Ripio et condors, les Pieds dans les Andes

Du Désert de Tatacoa à Popayan

  • 10/01  Villavieja – Neiba = 37 km   2h10   +380m
  • 11/01  Neiva – Campoalegre = 34 km   2h20  +220m
  • 12/01 … – Paicol = 76 km  5h02  + 990m
  • 13/01  Repos
  • 14/01  … – Belen = 57 km  5h20  +1470m
  • 15/01  … – Puracé = 25 km  2h50  +540m
  • 16/01  … – Popayan = 35 km  1h55  +266m
  • 17-18/01  Popayan

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Le soleil et la chaleur nous défoncent dès les premiers kilomètres malgré l’heure encore très matinale, c’est dur. On sort doucement du désert pour retrouver une végétation plus ombrageante et -enfin- un vendeur de limonade, seul instant fraîcheur de l’étape.

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Ah non, pardon, y’a eu un autre instant fraîcheur juste après avec un pauvre iguane puis un chien façon tartare qui s’est fait re-re-re-re-roulé dessus pas une voiture me dépassant. Le bruit était affreux. C’est un vrai carnage pour les animaux ces routes, on a même vu un zébu crevé, tellement grouillant de vers que je n’ai pas pu m’arrêter pour lui rendre un dernier hommage.

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L’arrivée à Neiva est bordélique, c’est une grande ville sans intérêt, y’a un monde fou, des enceintes qui crachent de la musique tous les 3 mètres et on se tape une bonne bouffée de gaz d’échappement avant de trouver un hôtel. On se réfugie dans la chambre avec clim, ne sortant que pour manger le midi et aller faire 2-3 courses le soir. Les restos ne sont ouverts que le matin et le midi, jamais le soir. On dîne du bout des lèvres, on ne se sent pas bien. Ophélie gerbe vers 23h, on passe une sale nuit.

  • 11/01  Neiva – Campoalegre = 34 km   2h20  +220m
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J’avais pas de photo pour cette étape, alors je mets un p’tit chat mignon

L’étape suivante pour Campoalegre se fait encore sous une chaleur dingue avec 2 Panardos myopathes qui peinent pour faire avancer leurs petits vélos à 13 km/h sur du plat. Rien dans les jambes, les bides en vrac, le mental très bas. En ce moment, ce pays nous oppresse totalement, deux points, listes à puce :

  • Trop chaud. Et je pense qu’on est plutôt résistant de ce côté mais quand ça dépasse 30°C avec un taux d’humidité élevé, ça nous ôte toute giclette. A Campoalegre, il fera 38 à l’ombre et 30 dans la chambre toute la nuit. On se demande comment les gens font pour vivre dans des coins pareils.
  • Trop de traffic. Depuis Bogota, c’est souvent infernal
  • Trop chaud
  • Trop de bruit. Les voitures, les bus, les motos et les grillons stridents sur la route. Puis les enceintes dans les villes. Beaucoup de magasins en mettent dans la rue, ça doit attirer le chaland. Y’a aussi des vendeurs ambulants avec des mégaphones. Ambiance foire. Faudra que je fasse une vidéo, c’est hallucinant des fois, Rémy Bricka passerait complètement inaperçu.CLy4CjkW8AAsHN4
  • Trop de monde. Partout, tout le temps
  • Trop chaud
  • Trop sale. Des ordures partout en bord de route, gobelets, sacs plastiques, polystyrène, zébu mort, bouteilles d’huile pour moteur, couche-culottes…
  • Des barbelés partout, bivouac quasi impossible. De toute façon, il fait trop chaud.

Voilà notre état d’esprit à ce moment là.

On se trouve un petit hôtel familial, c’est mignon tout de même. Juste 15°C de trop. Je sens que mon bide est à l’arrêt complet et je me décide à gerber. Et bah il était temps car j’aurais pu remplir une poche à eau, plus rien ne passait depuis hier midi, même pas le coca, il était complètement déshydraté le Fred. On passe l’après-midi sous le ventilo à boire du Gatorade, ce truc infect mais plein de sels minéraux. La mamie de l’hôtel a pitié de nous et nous prépare du riz et une omelette pour le soir. On se force à manger.

  • 12/01 … – Paicol = 76 km  5h02  + 990m

Sur les vélo dès 6h15, sans p’tit déj. La route est calme, ça sent la fin des vacances scolaires pour les colombiens. Le temps est couvert, il fait plus frais, les grillons ferment leurs grandes gueules, pfiouuuuuuu, ça fait du bien !

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On quitte alors la route principale pour une secondaire, croisant les doigts pour que l’asphalte soit présent le plus longtemps possible. En longeant le Rio Paez, on se rapproche doucement des Andes et prenons un peu d’altitude pour arriver à Paicol à 850m.P1040230 Les paysages sont plus sauvages mais tout ces barbelés font mal au cœur, les champs sont inaccessibles. Ça fait un peu mal aux cuisses aussi puisqu’on trimballe tout notre matos de camping pour rien.P1040235

Le village est mignon et à taille humaine, rues pavées et bâtisses coloniales blanches. On reste 2 nuits histoire que l’urticaire d’Ophélie ne se transforme pas tout de suite en cancer de la peau et que nos bides se remettent d’aplomb.

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  • 14/01  … – Belen = 57 km  5h20  +1470m

On attaque les Andes, étape mémorable. 30 km d’échauffement sur un beau bitume puis c’est la piste de chez piste, en montée, avec caillasses, nids de poulosaures, sable, poussière dans la tronche et camions de chantiers. J’adore, c’est grosse ambiance aventure avec un décor impressionnant et des nombreuses plantations de caféiers (derrière les barbelés, vous l’aurez compris). Et comme on grimpe, la T°C reste stable, 25°C.

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Ophélie morfle et je l’attends régulièrement. Des gens viennent papoter tranquillement, ici un mécano, là un paysan, machette à la ceinture. Un gars en moto me propose de la marijuana. Pas besoin avec le shoot d’endorphine qu’on va se taper après une montée pareille. C’est gratos l’endorphine, ça fait juste mal aux cuisses.

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Ophélie finit les 13 derniers kilomètres au mental et on débarque à Bélen comme si on montait des licornes, les smartphones braqués sur nous. La ville est glauque, c’est pas tant que c’est pauvre, mais on dirait que tout a été construit à l’arrache avec les restes d’une autre ville. On nous indique le seul hôtel de la ville. Prix record de 7 €.

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A ce prix, on a le droit à la suite « Ingrid Betancourt » : pas de fenêtres, porte en métal, plafond en tôle ondulée, pas de draps, eau glaciale (mais ça fait du bien) et alèses de matelas en plastique. Ça c’est pratique, pas besoin de se lever la nuit pour aller pisser.

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On va manger un bout dans la rue, avec une petite laine car on est désormais à 2000m d’altitude. Je tente une truite, m’attendant au graillon plein d’arête qu’on avait mangé en Bolivie, mais là c’est une bonne pioche avec un poisson légèrement fumé, ça fait du bien. Ophélie reste sur le classique oeuf-riz, sans risque.

  • 15/01  … – Puracé = 25 km  2h50  +540m  + 50 km en taxi-rally
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le menu du jour

On se lève à 6h, juste avant qu’une paire d’enceinte ne se déchaîne dans la rue… pourtant tout le monde semblait dormir. Petit déj chez la même dame que la veille qui bossedonc au moins 12h par jour,  beignets au fromage et café sucré, ou plutôt sucre caféiné. Le bon café, il part chez les gringos, ici on ne trouve souvent qu’un jus de chaussette. Les jambes sont lourdes et la piste devient vraiment mauvaise, tellement qu’on ne dépasse pas les 12 km/h en descente, là ou on prendrait 60 km/h sur du bitume.P1040296

Contrairement à la veille, la piste est déserte, on entend les bruits étranges venant des arbres.P1040298

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On arrive à Moscopan vers 12h, joli petit village isolé au milieu des Andes.

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On a déjà pris notre décision pour la suite : on prend un taxi, la piste est trop défoncée, y’a aucun plaisir. On sait que Nathalie Courtet est passée dans les environs y’a 2 ans et qu’elle a salement morflé, ne trouvant aucun coin de bivouac en route et devant souvent pousser le vélo. Et Nathalie Courtet, c’est un peu Mike Horn avec des boucles d’oreilles.

Alors tant pis pour le col à 3400 m.

Je demande au conducteur d’un petit camion s’il peut nous embarquer. Il est ok, mais départ à 17h, ça fait tard. Cependant des taxis sont censés arriver vers 13h, alors on attend en mangeant des empenadas.

A 14h, bingo, le premier (et seul en fait) véhicule arrive. C’est un pick-up comme on en a souvent vu, ceux qui nous doublaient comme des brutes les autres jours. La galerie de toit est déjà pleine de bagage, je dis à Ophélie que c’est mort, qu’on prendra le prochain, que c’est pas grave, qu’on est pas pressé, qu’il y en aura d’autre, au pire demain. La vrai raison c’est que j’ai une envie de sieste monumentale à ce moment là, je serais bien allé faire dodo dans une petite hospedaje à côté.

Elle va quand même voir le conducteur, il est OK pour nous prendre. Ah ah ah, c’est qu’il a pas encore vu nos poneys le bougre. Donc je me pointe avec mon vélo, sûr qu’il va chialer en le voyant. Il ne lève même pas un sourcil, ça passe. Bon.

Il monte sur le toit et je lui passe les vélos (développé-couché, puissance maximale) en faisant juste attention à la seule partie sensible d’un vélo : la pâte de dérailleur. Il attache tout ça avec une corde, mais le terme « grosse ficelle » serait plus approprié. Je teste la solidité, ça a l’air d’aller mais on est loin d’être confiant vu la tête du chargement et surtout l’état de la piste qui nous attend. Le gars à l’air pressé, on ne veut pas l’embêter à tout refaire.

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on est parti comme ça…

On grimpe à l’arrière, on est 11 en tout dans le véhicule. Et c’est parti !

La piste est affreuse et nous conforte dans notre choix. Ça secoue fort, le mec roule comme un taré, il double d’autre voiture. On surveille l’arrière, prêt à dire stop si un truc tombe. Le truc étant 1 ou 2 vélos de voyage. Ophélie rattrape in extremis les arceaux de la tente qui pendouillaient d’une sacoche. C’est hyper stressant.

A un moment, on voit un bout de porte-bagage sur le côté du véhicule, STOOOOPPPP !! Mon vélo a basculé sur le coté, celui d’Ophélie n’est pas loin du bord. On redresse juste celui d’Ophélie, mon vélo ne peut pas aller plus bas, sauf si la superbe corde vintage lâche évidemment. Re-stress pendant 25 km.

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… et arrivé comme ça

On a quand même le temps de regarder le paysage. En effet, très compliqué pour le bivouac, pas de regrets. Et puis aucun panneau de col, j’aurais été dégoûté.

Arrivée à Puracé après 2h et 50 km intenses. On descend les vélos, le mien a pas mal morflé mais c’est seulement esthétique, pas grave. Cicatrices de guerre, je raconterais que c’est un puma qui a fait ça si on me demande.

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En revanche, nos 2 anti-vols se sont fait la malle, les salauds ! Voyons le coté positif des choses, on s’allège d’un bon gros kilo chacun et on se dit qu’on leur a offert une belle vie à ces 2 zigotos. Et une belle mort en haut des Andes, ils vont bien se la raconter au paradis des anti-vols. Autre côté positif, c’est les anti-vol qu’on a perdu, pas les mousses de siège ni le compteur, ça aurait été vraiment la haine ça. On connaît des gens à qui c’est arrivé, depuis ils vivent reclus dans les Ardennes, ne sortant que pour refaire leur stock de 8.6 et de Curly. Dur.

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On se trouve un hôtel tout mignon dans cette ville-pente et il se passe un truc aussi rare qu’un aliment non périmé dans le frigo de Pascal : une nuit silencieuse.

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On retrouve aussi la douche Claude François, un pommeau avec chauffe-eau intégré et les fils qui pendouillent juste au dessus. Là, les fils sont proprement isolés avec du scotch mais on en a eu avec le domino à nu.

  • 16/01  … – Popayan = 35 km  1h55  +266m

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Superbe parcours avec les Andes dans le dos et un beau bitume. On s’arrête boire un jus de fruit en bord de route, on papote avec des gens du coin super sympas. Popayan est une ville agréable, les enceintes sont bien moins présentes et comme on est toujours en altitude (1700m), la T°C reste très agréable, même l’après-midi.

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On apprécie donc de se balader dans « la ville blanche de Colombie » à l’architecture d’époque coloniale et aux petites rue pleines de choses à manger. C’est, d’après l’UNESCO, le meilleur coin d’Amérique du Sud côté bouffe, mouais, pas convaincu. Mais on a été bien content de trouver un resto végétarien pour échapper au poulet-oeuf-riz. On se tape même une pizza un soir dans un resto tenu par une dame suisse.  Par contraste, elle était bonne.

On se fait une bonne journée glandouille puis partons une journée dans le parc national de Puracé. A l’origine, je voulais monter en haut du volcan à plus de 4700m mais la météo ne le permettait pas et l’agence nous propose donc cette visite du parc avec nos amis d’un jour Volker et Alexandra, des sympathiques allemands, et notre super guide anglophone Alex.

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Hop, tous en voiture pour reprendre la route puis la piste pourrave qu’on s’était déjà taper en taxi. Confiant, je suis resté en short alors qu’on remonte à 3400m, j’ai rien montré mais ça caillait bien.P1040444

Premier arrêt au mirador des condors. Alors, déjà, être dans un mirador avec des allemands, j’aime bien.

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14 condors ont été ré-introduits à cet endroit, seulement 3 sont restés. Chaque jour vers 10h, des membres du parc déposent de la nourriture (au hasard, du poulet) pour les faire venir. Il fait un temps horrible avec un peu de pluie et un vent violent. Ophélie dit que si elle était un condor, elle resterait chez elle. Oui mais ça doit pas être confort-confort un flan de falaise sans poêle à bois. Alors ils viennent, majestueux en vol. D’abord la femelle qui ressemble à un gros vautour puis le mâle qui, comme chez les Panardos, est impressionnant, majestueux et très très classe. 3m30 d’envergure. Ils maîtrisent bien le vent et se posent facilement sur le bout de rocher, dérangeant presque certains colombiens en plein selfie. Les autorités n’ont pas encore réussi à faire tomber le cartel de la perche à selfie, va falloir faire des exemples.

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C’était chouette de voir ces bestiaux de si près même si la charge émotionnelle n’est pas la même que quand ils ont survolé nos p’tit vélo sur la carretera australe.

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On file ensuite visiter les autres sites du parc : une chute d’eau, une réserve d’eau pure qu’on peut boire directement, des sources d’eaux chaudes puis une forêt d’arbustes endémiques et étranges : les fraijelons .

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Ils ne poussent que d’un centimètre par an. Ce spécimen de 5m aurait donc 500 ans.

Le parc est bien géré et préservé, ça fait plaisir à voir. Le tourisme y est nouveau, environ 3 ans. Avant ça, la zone était encore contrôlée par des guérilleros, c’était sans danger mais aucune agence n’y aurait emmené des gringos.

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Demain, on reprend les vélos avec plus d’entrain. The giclette is back, mais toujours pas de bivouac.

Merci à tous pour les commentaires sur les articles précédents, on vous envoie plein de bisous arc-en-ciel avec des papillons magiques.

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Nouveau départ – les Pieds au camping

Salut les followers !

Je voulais faire paraître cet article hier, un 4 avril, pile 2 ans après notre départ vers l’Asie, et pile 1 an après notre embarquement dans le ferry pour le Japon. Mais il n’était qu’à moitié écrit et y’avait plein de fautes. Voilà, il est prêt, il reste des fautes, on est le 5 avril (bonne fête Irène) et il est grand temps de vous parler de la chose la plus importante au monde : nous.

« Nouveau départ ??? Que…quoi… ?? Ces p’tits bâtards repartent déjà ? » vont s’écrier certains. Non non non, pas encore, je vous rassure, les vélos prennent toujours la poussière et ne devraient pas sortir avant les beaux jours. Et ça sera sans les sacoches, juste pour la balade et se demander comment on a fait pour rouler sur des enclumes pareilles. Nos enclumes chéris d’amour. Papa vous aime, ne vous inquiétez pas. Papa nettoiera vos chaînes et vous sortira de la cave.

On se baladera en Normandie, dans le Cotentin, tout près des plages du débarquement. C’est joli ce coin là, c’est très vert, des grands arbres ceinturent les champs, on entend des mouettes, c’est champêtre, bucolique, c’est Jean-Pierre Pernaud, on sent la mer, en un mot : c’est kikinou.

On ira d’un village à un autre, se repérant grâce aux clochers des églises. Pour rentrer chez nous, ça sera facile, c’est le clocher sur lequel pendouille un parachutiste américain .

SME

Et puis notre maison sera commode à trouver car elle est à 300m et y’a écrit CAMPING en gros sur le toit.

Je clarifie : on a racheté le camping de Sainte-Mère-Eglise !!! Bon y’a pas encore nos trognes sur le site internet mais je mettrais à jour bientôt. Et non, il ne s’appelera pas le camping des Panardos car on garde le nom de la commune, le Maire refusant de renommer cette dernière PanarTown. Dommage.

stemereeglise

C’est depuis le début qu’on visait un camping, le mot début faisant référence à très très longtemps, avant même l’existence des Panardos, soit avant le blog, en 2012. Oui, il y a eu une vie avant la bible ce blog, c’est dur à croire. On savait déjà qu’on aurait du mal à retourner dans la matrice après notre année sympathique aux Amériques. On avait un choix à faire à ce moment là.


Avril 2014, de retour d’Ushuaïa

Morpheus1

 

Non mais il est trop mortel ce blog, y’a Morpheus en guest-star !

  • Morpheus (M) : Bonjour les Panardos, je suis…
  • Fred (F) : Morpheus, oh putain ! J’suis l’élu, j’en étais sûr ! J’ai vu défiler les codes une fois sur le Minitel !
  • M : merci de ne pas m’interrom…
  • Ophélie (O) : C’est qui lui ?
  • F : Le gars dans Matrix !! Laurence Fishburne !
  • O : « Laurence », hihihi, c’est un prénom de fille ! T’as vu sa tête ? ça lui va pas du tout
  • F : non mais c’est son nom d’acteur, dans Matrix c’est Morpheus, il a trop la classe
  • O : j’aime pas Matrix, j’préfère Love Actually. Ou Dirty Dancing.
  • F : Rhaaaaaa, on parle de Matrice là ! Un monde manipulé, l’illusion du bonheur, tout ça tout ça
  • O : C’est pas romantique, je préfère quand y’a des bisous
  • M : heu, je peux conti…
  • F : Morpheus, truc de ouf !
  • O : il est moins beau que Hugh Grant
  • M : Je… ?!
  • F : MOR-PHE-US, j’y crois pas !
  • O : elles tiennent comment ses lunettes ? Y’a pas de branches…
  • M : VOS GUEULES BORDEL !!!
  • F : ok, vas-y man, on écoute
  • O : moi j’m’en fous, j’vais lancer une lessive, salut Mordicus.
  • M : c’est Morpheus…
  • O : c’est ce que j’ai dit

Morpheus 2

 

  • Morpheus : Reprenons… N’as-tu jamais fait ces voyages Frédo, qui sont plus vrais que la réalité ? Si tu étais incapable de sortir d’un de ces voyages, comment ferais-tu la différence entre le monde du voyage et le monde réel ?
  • Fred : Trop facile, en voyage, j’ai toujours un peu de cambouis sur les doigts
  • M : Je suppose que pour l’instant tu te sens un peu comme Alice, tombée dans le terrier du lapin blanc.
  • F : On pourrait dire ça. C’était vraiment trop classe la careterra australe, fait chier de retourner au taf…
  • M : Je le lis dans ton regard. Tu as le regard d’un homme prêt à croire tout ce qu’il voit, parce qu’il s’attend à s’éveiller à tout moment… Et paradoxalement ce n’est pas tout à fait faux. Crois-tu en la destinée Frédo ?
  • F : Heu, pardon, mais si c’est pour rejoindre les Témoins de Jehova, ça ne m’interesse pas
  • M (soupirant et se massant les tempes): Crois-tu en la destinée ?
  • F : Non
  • M : Et pourquoi ?
  • F : Parce que je n’aime pas l’idée de ne pas être aux commandes de ma vie.

 

*** Silence ***

 

  • F : c’est moi qui vient de dire ça ?
  • M: Bien sûr ! Et je suis fait pour te comprendre… Je vais te dire pourquoi tu es là. Tu es là parce que tu as un savoir. Un savoir que tu ne t’expliques pas mais qui t’habite. Un savoir que tu as ressenti toute ta vie. Tu sais que le monde ne tourne pas rond sans comprendre pourquoi mais tu le sais. Comme un implant dans ton esprit. De quoi te rendre malade. C’est ce sentiment qui t’a amené jusqu’à moi. Sais-tu exactement de quoi je parle?
  • F : Schyzophrénie paranoïaque ?
  • M : … heu, non, pas vraim…
  • F : Syndrome d’alcoolisation fœtale ? Nan parce que je sais que ma mère a eu le levé de coude facile pendant sa grossesse
  • M : je suis fatigué…
  • F : à moins que ça soit la pécole, ça expliquerait tout
  • M : la pécole ? Qu’est-ce donc ? Est-ce là la clef pour nous délivrer ? Ais-je donc bien en face de moi l’Elu, celui qui nous sauvera ?
  • F (mort de rire) : la pécole, c’est la peau du cul qui s’décolle !! J’t’ai eu !

 

*** grand silence ***

 

  • F : pardon…
  • M (se relevant après un micro-coma) : reprenons, sais-tu exactement de quoi je parle?
  • F : de la frustration au travail ?
  • M : exact, est-ce que tu veux également savoir ce qu’elle est ?
  • F : Oui, même si j’ai pratiqué quelques temps
  • M : la frustration au travail est universelle, elle est omniprésente. Elle est avec nous ici, en ce moment même. Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre de ton bureau ou lorsque tu allumes ton PC. Tu ressens sa présence quand tu pars au chagrin, quand tu reviens de congès, ou quand tu vas te coucher le dimanche soir. Elle est le Monde qu’on superpose à ton regard pour t’empêcher de voir la vérité.
  • F: Quelle vérité ?
  • Morpheus: Le fait que tu es une feignasse Frédo. Comme tous les autres, tu es né démotivé. Le monde du travail comme le dessinent les puissants est une prison où il n’y a ni espoir ni saveur ni odeur, ni assez de RTT. Une prison pour ton esprit. C’est la Macrice.
  • F :  truc de ouf, la Macrice… Les 4 premières lettres désignent donc…
  • M : oui, son créateur. Et son plus grand défenseur
  • F : j’savais que c’était un robot !

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  • Morpheus : Choisis la pilule rouge et l’histoire s’arrêtes là, tu te réveilles dans ton lit, tu retournes bosser dans un burlingue, derrière un écran d’ordinateur, pour un taf qui t’excites autant qu’un poulpe mort.
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Bon ok, je dois reconnaître que ça m’excite un petit peu en fait.

  • M : Pilule bleue, tu te sorts le doigts et tu trouves une solution pour un taf plus épanouissant et peut-être moins chronophage.

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  • Ophélie (revenant de sa lessive, rayonnante, accomplie) : Ah, je suis contente, tout est propre ! Faudra vraiment jeter ton t-shirt bleu à la poubelle ! Et j’sais pas ce que t’as fait avec tes boxers mais y’avait des sacrés… oh des bonbons, j’peux en avoir ?
  • F : Tuttuttuttutt, du calme jeune aveuglée, ce sont les pilules du destin pour s’extraire de la Macrice qui nous enferme dans un…
  • O : La rouge est à la fraise ? J’peux la prendre ?
  • F : Hé ho, tu m’écoutes ? J’suis l’Elu j’te signale !
  • O : c’est des pilules magiques ?
  • F : heu… oui, en quelque-sorte
  • O : elles peuvent faire apparaître des licornes ?
  • F : sors de mon dialogue stp.

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  • F : rhaaaaaa ! Trop dur ! Déjà que j’ai du mal à choisir à la pizzeria !
  • M : « la pizzeria » ? Mais bordel, c’est quoi le rapport ? Je te parle de ton avenir là !
  • F : ça se voit que tu connais pas Côté Sud toi. Bon, ok, laisse-moi le temps de la reflexion
  • M : bien, ce n’est pas une décision facile à prendre, je reviendrais plus ta…
  • F : non non c’est bon, j’ai choisi
  • M : ??!!
  • F : Pilule rouge stp
  • M : Que… ? T’es con ou quoi ? Why ?
  • F : faut qu’on reparte vite à vélo mec, c’est trop important. Alors on va gentiment retourner bosser dans la Macrice, mettre des sous de côté et pour la pilue bleue, on verra plus tard
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oui je sais, je lui ressemble, c’est bon, lâchez-moi


On voulait repartir à vélo, il le fallait, donc c’était plus pratique de retourner dans nos jobs plutôt que de se lancer dans un truc nouveau. J’ai eu un peu de mal à l’avaler mais c’était mon choix et puis grâce à des supers collègues, un fauteuil massant, une cantine 3 étoiles et des horaires cool, c’était pas si terrible, faut pas déconner, et on a fait 2 ans d’entre-voyage plutôt sympa, et j’irais même jusqu’à dire sympatoche, voire sympatochasse.


Octobre 2017 : Opération pilule bleue

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Et là, en rentrant de ce voyage France-Japon-France, on s’est mis à fond sur la pilule bleue et on l’a trouvé rapidement, à notre grande surprise. Dès mi-décembre, c’était réglé.

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Sainte-Mère-Eglise, première commune de France libérée le 6 juin 1944,  à 1h30 du Mont St Michel, à 30 minutes à vélo des plages du débarquement (20 minutes en Azub), juste à côté de l’Eurovélo 4, sur le GR 223, à 3h de Paris en voiture, encore moins par le train.

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Ophélie n’est pas trop dépaysée et moi ça me plaît bien ce coin de France, c’est campagne mais pas trop. On a un beau petit camping 2 étoiles, tout simple, le genre où on se serait bien arrêté en vacance cyclo-camping, en centre-ville avec plein de place et de l’herbe bien tendre pour nos amis les campeurs en tente et nos tous nouveaux amis les camping-caristes (40% du chiffre d’affaire). Y’a 9 mobile-homes aussi pour ceux qui voudront nous aider à rembourser notre crédit plus rapidement.

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2 chambres et 2 salles de bain dans celui-ci. Le camping à la dure.

Oui, car la banque est également devenu notre nouvelle amie avec un prêt dont le montant nous permettrait de voyager à vélo une vingtaine d’année. Ca fait peur, première fois qu’on achète un truc plus cher que nos Azub !

Voilà pour la petite histoire, il me semblait important de partager le cheminement de ce qui a amené les Panardos à devenir une SARL. Véridique, on a choisi ça comme nom. C’est jouissif d’entendre la comptable, la banquière ou le notaire dire « Les Panardos ».  On aura même une carte bancaire et un chéquier « Les Panardos », c’est pas la classe ? Vivement qu’on fasse faire des goodies (stylos, brosses à dents, décapsuleurs, stérilets, tresses de yak, hâches, écorches-chatons, lances-poussins et autres jouets pour enfants).

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Le camping a ouvert le 29 mars, ferme théoriquement fin octobre (sauf craquage des nouveaux gérants => fin septembre) et y’a vraiment plein de choses à faire et à voir autour, à commencer par le musée Airborne à 300m du camping et les impressionnantes célébrations du 6 juin. On vous en dira plus dans un prochain article pour vendre notre came et vous faire découvrir le camping et la région. Vous apprendrez, comme moi, qu’on peut passer des supers vacances dans le Cotentin, même sans être fan de la chose militaire. Et d’ici là, j’aurais peut-être à nouveau un appareil photo et pourrais vous mettre autre-chose que des clichés choppés sur le net.

 

En attendant, je peux déjà vous parler de notre tout nouveau métier atypique. Travailler en couple n’est pas chose aisée à ce qu’on dit alors on se répartira les tâches. J’ai proposé à Ophélie de m’occuper du planning, elle a accepté. Le coup du siècle ! elle n’a rien vu venir !

Voici d’abord celui d’Ophélie. En jaune, les obligations professionnelles. En vert, les moments de détente.

Planning O

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Et le mien. J’adore le vert, c’est ma couleur préférée.

Planning F

Tous les matins, pendant 6 ou 7 mois sans week-end, ni RTT, ni CP, ni jours fériés, Ophélie va donc officiellement devenir une Dame Pipi, elle sera dans ses sanitaires avec son tablier et ses crocs blanches.

314-3

J’ai proposé Mademoiselle Caca mais elle accroche pas.

Oui, parce que faut pas croire, ça a l’air sympa gérant de camping mais on passe pas mal de temps à nettoyer des chiottes. Et des fois ça bombarde sévère.

chiottes

Quant à moi, ça sera pantalon beige, chemisette bleue et casquette rouge. Vous voyez le tableau ?

Forrest Gump (1994)

Avec Forrest, on ne partagera plus seulement les même initiales. Entre autres.

Pour de vrai, on se partagera équitablement les tâches de merde, sauf la comptabilité, Ophélie adooooore et moi ça me donne de l’eczema. Pour les toilettes, j’ai personnellement découvert un monde. J’avais jamais fait avant. Comme beaucoup de mec, je croyais qu’un petit lutin venait la nuit pour nettoyer les toilettes et la salle de bain. En fait non, c’était Ophélie, et puis avant mon père ou ma mère, dingue !

mappa

Un monde peuplé d’éponges, de chiffons, de serpillières, de vinaigre blanc, de gants Mappa et de bicarbonate de soude. Un monde dans lequel des gens militent pour que les hommes pissent assis, chient bien droit et utilisent la… heu…le… heu… le bidule par-terre. Renseignement pris auprès d’Ophélie, il s’agirait de la « balayette à chiotte ».

Bon, je vous ai assez fait rêver comme ça, le mieux sera quand même de venir nous voir, on vous attend.

A tantôt.

Les Panardos

www.camping-sainte-mere.fr