route du monde pour nous. La Pamir se place juste derrière.
  9. Le Kirghizistan : parcouru en voiture. Faudra y revenir
  10. Kazakhstan, passé trop vite, on a adoré, faudra y revenir. L’Asie Centrale est un terrain de jeu idéal pour le voyage à vélo et les amoureux des trèèèèèèès grands espaces
  11. La Mongolie, magnifique, sauvage, écrasante, inoubliable. Mais ça n’a rien a faire dans cette liste, on n’y est pas allé.
  12. La Chine, aussi étonnante que repoussante et attachante. Plus gros kiffe culinaire du voyage
  13. Le Laos, quel idée d’avoir bombardé un pays aussi beau et mutilé des habitants aussi sereins et souriants ? On va sûrement y reposer nos roues dans quelques semaines
  14. La Thaïlande, toujours en cours. Grosse surprise, on ne s’attendait vraiment pas à aimer autant ce pays qu’on croyait complètement bouffé par le tourisme. Très contents d’avoir délaissé les plages pour passer du temps dans le nord et ses montagnes. Les gens sont incroyablement gentils, souriants et semblent adorer les cyclos. On nous like à mort ici, pour de vrai, y’a des vrais pouces qui se lèvent de partout !

BILAN VÉLO

Toujours ravis de nos tanks tchèques, même quand ça monte, même sur les pistes et même quand ça monte sur les pistes. Y’a 3 jours, un gars m’a demandé si c’était un vélo de l’armée, sérieusement. Je lui ai dit non, le truc à l’avant n’est pas un lance-roquette.

  • Seulement 1 jeu de patins de frein et 1 câble de dérailleur changés sur chaque vélo
  • Amortisseur arrière d’Ophélie cassé depuis 6000 km. Le ressort fait toujours le job mais elle rebondit comme Tigrou en l’absence de freinage du rebond
  • Pneu avant d’Ophélie abîmé au niveau de la carcasse intérieure, étonnant après « seulement » 11 500 km. Ça forme une bosse, elle a dû rouler sous-gonflé ces 2 derniers jours. Énorme coup de chance, LA boutique spécialisée dans le vélo de voyage est à 20m de notre guesthouse et le gars a 2 Marathon Plus en 20 pouces. Ils sont là depuis des mois, ils nous attendaient. Le Dieu Schwalbe veille sur nous, c’est sûr. Si Il réclame des sacrifices de chatons en compensation, nous nous plierons à Sa volonté.
  • Bras oscillant fissuré sur mon vélo, depuis au moins 2000 km. Pas très normal pour un vélo dit « d’expédition » mais l’alu est un métal qui fatigue avec le temps, il parait. Nos vélos ont près de 40 000 km, on pardonne. Azub nous fournis 2 nouveaux bras arrière gracieusement, malgré le dépassement de la garantie. On change celui d’Ophélie par précaution. Les statistiques montrent que tous les Azub de ma connaissance ayant bourriné sur la Pamir ont cassé ou fissuré leur cadre.
  • Mon moyeu arrière est à changer. Il a pris du jeu, l’axe est tordu et la cassette fait gling-gling. Pas de bol. A l’heure ou j’écris, le gars du magasin de vélo bosse dessus. On en profite pour changer les chaînes et cassettes, c’est un peu tôt mais comme ça on est tranquille jusqu’au bout du monde.

RÉSOLUTION 2017

Faut prendre des résolutions, c’est vachement important. Sinon le marché de la cigarette électronique s’écroule, Décathlon ne vend plus rien avant le printemps, les salles de sport n’ont plus ces supers abonnés qui payent 1 an et viennent 2 semaines et le brave Docteur Dukan devra survivre avec ses maigres économies.

Moi j’ai décidais de mûrir un peu. C’est bien mûrir, c’est gratos. J’vais avoir 36 ans cette année, sans emploi ni logement, il est temps de devenir un peu plus sérieux et mature. Donc les photos d’animaux crevés, c’est fini ! FI-NI !

Je me suis rendu compte que c’est de l’humour facile, de l’effronterie de bas étage, que je fais bêtement marrer des gens avec des petites ou grandes bestioles dont la vie a été si brutalement (mmmmhhh!!) et parfois si violemment (oooohhhhhhh!!!) ôtée. J’ai honte. C’est pas drôle de se moquer de la mort, même de celle d’un mouton dont le bourreau gonfle les poumons pour vous faire marrer, même de celle d’un chien dont l’impact avec une voiture a éjecté les yeux, et même de celle d’un cheval décapité en bord de route. Nan celle-là était vraiment drôle, faut respecter la mise en scène.

Donc c’est fini, FI-NI ! Le Fred 2017 ne pilera plus en passant devant une « lasagne de la route », le Fred 2017 ne retiendra plus son souffle en prenant une photo gros plan d’un splendide cadavre en putréfaction, le Fred 2017 ne dira plus « oh regardes Ophélie, il est complètement éclaté ce chat ! C’est trop beau, je sors le reflex ! ». Non, je continuerais mon chemin, concentré sur la route. Le blog n’a pas besoin de ça, élevons le niveau !

Désolé si je déçois certains d’entre vous mais vous feriez mieux d’aller vous faire soigner les gars, vous avez un problème.

Nan, j’déconne.

La Thaïlande, c’est chouette.

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Ok, elle était pas morte, mais pas loin. On n’a pas eu la force de l’achever, un gars en scooter l’a récupéré. Pour la soigner ? Ou accompagner ses noodles ?

La bouffe est parfumée mais nous laisse souvent une haleine de rat crevéimg_9045

Dans les longues montées, on grille comme des lézards.

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un gekko

Bonne année à tous ! En route pour 2017 !