Panardos VS Wild : l’Anatolie pure et dure

 

 

 

  • 03/06/16  Göreme – avant Develi = 72 km / +750m
  • 04/06/16  … – Oguzlar (D300) = 93 km / +770m
  • 05/06/16  … – 20km avant Kangal = 120 km / + 1060m
  • 06/06/16  … – Kangal = 20 km / + 225m => Repos
  • 07/06/16  Kangal – Demirdag = 97 km / +1200m
  • 08/06/16  … – 10 km avant Iliç = 60 km / +1250m
  • 09/06/16  … – 20 km avant Kemah = 58 km / +1320m
  • 10/06/16  … – Erzincan = 73 km / + 1100m
  • 11/06/16  Erzincan = repos bien mérité

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On quitte donc la super pension Köse (merci aux Cyclaustraliens pour le tuyau) en se demandant si on aurait pas dû rester une journée de plus car randonner à pied ne nous a pas vraiment reposé les jambes.

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La sortie de Göremeland est une torture : une montée en pavés grossiers atteignant plus de 20% au pire endroit. Impossible à vélo et, même en poussant, ça fait une sacrée séance de squats-fessiers-gainage-cardio. On se croirait un samedi matin avec Farid le tortionnaire, avec double dose de Lacazette. En plus, on a eu la très bonne idée de s’empiffrer au p’tit déj et il fait une chaleur à crever dans cette cuvette Cappadocienne. Voilà, 3 jours dans le confort et on redevient des larves.

On grimpe toute la matinée sur une petite route déserte et passons un col, un orage nous frôlant mais n’osant pas arroser nos corps musclés ruisselant de sueur. Hmmm c’est chaud hein ? Calmez-vous.

On redescendant vers un plateau et un lac aux abords desséchés. Ça rappelle Uyuni, en moins bien quand même. C’est dur de faire mieux que la descente sur Uyuni, c’est une vision qui marque une vie de cyclo à jamais. C’est comme un mélomane assistant pour la 1ere fois à un concert de David Guetta. Heu non, l’exemple n’est pas bon en fait.

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Une petite pause dans une station service et on enchaîne sur du plat vent dans le dos avec, sur notre gauche, une belle montagne au sommet enneigé (Erciyes Dagi 5855m) et , sur notre droite, un beau plateau avec ses troupeaux de moutons, ses bergers et leurs Kangals (1m20). Nous sommes interpellés par un gars dans sa cahute. Il nous invite à boire de l’Ayran fait maison (boisson à base de yaourt, d’eau et de sel) et on « papote » avec sa femme et une amie. Ils ont 4 enfants et l’un d’eux est prof de tennis à Paris. On a du mal à imaginer comment il a fait pour en arriver là, alors que les 3 autres bossent dans le coin, à l’usine ou aux champs.

Ils nous invitent à rester pour la nuit mais je sais pas ce qui nous prend, on refuse, on reprend la route et on se pose 10 km plus loin dans la nature. Des vrais sauvages.

Bon, la vue est au top, ça compense.IMG_4229

Le lendemain, réveil à 6h30 et à 8h sur les vélos. L’étape est vallonnée, comme toujours, faut pas venir en Turquie pour du plat. On rejoint la D300, avec un « D » comme départementale mais c’est une 2 x 2 voies. La circulation est très faible, la bande d’arrêt d’urgence assez large pour qu’on roule côte à côte et le vent pousse fort dans le dos. A une station service, le pompiste nous offre le thé et le gars de la boutique refusera qu’on paye nos glaces. Ça fait chaud au cœur des p’tits gestes comme ça. On aurait su, on aurait pris des Magnums et pas les esquimaux à 25 centimes.IMG_4235

On s’arrête assez tôt et posons la tente sur le spot de rêve. L’eau est très froide mais enlève aussi bien la crasse que les courbatures. Comme on est dans un pays musulmans, il est pour le moins délicat de se baquer à poil comme en France. Alors j’y vais habillé et ça a l’avantage de faire une lessive.

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Re-réveil à 6h30 et à nouveau sur les vélo à 8h. La D300 est encore plus déserte qu’hier et ça monte pendant ce qui nous parait être des jours. On enquille les kilomètres sans croiser ni épiceries ni stations services. La panique commence à nous emparer : ON N’A PLUS DE PAIN BORDEL ! On quitte alors la grande route pour s’enfoncer dans le sauvage anatolien. Au premier bled, 40 habitants à vue de nez, on demande s’ils ont du ekmek (pain). Ekmek yok (pas de pain). Merde (merde). Il y a juste une micro épicerie, genre 1 x 2 m et qui vend n’importe quoi. Et j’achète n’importe quoi, j’ai trop faim : des Petits Beurres, des bonbons et 2 litres de Pepsi. On va aller loin avec ça.P1090773

Heureusement le sauveur arrive. Il s’appelle Tamur, ou Tomur, ou Taaamor, bref c’est ni Roger ni Eusèbe et il parle anglais. Il a vécu 7 ans à Londres ou il avait une boutique de vêtement. Maintenant, il cultive la terre ici, à 1600m d’altitude, le grand écart. Il nous invite à boire le thé chez son cousin qui s’avère être le micro-épicier. Super moment au chaud, assis, en pouvant vraiment communiquer. Les gens du coin sont caucasiens, ça remonte à 5 générations et ils ont encore de la famille en Russie. Ils parlent un patois local. Pendant ce temps, Madame Micro-épicier (la seule à ne pas s’assoir à table avec nous…) sort de la pâte à pain, en fait des galettes et les met à frire dans une casserole. Au top, on avait rien bouffé en 60 km ! Ça sent hyper bon, c’est chaud et croustillant et on avale ça avec du fromage et du yaourt fait maison. Hop, 3 autres thés sucrés et on est au taquet. Il est temps pour Tomur de retourner au champs et pour nous de profiter du vent dans le dos. La dame nous met les restes de pain et de fromage dans un sac, on fait des photos à leur demande et c’est reparti.P1090771

On a une patate d’enfer et les paysages traversés font désormais passer la Cappadoce pour un terrain vague. Ça file à toute vitesse sur de la piste très roulante, impossible de s’arrêter. On freine seulement lors des passages auprès de nos amis les Kangals. On commence doucement à les caresser mais l’appréhension d’y perdre une main est toujours présente. Vers 19h, on pose la tente, presque à regret. Il ne reste que 20 km pour atteindre Kangal mais c’est trop pour arriver avant la nuit.

Le vent tombe, silence total, ça ronque profondément dès 20h30.IMG_4270

Au matin, on fait la connaissance de nos amis les moucherons-qui-te-piquent-sans-que-tu-le-saches-et-qui-te-laissent-des-boutons-pendant-3-jours. Je me félicite encore d’avoir déjeuné torse nu et en short.IMG_4273

Hop, 20 petits kils et nous voici à Kangal. Il y a bien quelques élevages de chiens au milieu des cimenteries. On aurait bien aimé en visiter un histoire de voir des chiots mais ça avait pas l’air accueillant. Il y avait des chiens de garde pour garder d’autres chiens encore plus gros.

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je voulaıs faıre une photo un peu plus sale maıs y’avaıt trop de temoıns

On se pose dans un hôtel afin de reprendre des forces. C’est le 1er jour du ramadan mais tous les restos sont ouverts et y’a du monde. On n’a pas du tout comprendre, peut-être qu’ils commencent le jeûne seulement le lendemain. On se tape une moussaka de chez moussaka, une vrai de vrai, rien à voir avec la brique surgelée recouverte de crème qu’on nous avait servi en Grèce. Je bave encore rien qu’à me souvenir de l’odeur des aubergines.IMG_4278

Ophélie m’accompagne aussi chez un Kuaför. Alors, attention, c’est une institution et il y a tout un rituel. C’est incroyable à quel point les hommes turcs sont soucieux de leur apparence, même dans des villages de campagne comme ici. Ça commence par une coupe, rapide pour moi puisqu’on rase tout à 5mm. Mais le gars s’applique comme si ça repoussera jamais, comme si j’allais pas porter une casquette poisseuse par-dessus ou comme si j’étais Brad Pitt. Ensuite rasage, à l’ancienne, avec désinfection du coupe-choux en enflammant de l’alcool dessus puis en y mettant une lame neuve. Le geste est précis, la carotide reste en un seul morceau. Il enchaine avec une épilation du duvet des joues et des oreilles à la cire chaude. C’est pas le moment le plus sympa, surtout pour 3 mini-poils invisibles. Puis vient le moment de la torche : il enflamme une mèche au bout d’un fin manche métallique et me brûle le duvet du haut des oreilles, par à-coup. On sent rien, à part un peu le cochon grillé. Un comble. Nettoyage des conduits auditifs, shampoing, eau de Cologne et c’est fini. Un truc à faire cette visite chez le coiffeur, ça donne l’impression d’être un notable.

Alors qu’on bouquine tranquillement dans la chambre, on entend du grabuge dans le couloir. Deux gars viennent de se bastonner. La ville est grande mais il a fallu qu’ils fassent ça dans un couloir, dans les 2 mètres carrés ou sont nos vélos. Bilan : rétroviseur d’Ophélie cassé. Pas grave, facilement réparable avec du scotch.

Le soir, ils remettent ça en plus violent et avec du renfort. Le catch commence, les chaises volent et la réception de l’hôtel (un cagibi avec un petit bureau et un PC) est détruite et les vitres fissurées. On descend, un des gars a pris le fanion d’Ophélie, on sait pas trop ce qu’il compte faire avec, se rendre ou crever des yeux. On lui gueule dessus et il le repose tout de suite en s’excusant. Les flics arrivent, séparent les protagonistes et on en profite pour exfiltrer les vélos en les montant à l’étage. Ça m’étonnerait pas que l’un d’eux ait essayé de les balancer quand il a été à cours de chaises. Le pauvre, il a dû se tasser les vertèbres.

Les mecs restent dans les parages, avec leurs gnons et leurs pulls troués, ça continue à gueuler. Une bien belle ambiance de cassos. Heureusement que c’est ramadan. On aurait quand même bien aimé connaître le motif, ça avait l’air vraiment sérieux. Peut-être qu’un des gars est fan de Kendji et que l’autre en a dit du mal. Mmmmm non j’crois pas en fait, c’est pas possible d’être fan de Kendji.

On dort pas super bien, on imagine facilement un gars venir canarder l’hôtel avec une kalachnikov ou alors faire un truc vraiment inhumain comme dérégler nos dérailleurs ou desserrer le porte-gourde. De plus, on est réveillé à 3h du matin par l’appel à la prière diffusé par les hauts-parleurs du minaret juste en face. On en peut plus de ce truc, ça ne nous manquera pas quand on quittera les pays musulmans. Au début, ça a du charme mais au bout d’un moment, c’est gonflant. Imaginez un petit frère hyper énervant avec un haut parleur vous faisant le cri le plus horripilant du monde en pleine nuit :  » AAAAHHHHRGGGHHAAAAARRRGGHHHAAAAYYYYYUUUUUOOOOOAAA !! ». C’est des sonorités auxquels nos oreilles épilées d’européens proprets ne sont pas habituées. Comme le Raï, la musique chinoise, Cindy Sanders ou les chants militaires russes. On arrive pas à s’y faire. Du coup, on se détend en écoutant de la vrai bonne zik : Hélène Segara, Willy Densey, Lorie et Las Ketchup.IMG_4300

Les 4 étapes qui suivent sont du Voyage à Vélo avec un grand V. Près de 5000m de grimpette en 4 jours à travers un paysage changeant et impressionnant et des routes désertes,  le tout magnifié par un effort physique intense et une petite pression concernant nos ravitaillements. Avec ces étapes, on bouffait en 2 jours ce qui aurait dû nous durer 3.

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En vrac :

  • On a subi une invasion de forficula auricularia, aussi appelé pince-oreilles par les ignares ne parlant pas le latin. Pendant une nuit, ils ont envahi nos sacoches, pourtant fermées. Il y en avait partout et on a passé 30 minutes à tout vider pour les chasser. Au moins une vingtaine par sacoche. On en retrouvera pendant les 4 jours qui suivent, ça se faufile partout ces saletés. L’un d’entre eux finira sur le réchaud et un autre se prendra un reste d’eau bouillante. C’est stupide, inutile mais ça fait du bien.
  • Ophélie a été attaqué par une abeille. Bon, c’est pas le truc de fou, j’aimerais vous dire qu’on a été encercle par une meute de loup mais on n’a pas eu cette chance. N’empêche que l’abeille a foncé dans sa bouche et qu’Ophélie a eu le réflexe de la fermer à temps, écopant d’une douloureuse piqure à la lèvre. Et même après ça, elle continuera à l’attaquer. Les 1ere larmes du voyage.IMG_4315
  • Juste à notre arrivée en haut d’un col à 1630m, un orage dromesque s’est déchainé. Heureusement qu’il y avait un abri car on a jamais vu de la grêle tomber avec un telle intensité et si longtemps. On reste bloqué 2 heures, la température chutant à 5°C. Un gars en camion nous proposera de nous embarquer mais on refuse tout net. On a 3 pain en réserve, on peut tenir un siège.IMG_4309
  • Ophélie reçoit le titre de Rotule d’Or pour ne jamais avoir flanché sur cet enchainement de longues étapes. Elle a pleuré pour une abeille mais elle rigolait dans les pentes à 10% ou quand la pluie nous tombait sur la gueule.

     

Les derniers kilomètres vers Erzincan sont éprouvants, les cuisses ont besoin de souffler. Malgré ça, on a presque envie de continuer et de garder ce rythme vélo-bivouac si entrainant. Surtout que la ville grouille de monde et de voiture, ça fait toujours bizarre après des jours dans le sauvage. Mais d’un autre côté, il devenait nécessaire de larver une journée sur un lit et de défoncer des trucs gras. Comme dirait un ami philosophe du Beaujolais : « Faut savoir manger gras des fois ». Bon, lui le fait tous les jours mais son conseil est bon.IMG_4339

On va au resto le soir et on assiste au spectacle ramadan. Tout le monde, nous compris, dans les starting-blocks, devant son assiette fumante, couverts en main.. Au top départ du minaret, c’est carnage dans l’assiette, tout disparait en 15 minutes, entrée-plat-dessert-boisson. Ensuite les mecs courent fumer dehors. C’est pas souvent qu’on voit des gens manger plus vite que nous.P1090885

 

TIKI – 7 juin 2016

Kangal est la ville du chien emblématique de la Turquie en générale et de l’Anatolie en particulier. Le hasard a voulu que ça soit le jour ou nous nous en éloignions que Tiki, mon petit chien adoré, l’opposé d’un Kangal, la mascotte de ma famille depuis 14 ans et le gros gâté de mon père est parti, les pattes devant.

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Ok, on pourrait dire que ce n’est qu’un chien, que c’est l’amour facile, que c’est pas grave… Mais non. C’était comme un bon pote, toujours là, toujours présent et fidèle, toujours content. Un pote muet mais expressif. Un pote capable de nous regarder dans les yeux juste après s’être léché les couilles et qui devenait dingue au mots « promenade » ou « chat ». Un chasseur hors paire capable de suivre la piste d’un sanglier dans le mauvais sens et de ne pas voir un cerf à 10m de lui. Un dominant qui se faisait piquer ses croquettes par des pies et qui paniquait au moindre orage. Un athlète capable de monter un escalier mais pas de le descendre. Un nounours viril en fait. Un bon toutou.

C’est des milliers de kilomètres qu’on a parcouru derrière lui. Il va beaucoup nous manquer. On ne peut qu’être triste et nostalgique.

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Les Pieds en Cappadoce

 

  • 28/05/16  Beysehir – Aksaray = 10 km à vélo + 250 km en bus
  • 29/05/16  Aksaray – Yaprakhisar = 30 km / + 500m
  • 30/05/16  … – après Kaymakli (via Ilhara) = 78 km / +660m + 10km à pied
  • 31/05/16  … – Göreme = 25 km
  • 01 & 02/05/16  Göreme = en mode touriste

 

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Voilà, quand je sais pas quoi mettre en titre, je mets « Les Pieds en… ». C’est pratique, concret, direct et parlant. On est Les Pieds, on a des pieds et ils nous servent à pédaler et nous balader en Cappadoce. Et à prendre le bus aussi.

Crotte de flûte, je viens de faire un résumer des derniers jours. Bon bah ceux que ça gave, vous pouvez zapper ici et retourner faire des trucs cools comme aiguiser un couteau, regarder Plus belle la vie, lancer des cailloux sur les chats ou lire, on vous le recommande, La stratégie du choc de Naomie Klein. Les autres, voici le détail.

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On quitte donc notre pension et pédalons vers la gare de bus. Elle était sympa cette pension avec ces draps trop petits, ces matelas plus étroits que le sommier, le réceptionniste qui pionce encore à 9h dans un canapé, sa douche Cloclo tiédasse,  et ses pantoufles mises à disposition. Pas les trucs jetables, des vrais pantoufles inusables comme chez Mamie. On aime bien ce genre d’endroit, bien plus humain que les hôtels sans âmes à la propreté clinique. Et puis c’est moins cher.

Ophélie stresse pour le bus, les soutes seront-elles assez grandes ? La réponse est non et fallait voir la tête du chauffeur quand on lui a dit que les vélos ne sont pas pliables, même en en appuyant très très fort. On arrive à rentrer le mien en travers tant bien que mal et je peux aller m’asseoir tranquillement. Mais je suis trop sympa et j’vais aider ma femme (oui, on dit qu’on est marié ici, c’est plus commode. On va même trouver des bagues pour que ça passe mieux en Iran. Et puis je cognerais un peu Ophélie en lui gueulant dessus. C’est bien comme ça qu’ils font les couples mariés non ?). On enlève le siège de son vélo et ça rentre.

Les bus est top confort, y’a que 3 sièges en largeur et un écran à chaque dossier. Y’a même le wifi mais il marchait pas. Et puis y’avait que des films en turc. Et y’a qu’à 5km de l’arrivée que j’ai découvert qu’on pouvait jouer à Angry Birds. Donc l’écran n’a pas servi.

Un stewart passe dans l’allée et nous sert un gâteau et une boisson. Vivement qu’on ait des bus comme ça en France. Une compagnie d’état bien gérée, un beau service public qui freinerait un peu le chacun-dans-sa-caisse, rêvons un peu ah ah ah.

On traverse une ville de plusieurs millions d’habitants (Konya) puis une grande plaine de 200km, tout plat, pas d’arbres, du vent et de la pluie : on ronronne dans nos fauteuils.

Pile quand on arrive, il se met à tomber des hallebardes, le quai n’est pas abrité et on passe un moment sympa à tout décharger en vitesse en essayant de ne rien oublier. Et pile quand on a fini, ça s’arrête. On rejoint la ville et décidons d’aller à l’hôtel car le ciel menace encore et on a pas du tout le courage de partir dans une mission bivouac hasardeuse alors qu’on est déjà trempé. Et du coup, on passe une soirée agréable avec une ballade dans Aksaray et un resto à se damner. Ils savent cuisiner les Turcs, y’a plus aucuns doutes. Et ils savent coiffer également, il y a un nombre impressionnant de kuafor (ils ont plein de nom comme ça, emprunté au français, en phonétique du moins). On voit des mecs se faire faire des masques de beauté, se faire raser et pouponner. Ça casse le mythe du colosse turc hyper viril avec son kangal. Là, c’est un défilé de Kevin à mèche en jean slim. Et tout ces kuafors, c’est que pour les mecs. Ceux pour filles sont très discrets, voire même cachés. Le foulard, caché la féminité, tout ça tout ça…


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Le lendemain, on fait une petite étapes pour rejoindre Selime et ses églises troglodytes. Sur un malentendu, on pose la tente au pied d’un hôtel tout en haut de la colline. La vue est sympa (ça a servi de décor à un Star War et à deux Louis La Brocante) mais faut tout redescendre pour aller visiter le site. C’est mignon mais ça vaut pas les 7€/pers qu’il a fallu payer. Quelques cars déversent des touristes, ils ont 15 minutes pour visiter, à peine le temps de faire 600 selfies, zut ! Traverser à pied le petit village de Yaprakhisar et discuter avec un gars à l’épicerie en buvant une limonade infecte était finalement bien plus pittoresque et enrichissant.

Sur le retour, on cueille du thym citronné et ça fera la meilleure infusion qu’on ait jamais bu. Comme quoi, ça peut être bon une infusion.

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le mont Hasan

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Ensuite, c’est direction Ilhara et sa vallée. Seulement 10 petits kilomètres à vélo, on est donc assez frais pour aller marcher dans cette belle gorge dont les parois sont peuplés d’habitats et d’églises troglodytes. Finalement, on a les jambes horriblement lourdes et on peine comme des p’tits vieux dans les escaliers pour visiter ces dernières. Certaines fresques sont bien conservées malgré les incivilités des gens. Dans l’une d’elle notre regard est attiré par des gravures maladroites qui semblent toutes fraîches : « 68 en force, trop klasse l’alzace ». Tiens, des français ? A côté c’est :  » Ben et Alice nike la polisse » et  » En Transat foreveur sa mere » . Tiens, je crois qu’on les connait ceux-là, quel bande de voyous. On quitte l’église sur un  » Les Pied devans taite de glant », c’en est trop.

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On rejoint le restaurant ou l’on avait laissé les vélo, mangeons un bout et filons, il est 14h. « Filons » étant une façon de parler puisque on se tape, à froid sans digestion, une bosse à 14%. Au moins, l’échauffement est rapide. La suite, c’est un grand classique : on n’avait pas prévu de faire beaucoup de kils mais finalement ça s’enchaîne et puis vient le moment du bivouac et on trouve pas d’endroits et on continue, encore et encore. P1090664

A 19h, on demande si on peut poser la tente dans une station service, y’a un coin d’herbe, une tables et des toilettes. Mais c’est non. Alors on rejoint un coin qu’on avait repéré juste avant et on est bien, loin de la route. Ça doit quand même être sport de dormir dans une station service, on a remarqué qu’elles sont systématiquement en bord de route. Pas croyable. Il est 19h30, on a juste le temps de se laver et de manger avant la nuit. Ici, c’est 20h30 environ, et le matin ça gazouille dès 5h.

Nuit presque parfaite malgré 3 clebs qui nous fileront une crise cardiaque en nous réveillant à 2h du mat’.IMG_3865

Le lendemain, dernier bout pour arriver à Göreme. On fait notre marché dans la ville juste avant pour faire le plein de fruits et légumes à prix normal et descendons vers ce haut lieu du tourisme. Beaucoup d’hôtels mais c’est bien intégré au décor géologique grandiose qui nous entoure. Comme il est tôt, on a le temps de faire nos économes et de comparer camping (pourrave) et pension (au top avec piscine). Donc c’est pension avec prix d’amis car elle est vide. Super chambre à 3 lits avec balcons et douche commune. Mais comme on est seul, douche pour nous. Et en bonus, on peut se faire la bouffe sur le toit avec vue sur les vallées et les montgolfières le matin. Ça fait carrément vacance.

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c’est pas la vue de l’hôtel, faut pas déconner quand même

On y passe donc 3 nuits et prenons le temps d’aller gambader des heures dans les vallées chatoyantes. On ne croise quasiment personne, le tourisme turc semble vraiment en berne cette année. Et l’après-midi, c’est piscine. On est capable de pédaler 8h mais 4h de marches nous mettent KO.

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La Vallée Rose, La Vallée Rouge, tout se fait à pied au départ de Göreme. Prévoir de bonnes godasses, de la crème solaire, un grand couteau et de la flotte. Le soleil tabasse fort dès 7h30. Le couteau, c’est juste pour faire aventurier.

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Inévitablement, nous irons aussi dans la Love Valley, célèbre pour ces formations rocheuses en forme de grosses bites, que certains préfèrent appeler vulgairement « phallus ».

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Mais, selon moi, LE TRUC à faire à Göreme, c’est avant tout d’aller assister au ballet des montgolfières. Pour ça, réveil à 4h30 du matin. Ophélie était motivée la veille mais il aurait fallu une fanfare et un treuil pour la lever ce matin-là. Elle est comme soudée au matelas, une femme-lit, une couette humaine. Tant pis, je file seul et arrive sur place avant 5h, pendant que les équipes préparent les ballons. Magique, et c’est que le début du spectacle.

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Les touristes arrivent, perches à selfie en main, et c’est le décollage. Tout en douceur, le silence du matin seulement troublé par les bruleurs. Je suis seul sur mon perchoir, je me sens privilégié, finalement bien plus que les gens serrés comme des sardines dans leurs nacelles.

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Le soleil apparait et transcende les reliefs de la Cappadoce. Les montgolfières, en nombre incroyable, font l’effet de ballons de baudruche. Je vous invite à cliquer sur les images pour agrandir.

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Le vol est court, 30 minutes à 1 heure. Ensuite la lumière est moins belle et surtout, le vent risque de se lever.

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La Cappadoce est donc bien à la hauteur de sa réputation. C’est jolie et le tourisme n’est pas destructeur (pour l’instant), même si les quads en location mériteraient d’être interdits brûlés. Göreme reste un vrai village avec des agriculteurs conduisant leurs tracteur au milieu des hôtels et restaurants.

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Pour finir, on nous dit qu’il pleut beaucoup en France, que c’est l’automne en juin. Les Pieds Devant vous offre donc un bouquet de fleur de Cappadoce.

Olala, comme c’est choupinou tout ça !!! Demain on reprend les vélos, le prochain article fera beaucoup moins tapette fleur bleue. Les pédales remplaceront les pétales. Oh putain c’est beau ça. Ophélie, viens voir ! « Les pédales remplaceront les pétales », ça claque non ?

Pourquoi tu soupires ?

A bientôt

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