S’more Frisco

29/08/13 SF – Pleasanton = 25 km = Fin du périple aux US

30/08/13 Visite de San Francisco = à pied cette fois

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Nous quittons le camping et les cornes de brumes pour la 5eme et ultime traversée du Goden Gate Bridge. On enchaîne avec les pistes cyclables que nous connaissons par cœur pour rejoindre la station BART (RER du coin). A part une descente d’escalier à la Cliffhanger, ça se passe facilement. Tout se passe facilement une fois qu’on a pris le RER à l’heure de pointe, à 5, avec des vélos chargés et un changement à Gare du Nord. Même Bear Grylls n’a pas encore osé.

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On passe l’après-midi dans un parc publique avant de rejoindre Mark, notre hôte Warmshower. En buvant une bière, on discute et on en vient vite à parler tennis. Ni une ni deux, on prend des VTT et on va se faire une partie d’enfer. Il joue super bien, est entraîné, et me fait gambader pendant 1h30. Je le payerais cher les 3 jours suivants en marchant comme un cowboy.

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On devait rester 2 nuits chez Mark mais sa femme n’avait pas l’air d’être d’accord. Alors on passe au plan B, comme Hannibal Smith.

On appelle Bryan (le fils de Roy et Ann, les gens sympa qu’on avait rencontré au début de notre périple) ; il est à peine 9h du matin mais ça ne pose pas de problème et sa maison n’est qu’à 1 mile !

On fait connaissance, Bryan courre des ultra-marathons : 90 km !! J’ai mal aux tendons rien que d’y penser.

la cuisine, aussi grande que notre 1er appartement

la cuisine, aussi grande que notre 1er appartement

Nous déposons les sacoches et reprenons les vélos pour la station BART afin de nous rendre à SF. Visite à pied cette fois.

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Partant d’Union Square, le repère des accrocs du shopping, nous délaissons les très prisés Cable-Car et l’interminable file d’attente pour remonter le quartier chinois. Y’a pleins de petites boutiques vendant des objets indispensables comme des sabres, des trucs en bois pour se gratter le dos ou de magnifiques t-shirt fluo « I love SF ». Bon, j’avoue que je craque pour une mini plaque d’immatriculation avec mon prénom dessus, y’en avait pas avec Dr Ross ou Brad malheureusement.

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On croise aussi des stands ou des gars écrivent des citations en chinois sur du beau papier. Le gars peut bien écrire des trucs comme « je suis un gros blaireau » ou «j’aime Justin Bieber » et les vendre comme des citations profondes comme « le roseau ploie mais sans toucher le petit bambou sauvage de la montagne sacrée du gnou taquin ». Mais ça fait bien dans le salon, à côté d’un poster de Johnny ou d’un beau couché de soleil.

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Lombard Street

Lombard Street

On prévoyait de manger dans ce quartier mais les photos sur les menus nous font penser que ça vient des même congélos et chenils que ce qu’on trouve en France. Alors on pousse jusqu’au quartier italiens pour une pizza et des pâtes honorables. Et que c’est bon d’avoir du pain à table, y’en avait marre de lécher l’assiette pour saucer ; )

C’est des vrais italiens, ils ont un accent terrible et de la gomina dans les cheveux.

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On continue ensuite jusqu’au port, hyper touristique mais charmant. On voit des porte-conteneurs passer devant Alcatraz. Une petite glace et on en a déjà marre de déambuler à pied, c’était plus sympa à vélo. On reprend le BART en compagnie de tout ces gens éreintés par une semaine de travail, on se met à leur place. Et on sourit.

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Fred

J’avais une image un peu fausse de San Francisco, basée sur les séries américaines comme Charmed et Monk dans lesquelles on voit le pont du Golden Bridge en arrière-plan avec un temps magnifique . En faite, la traversée du pont est impressionnante avec une piste cyclable de chaque côté  mais on ne voit rien une fois que l’on est dessus car il y a un épais brouillard, il fait froid et venteux.

J’adore la ville, elle est charmante. Il y a plein de pistes cyclables, des touristes à vélo, des parcs pour faire du sport ou pour pic-niquer.

Comme d’hab, Fred a voulu faire un truc un peu fou. J’ai du pousser mon vélo pour monter la côte de 20 % de Lombard Street, trop difficile ! Un vrai mur.

L’avantage des grandes villes, c’est que l’on trouve tout les types de magasin. J’ai pu acheter une paire de chaussure pour la randonnée car les miennes ont rendu l’âme au bout de 4 mois. Et j’ai pu enfin me couper les cheveux (Dieu, merci!) car je ressemblais à une sorcière décolorée.

Nous avons pris le train pour nous rendre à Pleasanton, c’est l’équivalent du RER en France. Mais le train est plus rapide, on a le droit d’y mettre des vélos et c’est propre. Super facile, je n’ai pas stressé comme en France car généralement c’est une vrai galère. Arrivé à Pleasanton, on se dirige vers notre hôte Mark. Le lendemain, on retrouve la famille G… au grand complet, Bryan (leur fils), Audrey (sa femme), Colin et Decker (les 2 mini-tornades) et Roy et Ann (rentrant tout juste de France), c’est super. On a l’impression d’être à la maison. Merci beaucoup pour votre accueil et votre gentillesse.

Ophélie

Le pont de la porte dorée

27/08/13 Samuel P Taylor State Park – San Francisco !! = 80 km

28/08/13 San Francisco = visite à vélo = 43 km

Ça y est, dernière vrai étape de notre road-trip au pays de l’oncle Sam, des armes à feu, du root-beer float, du puritanisme, des grosses bagnoles, des gens sympas et des Safeway.

On part tôt car on a un programme chargé : Ophélie veut absolument grimper les célèbres rues en pente de SF avec toutes les sacoches, en mode warrior. Ok, j’suis pas contre ce genre de défi.

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On traverse plein de charmantes petites localités et je suis comme un dingue car on croise un bike-shop tout les 5 km ! On approche d’une ville de plus de 800 000 habitants mais on ne voit pas les trucs habituels comme les banlieues horribles, les zones commerciales et industrielles, les rocades… Ça reste jolie et boisé jusqu’au Golden Gate Bridge et même après comme vous verrez.

1er aperçu de la ville

1er aperçu de la ville

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On traverse le pont dans le célèbre fog : avant, il fait beau, après il fait beau, mais sur le Golden Gate, c’est dans les nuages avec le bruit des cornes de brumes et des navires passant juste dessous.

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De l’autre côté, nous voici pour de bon dans SF. On quitte rapidement les belles pistes cyclables pour remonter la Lombard Street : échauffement à 12 % puis on enchaîne sur un mur à 20 %. Aux premiers mètres, j’ai cru que le vélo allait se retourner. J’abandonne à quelques mètres du sommet, la journée va être encore longue, faut pas se griller complètement.

Bon, ça, c'est fait

Bon, ça, c’est fait

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Sur l’autre versant, on descend la seule rue en lacet de la ville.Nous sommes ralentis pas tous les boulets en voiture qui prennent des photos. Oh les mecs, on a une étape à boucler nous, on n’est pas en vacance !

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Ensuite nous rejoignons le Fisherman’s Wharf. C’est formidable d’être là avec nos vélos après 4 mois et plus de 6800 km, on en est fier. Pour fêter ça, on s’offre un pathétique footlong au Subway avec du Sprite, ils n’avaient même plus de Coca…

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On verra des phoques ici le lendemain

Alcatraz

Alcatraz

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Il est déjà temps de repartir vers le camping, de l’autre côte du Golden Gate. On panique un peu car on est à sec et n’avons croisé aucune épicerie. Alors vous pouvez imaginer notre cri de joie quand on tombe juste après sur un Safeway ! On fait le plein pour 2 jours.

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oui, c’est beau sa race, y’a pas d’autres mots

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Re-pont, re-brouillard et nous voici au pied des falaises. On se mange une côte à 12 % et, au premier croisement, on loupe le minuscule panneau invisible de la route qui indique le chemin vers le camping. Au croisement suivant, après une autre méchante côte, on a un doute et on demande à un cycliste local.Si je le retrouve, je lui crève un œil : il nous dit de continuer. Je lui crèverais qu’un œil car la route est incroyable et dans la descente (18 % !! les freins ont morflé), j’apercevrais 2 baleines, des vrais, pas celles qu’on voit au Mc Do.

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Au bout de 30 minutes, on finit par se rendre compte qu’on est beaucoup trop loin et une autre cycliste (qui gardera ses 2 yeux) nous confirmera la route à suivre. On avale une côte à 8 % comme des champions et finissons par trouver le chemin en terre menant au camping; on aura fait un beau détour.

la plage du camping

la plage du camping

Camping dit « primitif » : pas d’eau, pas d’électricité, juste des toilettes (ceux au fond desquelles t’as pas du tout envie de tomber). Mais une vue d’exception, à 10 km du centre de SF.

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Pas d’eau, ça veut dire qu’on s’est trimballé 8 litres (en plus de la bouffe) dans tout ce parcours. 7+1 pour la répartition, les princesses voyagent léger.

Ça veut dire aussi qu’on se lave dans l’océan. Les autres campeur nous ont respecté.

La nuit, nous serons bercés par les cornes de brumes signalant le pont aux nombreux navires évoluant dans le brouillard. Heureusement qu’on était crevé…

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Le lendemain, on remonte sur les vélos pour visiter SF. J’ai pas l’habitude de dire du bien des grandes villes car, pour moi, c’est souvent synonyme de voitures, pollution, enfermement, artichaud, mendicité, béton, stress… (à toi de trouver l’intrus). Mais ici, c’est aéré. Il y a des arbres un peu partout, beaucoup de parcs (dont celui du Golden Gate qui s’étend sur 5 km), des cyclistes, des plages, de bas immeubles et la présence de l’eau au Nord, Est et Ouest. Une ville vraiment à part, à la hauteur de sa réputation et de l’ambiance de la succulente série romanesque d’Armistead Maupin : Les Chroniques de San Francisco.

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En fin de journée, c’est à dire vers 14h, on est bien usé par ses rues en pente à répétition. Nous rentrons au camping pour un bain rafraîchissant, une purée saucisse et un gros dodo. Nous verrons :

  • un phoque en faisant la vaisselle sur la plage
  • un raton-laveur s’approchera de notre table, en plein jour, pendant que nous mangeons. Un vrai barge celui-là, même pas peur.
  • au matin, un coyote passera à 5 mètres de nous. J’espère qu’il a bouffé le raton-laveur ou quelques écureuils. Ou le futur cycliste borgne.

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a demain pour la suite

a demain pour la suite