Suite du Dakar

06/11/13 Avaroa – Cebolla = 54 km

07/11/13 Cebolla – Chiu-Chiu = 122 km

08/11/13 Chiu-Chiu – Calama = 35 km, fin du Dakar

P1020663

Douane bolivienne, à l'heure des bus

Douane bolivienne, à l’heure des bus

On quitte l’école pour faire la queue à la douane, qui ouvrait à 7h finalement. Et qui ne nous coûte que 15 bols/pers. On traverse un petit no man’s land de 5 km et refaisons la queues à la douane Chilienne. Le préposé est aussi sympa que mon t-shirt est propre.

P1020668

et hop, un nouveau sticker sur le cadre des vélos !

et hop, un nouveau sticker sur le cadre des vélos !

Douane chilienne, même combat

Douane chilienne, même combat

Ensuite, c’est une nouvelle queue pour la fouille des bagages. Là, on a du bol : alors qu’Ophélie se fait fouiller toutes les sacoches (qui ne contiennent que les nouilles chinoises et une douzaine de pièges à écureuil), pour moi, le mec se contente de regarder vite-fait dans une seule et zappe celle qui contient les produits soi-disant interdits. En fait, ils veulent surtout pas voir des fruits et légumes frais. En venant d’Uyuni à vélo, il y avait très peu de chance qu’il nous en reste.

Ollagüe

Ollagüe

Hop, c’est fini pour la paperasse. Cette fois, on a mis nos montres à l’heure mais vous verrez qu’on a eu encore une mauvaise surprise de ce côté-là… On recule d’une heure, youpi ! Il va faire jour à 4h30 !!

On passe les 2 heures suivantes à :

  • trouver quelqu’un assez sympa pour nous changer ce qui nous reste de bolivianos. On frappera à la moitié des portes de la ville
  • faire quelques courses
  • trouver du pain, pas facile quand il n’y a aucuns écriteaux sur les portes
  • remplir les poches à eau

 P1020679

10h, on peut enfin commencer à pédaler. Les cuisses sont fébriles mais ça passera en roulant. On commence par grimper légèrement sur du bitume, puis c’est la piste, tellement sableuse par endroit qu’on est obligé de pousser dans une descente. Pousser dans une descente !! Et pourquoi pas une femme médecin ?! Pire qu’un blasphème, une hérésie !

le volcan Ollagüe

le volcan Ollagüe

surprenantes dunes blanchex

surprenantes dunes blanches

P1020689

On vise un grand panneau pour déjeuner à l’ombre. Je sors mes petits sacs de provisions, on s’installe tranquillement et c’est pile à ce moment là qu’un vent de fou se lève. On se réfugie par terre, derrière nos vélos, pas le choix.

Salar de Carcote

Salar de Carcote

Le bitume reprend, c’en est fini de la piste pour de bon. On passe un petit col à 3900m, pas évident avec ce vent de face et la digestion. Puis c’est la descente, à 15 km/h en poussant sur les pédales.

P1020694 P1020699

Ce vent nous rend dingue, ça doit être du force 4 et il ne s’arrête jamais. On longe alors un salar, pressés de trouver un abris.

P1020701

Salar d'Ascotan

Salar d’Ascotan

On arrive enfin à ce qui ressemble à des baraquements de travailleurs à Cebolla (extraction de minerais ou de sel ??). La technique gueule cramée d’Ophélie marche moins bien cette fois ; à défaut d’une pièce à nous, on profitera d’un bon abri pour poser la tente et cuisiner. Mais en allant fureter vers d’autre bâtisses, on tombe sur des douches ! Les gars sont ok pour qu’on en profite et on ne se gène pas, c’était vraiment inespéré ! L’eau est soufré, il ne faut surtout pas en boire.

Eboulement du mur au fond : 1er rou dans la tente. Il aura fallu une bonne pierre de 3 kg tombant d'1m50

Éboulement du mur au fond : 1er trou dans la tente. Il aura fallu une bonne pierre de 3 kg tombant d’1m50. Costaud la tente

En retournant à la tente, je ne me sens pas bien du tout : plus de force, mal aux bras et aux jambes, froid… mmm mmm, je reconnais ces symptômes dû à l’effort. J’attends un peu mais comme ça ne passe pas, je me décide à vomir les 2 litres de flotte bloquées dans mon bide depuis midi. Ça va mieux mais je suis bien déshydraté et affaibli. Un bol de nouille chinoise et au dodo.

c'est reparti. Yes ! pas de vent !

c’est reparti. Yes ! pas de vent !

Le matin, après une bonne nuit, on est déjà sur les vélo à 6h30. Il est dit que le vent se lève en début d’après-midi, on veut rouler le maximum avant. Je n’ai rien avalé au p’tit dej, juste un thé. La route est sympa, le bitume tout neuf et, chose rare, un renard andin traverse juste devant moi. Comme il a dû sentir le prédateur dangereux, il s’enfuit rapidement vers les hauteurs.

P1020710

Zorro

Zorro

A Ascotan, le bitume s’interrompt le temps d’une montée de 4 km, nous faisant passer de 3740 à 3970 m. Il est 9h, le vent se lève et on est dégoutté. Encore pleine poire ! Cette gr…e p…e brave Mère Nature est sans pitié. Moi, ça m’énerve alors qu’Ophélie le prend pas trop mal.

P1020714 P1020715

Il souffle comme la veille et ça durera jusqu’au coucher du soleil. Heureusement, ça descend car on passe de 3970 à 2719 en 90 km. Encore une fois, on déjeune derrière nos vélos et on pédale en descente. Journée très difficile, élue la pire du voyage, un truc à te dégoûter du vélo. Rien n’arrête ce vent et il n’y a aucun abris dans ce désert de caillasse.

décourageant...

décourageant…

P1020722

« Si c’est ça tous les jours en Patagonie, j’y vais pas » – Ophélie 14h33.

« Puuuuu****ainnnnnnn !!!! » – Fred, toutes les 2 minutes.

 P1020724

le décor pendant 4 heurs

le décor pendant 4 heures

Mais dans nos têtes, il y a le coca qu’on va se payer à Chiu-Chiu au bout de nos 120 km, rien ne peut plus nous arrêter. Après d’interminables lignes droites et toujours ce vent à rendre sourd, on y arrive et on se tape 2,5 L et des empanadas.

Chiu-Chiu, oasis

Chiu-Chiu, oasis

On se trouve ensuite un super coin en bord de rivière pour camper gratos. Une table, de la verdure et le vent qui tombe ! Ouf, ça va mieux !

 P1020732 P1020736

Le lendemain, on se réconcilie avec nos vélos avec 35 km vent dans le dos avalés à 27 km/h de moyenne. A 8h30, on est déjà dans une chambre d’hôtel à Calama en train de vérifier combien on vient de payer… on ne connaissait même pas la conversion euros/chilenos… Ce dernier ne vaut rien : 1000 pesos = 1,37 €. On se retrouve à payer 40000 pesos au supermarché.

P1020738

ça file vers Calama

P1020737

coucou CNH !

coucou CNH !

Oui, vous avez bien lu, un SUPERMARCHÉ ! On a complètement craqué sur du Nutella, de la charcuterie (de la vraie), du Saint Agur (importé de France of course), du chocolat, des fruits et le Saint Graal : du beurre de cacahuète !

on a bien du rester 1 heure

on a bien du rester 1 heure

Nous sommes passés sans transition du désert andin à une ville moderne avec des supermarchés à l’occidentale, des casinos, des mini-jupes, des décolletés, des voitures partout, des travelos, des prostituées et même des travelos prostitués.

Le Chili semble beaucoup plus riche et beaucoup moins traditionnel que le Pérou et la Bolivie. Moins différent et moins dépaysant également.

Mais nous sommes dans une grande ville, que l’on n’aime pas du tout. Et elle nous le rendra bien le lendemain…

Bilan sur ce Dakar

C’était une superbe alternative au Sud Lipez, en moins long et beaucoup moins difficile. Rouler au milieu des volcans, sur le salar, sur les pistes, dans ce désert, c’était… c’était… bah comme sur les photos en fait, en plus gros. Sauf qu’on ne voit pas le vent dessus et qu’il peut être terrible. On est bien crevé quand même. Chapeau à ceux qui font le Sud Lipez.

On s'est fait des p'tites soirées Nivea bien apaisantes

On s’est fait des p’tites soirées Nivea bien apaisantes

 Et comme si vous y étiez, avec la légère brise qui couvre ma voix sur la fin :