PanarLapinade en Thaïlande

J 272 à J 300 / Vacances Thaï / pas de vélo

Pour commencer, un grand merci pour les nombreux commentaires et e-mails reçus suite à l’article précédent, ça te requinque un cyclo, encore mieux qu’un riz-poulet-coca. Ce qui ressort des ces gentils mots, corrigez-moi si je me trompe, c’est  » changez rien, continuez comme ça ! ».

D’accord

img_9560

2017, l’éclate totale, on va en prendre plein les yeux.

Les Lapins nous ont donc rejoint ici à Chiang Mai pour 4 semaines de vacances, vacances n’étant pas vraiment le bon terme lorsqu’il se réfère à deux démissionnaires en vadrouille, une demi-retraitée et une toute nouvelle retraitée. Ceux qui n’ont pas suivi la 1ere saison de ce blog et qui ne sont pas allés vomir après avoir vu la photo ci-dessus de Kiki VS Tuktuk se demandent que sont ces fameux Lapins ?

  • Lapin 1 = Maman de Fred, la demi-retraitée. Toujours au taquet, enthousiaste, gentille, résistante, rustique, aimante. Un peu un labrador. Le labrador de Mike Horn.
  • Lapin 2 = Marie-Andrée, la toute nouvelle retraitée, amie d’enfance de Lapin 1. Partante pour tout mais en moins casse-cou que Lapin 1. Souriante, facile à vivre, dynamique, accroc du shopping. La Christina Cordula de Clermont-Ferrand.

Je n’ai mis que des qualités, j’suis sympa. Je mets de côté leurs capacités linguistiques, leur naïveté désarmante et leur « j’en ai un peu marre du riz » au bout de 3 jours en Thaïlande et leur « faut absolument que j’trouve un p’tit souvenir à acheter pour l’amie du cousin de l’oncle de l’ancienne secrétaire du notaire de ma nièce ».

En 2013, elles nous avaient rejoint à Cuzco pour 2 semaines pendant lesquels elles avaient vu la mort en face sur un trek, été en manque de pain-fromage au bout d’une demi-journée et acheté 2 ou 3 souvenirs sur les marchés artisanaux. A peine de quoi remplir une valise.

Voilà le topo, place au récit. Je préviens, y’a pas de vélo et c’est super long. Mais c’est vachement mieux que Plus belle la vie.

img_9754

Lapin 2 (à droite, terrorisée) m’avait fait promettre de ne pas mettre cette photo. Oups.

L’invasion des Lapinos dans le monde tranquille des Panardos.

Tous les passagers ont débarqué, le hall des arrivées se vide et on est comme des cons avec la belle pancarte dessinée par Ophélie. On n’est pas trop inquiet pour les lapins mais on balise à mort pour les rillettes, les pâtés, les saucissons et le matos qu’elles nous amènent, pourvu qu’il ne leur soit rien arrivé. Au guichet de la compagnie, elles sont inconnues… bizarre… j’apprendrais plus tard qu’elles se sont fait enregistrer avec leurs noms de jeune fille, les malignes, elles voyagent en mode couguar.

On se retrouve obligé de contacter le QG (mon père, dans son lit, 4h du matin pour lui) pour débusquer les lapins. Fichtre, elles étaient tout simplement à 200m, en train de poireauter dans le hall des arrivées internationales. Comme elles faisaient escale à Bangkok, on pensait qu’elles arriveraient côté domestique. C’était bien la peine de faire 3 ans d’étude en transport-logistique, heureusement que c’était en alternance avec tennis-playstation sinon j’aurais l’impression d’avoir perdu mon temps.

Je salue brièvement ma génitrice et sa cop’s Marie-Andrée et prend le commandement des opérations pendant qu’Ophélie fait le debrief de 9 mois de voyage avec un tyran hyper bogosse. Non je plaisante, je fais le gentil avec ma maman car les rillettes sont dans sa valise. Et puis, quand on est en dehors du vélo-bivouac-réchaud-crevaison, je ne suis plus le chef de rien du tout et je me laisse guider comme un mouton vers l’abattoir. Oui, car la perspective de 4 semaines sans vélo est comme une petite mort pour moi. Ophélie le vit bien, la traîtresse. Elle est même contente !

img_9219

On se console comme on peut

Ah oui, on avait prévu de faire pédaler les lapins mais on a abandonné l’idée finalement, trop compliqué, trop dangereux, trop fatiguant, trop panardos. Je ne sais pas ce que veut dire « trop panardos » mais je trouve que ça sonne bien.


Extrait du journal de bord de Lapin 1 (alias Calamity Mum, alias Génitrice) :

«  Ô quelle aventure déjà ! A peine débarquées qu’on est paumé et à l’abandon ! On patiente en admirant le parking de l’aéroport et les nombreux véhicules allant et venant. Avec ma cop’s on n’a pas l’habitude de tout ça, on a grandi en Auvergne et on avait 15 ans la première fois qu’on a vu du béton. Et quel chambardement quand la 1ere voiture a traversé la Comté juste après mes 17 ans ! Les gens courraient et criaient de partout, croyant le jugement dernier arrivé ! Olala, on s’était vite réfugié dans notre hutte sur les Coteaux du Lointain et seul les sacrifices de 8 chouettes et 3 bergers allemands avait pu nous calmer ! Crévindieu, c’était l’bon vieux temps. Faut quand même se rappeler qu’en ce temps là, des enfants s’appelaient Jean-Jacques, Albert, Geneviève ou Georges. Quelques Pierrot également.

Mes enfants ne se rendent pas compte des différences qu’il y avait à notre époque et ils se moquent beaucoup de moi. Ils disent souvent que je commençais à peine à savoir me servir du magnétoscope quand le lecteur DVD a débarqué. Je reconnais que j’ai eu également beaucoup de mal au début avec le lecteur DVD, les cassettes étaient si difficiles à insérer dans cette petite fente ! J’étais si frustrée de ne plus pouvoir visionner mes films préférés, ceux avec Nicolas Cage.

Bref, cher journal, je m’égare en ressassant ce passé lointain. Place au présent !

Au bout d’une heure d’attente, une hôtesse de l’air canon et un agent de sécurité athlétique et bronzé viennent à notre rencontre. Je prend les devant, il est temps que mes cours d’anglais servent à quelque-chose. Louise-Mauricette recule, impressionnée :

  • « Ailo ! Plize, we have lost ! Do you are where is I am ? I cherche maille son ? He is a panardos with funny bicyclette ! Very strong ! Many dead animals !
  • C’est nous maman… »

A ce moment là, le temps s’est ralenti quand, dans un geste d’une parfaite synchronité… synchronocité…synchronomiase… oh flûte j’en oublie mon latin, bref en même temps, ils ôtent leurs lunettes de soleil, révélant pour l’un un regard aussi bleu que moqueur et pour l’autre le bronzage type raton-laveur. J’en tombe à genoux. »


Nous rejoignons la guesthouse et passons une semaine tranquille à Chiang Mai. Ma mère prononce « guestouze », c’est très marrant. Encore plus quand Renée-Claude l’a reprend en disant « gouèste-house ». Je leur dit qu’elle peuvent dire « maison d’hôte » à la place mais elles s’obstinent : «  Non ! on dit comme c’est qu’on veut et gouèstouze, ça fait plus jeune ! Bon, on va prendre un verre, c’est l’happy hour ! ». Prière de lire Api Ourre.img_9246

Les Lapins prennent leurs marques et s’acclimatent rapidement à la différence de température grâce aux 50 kg de robes d’été, pantalons légers et petits top qu’elles ont réussi à caser entre les pots de rillettes et les chambres à air. Ophélie joue les tours opérateur en organisant la suite du séjour : visite des temples, massages de la douleur, shopping, cours de cuisine Thaï. Excellent ce cours, le mec parlait comme l’asiatique dans Very Bad Trip.

img_9268

38.000 km de belles ballades sur les dos d’ânes et les nids-de-poules. Repose en paix mon pote

Moi, la priorité, c’est les vélos et je passe une journée complète à les remettre à neuf avec un coup de main du bouclard d’à côté pour changer mon moyeu et les cassettes. Quel bonheur de retrouver Compteurinou et un rétroviseur qui permet de voir derrière. Un rétroviseur instable permettant de voir par terre ou sa gueule en gros plan n’est pas très utile en fait. Hop, une nouvelle guidoline sur les poignées, un pneu avant neuf pour Ophélie et les tanks sont prêts à bouffer du kilomètre ! Alléluia ! Courage Fred, plus que 3 semaines et demi de vacances insupportables avec les Spice-Girl dans un pays de rêve où on mange pas trop mal ! Tu vas t’en sortir, tiens bon !


«  Cher journal, je sens mon fils fatigué depuis notre arrivée. Il ne l’avoue pas mais on voit bien à sa démarche de cowboy arthritique qu’une semaine de repos fera du bien à ses rotules enflammées. Mais il a vraiment un comportement étrange parfois. La nuit dernière, sortant me rouler un méga joint sous les étoiles, je l’ai trouvé nu, en position fœtal, dormant au pied de son vélo. Je suis restée à distance mais tout de même assez près pour voir qu’il s’était mis du cambouis sur le visage et qu’il tenait contre sa bouche, tel un doudou, son t-shirt fétiche, le bleu, celui qui garde cette odeur atroce même après une lessive.

Et je n’étais pas au bout de mes surprises car, juste à côté, il avait monté un espèce d’autel composé d’une bougie, d’une photo d’animal mort ( un cheval je crois mais c’était difficile à reconnaître car il manquait des morceaux) et d’une tresse de yak immonde, on aurait dit des poils pubiens. Brrrr, j’en tremble encore !

Je me suis approchée doucement, le tazer dans une main, un bâton dans l’autre. Toujours se méfier d’un chien aux abois. Mon Dieu, mais qu’est-ce qu’il tient dans sa main, tout contre lui ? Mais…mais…mais, on dirait un bol de flocon d’avoine ?? Et là, plus bas, qu’est-ce que… »

Je coupe l’extrait ici, le passage où elle aperçoit un bout de la pompe à vélo est vraiment trop affreux. Ça n’a pas sa place sur un blog classieux.

On reprend

«  Je le secoue doucement, du bout du bâton, il me fait très peur. Et là, d’un coup, il se lève et crie «  Debout Ophélie, départ dans 5 minutes ! Plie tes affaires pendant que j’fais chauffer l’eau, on fait une étape de warrior aujourd’hui et t’as intérêt à… ». J’ai dû tazer mon propre fils. Y’avait du porridge partout et je n’ai pas osé ramassé la pompe à vélo ».


On passe donc une semaine de vacance très sereine à Chiang Mai. On prend nos p’tites habitudes et avons notre table dans un resto loin du coin touristique => meilleur et pas cher, gros like des Panardos.

Ensuite, c’est mission Koh Lanta. Comptez pas sur moi pour faire des vannes rapport à l’émission. Avec Ophélie, on a eu regardé des programmes de neuneus, mais on a pas poussé jusque-là quand même, donc on ne connaît pas vraiment.

C’est souvent un truc qui ressortait quand, en 2013, on commençait à parler de notre futur voyage aux Amériques, à vélo, en autonomie, avec une tente, une casserole, du PQ, sans douche et tout et tout : «  Oh, vous faites Koh Lanta ! ». Quand on a dit qu’on partait vers la Chine : « Oh, vous faites Pékin Express ? C tro Bi1 lol ! ». C’est quand même triste que ces 2 émissions (de merde) représentent le summum de l’aventure, du voyage et de l’exotisme.

M’enfin, comme disait Patrick Le Lay en 2004 quand il était PDG de TF1 : « « Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »

Koh Lanta est une île au sud de Bangkok, pour y aller, c’est soit 1h45 d’avion + 3h de bateau soit 13h de train de nuit + 4h d’un autre train + 1 heure de bus + 3h de bateau, le tout pour un prix équivalent. Pour les Panardos, l’avion c’est niet, alors les Lapinos, ils sont pas bien rassurés et on doit les convaincre que voyager plus lentement, sans lâcher 20 tonnes de CO2, sans compliquer un peu plus l’avenir des générations futurs, c’est vachement bien.

Alors on commence par le train.


«  Cher journal,

Ô quelle aventure ! On voyage en train avec le petit peuple, c’est formidable ! J’adore les prolos, ça sent pas si mauvais finalement. Il y a des petites couchettes avec des rideaux qu’on peut tirer pour s’isoler et faire les choses qu’une femme a à faire avant de se coucher : enlever son sonotone et ses bas anti-varice, changer le polydent et mettre son pyjama en pilou-pilou motif zèbre. A côté et en dessous de moi, il y a 3 autres couchettes occupées par des gens qui me font très peur : ils sont musulmans, portent des habits traditionnels, font leurs prières dans le couloir et portent des longues barbes. Ils ne fait donc aucun doute qu’ils sont des terroristes. Je le sais, je regarde BFM TV. Je demande donc à mon Fredounet de changer de place avec lui, il a passé du temps chez eux, il saura les convaincre de ne pas faire exploser le wagon. »


img_9339

Le train est génial, pittoresque, des repas copieux et pas beaucoup plus chers que dans la vraie vie nous sont servis et les couchettes sont rapidement dépliées par un agent. On passe une très bonne nuit dans nos petites cabanes et descendons presque à regret tôt le matin à Bangkok. Les Lapins sont enchantés, pari gagné.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Là, on était censé enchaîner avec un autre train pour le sud mais la ligne est toujours fermée à cause d’importantes inondations. On déclenche le plan B.

  • Fred : « Ophélie, Plan B ! »
  • Ophélie : «  Quel plan B ? »
  • Bah l’autre !
  • Y’en a pas
  • Quoi ? On a rien prévu ?
  • Rien

Faut qu’on improvise, à la Snake Plissken

On demande à la nana du guichet : «  Bus for Koh Lanta ? », elle répond « no, I think no bus ». Oulala, le plan plage paradisiaque commence à sentir l’échec. On sent le regard des 2 Lapins sur notre dos, ce regard qui dit qu’on aurait mieux fait de prendre l’avion, qu’on serait déjà en maillot de bain et nianiania… cocktails… nianiania… on n’a plus 20 ans… nianiania… l’aéroport ne doit pas être loin… nianiania… je mangerais bien du St Nectaire…

On sort de là et cherchons une gare de bus aux alentours. Y’a rien à part des bus de ville, échec. Ok, on allume le smartphone pour nous sauver. Ophélie cherche pendant qu’on admire Bangkok, oh comme c’est beau tout ce béton et ce trafic routier ! C’est quoi qui flotte dans l’eau du canal ?

img_9368

Il faisait plus de 3m de long

Gare de bus repérée, à l’ouest de la ville. On prend un taxi, très bon marché à Bangkok, et fonçons nous renseigner aux agences de bus. Un charmant… heu… une charmante jeune femme à moustache (« pssstt, Maman, regarde, c’est ça un lady-boy ») nous rancarde : il y a bien des bus pour le sud du pays, la route a subi des inondations, 3 ou 4h de bouchons maximum, prochain départ à 19h.

img_9385On laisse nos sacs à la consigne et mettons à profit ce temps d’attente pour faire un tour en ville et dans ses canaux. Perso, à part les nombreux varans aperçus sur les berges et la tête de Paul-Mauricette devant une soupe d’intestins de porc, y’a pas grand-chose que j’ai apprécié. C’est une très grande ville avec beaucoup de circulation. Il faut probablement y passer plusieurs jours pour commencer à y trouver du charme. Ou alors aller directement dans le quartier des putes. Oui, ce blog est vulgaire.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

19h, nous sommes dans le bus VIP. De bons sièges bien larges et très inclinables, une climatisation efficace, des petites couvertures et des collations offertes. Pas de musique, pas de cassos, pas d’enfants chinois qui te fixent des yeux et te jettent des bouts de nourriture, pas de chinois tout court. Les Lapins se détendent, cette nuit dans un bus ne sera pas si terrible. Demain après-midi, on sera à Koh Lanta ! Nan, franchement, c’est vachement mieux que l’avion, merci les enfants, quelle aventure !

img_9445

Ô oui quelle aventure quand on apprend qu’un pont a été emporté par les eaux et que les «  3 ou 4 heures de bouchons maximum » sont largement dépassées puisqu’on reste bloqué pendant… 20 heures !! La tête des Lapins quand elles ont commencé à comprendre qu’on allait passer une 2eme nuit dans le bus, excellent ! Leurs rêves de shampoing s’envolaient. Une nuit, ok c’était sympa, mais 2… on n’est plus en mai 68, crotte !

img_9447

je vous rassure, les écrans LCD ne marchaient pas. C’était juste là pour gêner.

Mais ça se passe bien, le moral est bon, ça ne sent pas trop le poney et on rigole. On descend du bus pour aller acheter des brochettes de saucisse dans une gargote, puis au 7-Eleven du coin pour des yaourts et de l’eau, puis une autre gargote de bord de route pour du riz-poulet. Dans le bus, tout le monde est zen, les Thaï sont ultra-cools, personne ne râle, c’est la vie, c’est chouette, c’est mieux qu’un triste et aseptisé trajet en avion. Et même quand on réveille les lapins à 1h du mat’ pour débarquer dans un bled assez glauque, elles rigolent en traînant leurs valisettes.

On se trouve facilement une gouèstouze et piquons un roupillon, après un bon shampoing.

Oh bordel comme c’est dure de raconter autre chose que du voyage à vélo. Ophélie, prend le relais stp ! Moi j’en peux plus !

img_9449

Krabi, petit bled agréable

Le matin nous rejoignons le port de Krabi et 3 heures de bateau nous mènent sous le soleil de l’île de Koh Lanta. Elle est sympa cette île. Il n’y a pas trop de touristes, surtout lorsque l’on se dirige plus au sud, seulement quelque très discrètes « full moon party ». On se dégote une petite guesthouse bien sympatoche en négociant les prix avec petit déj compris. Trop bien !!!

Première baignade le jour de notre arrivée. Les lapinos sont contents et l’angoisse des transports s’est envolée.

img_9473

Sur Koh Lanta, on loue 2 scooters pour se déplacer. On y restera 6 jours en alternant ballade le matin, baignade l’après midi et cocktails le soir. Les deux pilotes sont moi et Fred. Oui, on n’a pas envie de mourir donc on préfère conduire ! On est surtout habitué à la conduite à gauche.img_9480

On a visité des grottes (2h à l’intérieur) avec des passages étroits et des échelles en bambou un peu raide. Notre Marie-Paule-Chantalia était à l’affût des araignées mais on en croisera qu’une seule à la sortie. On étaient tous sales et remplis de terre glaise en sortant en mode « combat de boue ».

Lapin 1, lors d’une sortie en kayak : « Regarde Marie-Andrée, on fait bander le singe ! Y’a encore de l’espoir, on n’est pas complètement foutu ! »

Sur l’île, il y a plein d’excursion possible à faire, mais on décidera de n’en faire qu’une seule : visite à la journée de l’île de Ko Rok avec plongée masque et tuba.

Jeanne-Simone restera avec moi sur la plage de Ko Rok pour se baigner et regarder les poissons sous l’eau . Et oui, après la phobie des araignées de Lapin 2, il y a la mienne : l’eau !!!! Quand on y pense, quelle idée stupide j’ai eu de venir sur une île moi qui ne sait pas bien nager et qui a peur de l’eau !

Pendant ce temps, Fred et sa génitrice iront avec le reste du groupe faire trempette dans 2 spots de plongée. On passera tous une super journée. Même le Responsable d’Expédition appréciera ces vacances à Koh Lanta et regrettera la mer une fois de retour à Chiang Mai (chut !! c’est un secret !)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

C’est vrai, j’ai adoré notre semaine à Koh Lanta, contre toute attente. C’est pas un coin pour les gros bourrins en quête d’alcool pas cher et de sexe tarifé. C’est très calme, les plages sont parfois désertes et la nature très bien préservée.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Nous avons eu beaucoup de chance de passer entre les gouttes. Avant, c’était le déluge et ensuite la météo annonçait encore beaucoup de pluie. Bizarre, on est en saison sèche, la mousson se finit en octobre. Dérèglement climatique dû au réchauffement global ?

Ce qui nous amène à parler de l’avion, le plus gros émetteur de gaz à effet de serre. Ça faisait quelque-temps que je voulais aborder ça.

Attention, je vais être très chiant. RelouMan passe à l’action !


Voyager à vélo, c’est pas toujours écolo

Petit bilan carbone de notre voyage aux Amériques. Nous avons pris l’avion 3 fois mais, avec les escales, ça fait 7 vols. 7 décollages. 7 grosses giclées de kérosène.

  • Paris-Francfort = 0,21 T CO2
  • Francfort-Las Vegas = 2,03 T CO2
  • San Fransisco – Mexico city = 0,72 T CO2
  • Mexico – Lima = 1,22 T CO2
  • Lima – Cuzco = 0,26 CO2
  • Ushuaia – Buenos Aires = 1,1 T CO2
  • Buenos Aires – Madrid = 2,17 T CO2
  • TOTAL = 7,71 T CO2 par passager

Soit plus de 4 fois ce que la Terre peut supporter par personne par an pour stopper l’accroissement de l’effet de serre. Bon, j’ai utilisé le calculateur de l’ADEME, il est peut-être bien assez optimiste.

Donc, en gros, 16 T de CO2 émit par nos déplacements en avion lors de notre 1er voyage. C’est pas très parlant ce chiffre. Voyons donc ce que 16 T de CO2 représentent avec d’autres véhicules :

  • Environ 80 000 km au volant d’un bon vieux Doblo diesel
  • Environ 50 000 km au volant d’un gros 4×4
  • Environ 30 000 km aux guidon de 2 motos de belle cylindrée

Voilà, on peut bien se foutre de la tête des motards et des gros 4×4 qu’on croise sur notre route, ils polluent finalement beaucoup moins qu’un cyclo prenant l’avion.

On pouvait bien se foutre de la tête d’un Bush refusant de changer l’american way of life en ne signant pas un très timide accord de Kyoto, on ne vaut pas mieux.

C’est beau d’avoir des principes, manger bio et locale, se déplacer à vélo, consommer moins, isoler sa maison… C’est positif tout ça, c’est une belle démarche éco-citoyenne, c’est nécessaire, c’est évident, on se sent mieux dans sa tête et dans son corps. Mais quel sens ça a, où est la cohérence si derrière on prend l’avion pour ses petites ou grandes vacances ? C’est comme éteindre un feu puis en alimenter un autre, bien plus gros, à côté.img_9564

Dans ses prochaines rubriques, RelouMan aimerait parler des sujets suivants :

  • Thaïlande, le scandale. Encore moins de piétons qu’aux USA. Pas foutu de faire 3m sans un scooter
  • Macron, la blague. Des gens vont vraiment voter pour un banquier ?
  • Madoff, premier ministre de Macron. Pourquoi pas ? La réaction de Bernard Tapie
  • Le tatouage, symbole de la pensée unique ?

Pour rentrer de Koh Lanta, ça semble encore très compliqué. Les Lapins ont apprécié l’aller mais tout de même pas suffisamment pour remettre le couvert. Alors on leur prend des billets d’avion, BOOOUUUUHHHH !!! Krabi – Chiang Mai, direct, 1h45 de vol, une demi tonne de CO2 par passager, une balle dans la tête d’un ours blanc, un bout de glacier en moins dans les Alpes, un doigt d’honneur au futur de l’humanité.img_9738

Nous, on lâche rien, on veut faire ce voyage sans avion, on arrivera 2 jours plus tard. Par écologie, évidemment, mais aussi par cohérence avec notre mode de déplacement principal. Pour l’écologie, on en vient à penser que nous, le monde et ses dirigeants sommes bien trop cons et individualistes et continuerons à brûler tout le pétrole possible tant qu’il y en aura du pas trop cher. Et si c’est pas nous, ça sera les chinois, les indiens ou les brésiliens. La prise de conscience est trop lente, les lobbies bien trop puissants.img_9740

Mais c’est le bordel pour rentrer autrement, il y a encore cette histoire de pont provisoire qui créé un gros bouchon, risquant de nous faire rater un train dont les billets sont à retirer dans le centre de Bangkok, risquant d’arriver trop tard à Chiang Mai pour déposer une demande de visa avant que le consulat ne ferme quelques jours, risquant de gâcher les précieux jours de vacance restant avec les Lapinos. Plein de demi-raisons qui nous poussent à être faible et à prendre l’avion également. BOUUUUHHHH !!

Bon, c’est super rapide, on est à Chiang Mai en une demi-journée à peine. On s’est déplacé, on n’a pas voyagé. Mais on fera comme Yann Arthus-Bertrand, on compensera notre émission de carbone via un don pour se donner bonne conscience. 20 € la bonne conscience, ça va, c’est pas trop cher.

Si on devait compenser le 1er voyage, ça serait plus de 300 € !

De retour à Chiang Mai et après notre étape galère du dépôt de dossier pour le visa (oui, on sera obligé de refaire la photo de Fred ça n’allait pas selon leur standard) , on réfléchit à la suite du programme pour nos lapinos. On choisi d’aller à Pai et Mae Hong Son pour leur montrer les montagnes du Nord de la Thaïlande et finir par un trek de 2 jours pour rencontrer les éléphants.

Avec Fred, on commettra une erreur logistique de réserver un bus avec notre hôtel. Il mettra plus de temps pour aller à Pai que le bus classique qui ne met que 3h. On arrive de nuit et il y a beaucoup plus de monde que lorsque nous y étions en décembre dernier. On retourne à l’hôtel / bungalow / camping ou on a logé la première fois et arrivons à trouver un bungalow pour 4 . Beaucoup d’hôtels sont complets.

Nous restons à Pai le lendemain pour trouver deux scooters et visiter le marché de nuit. Les lapinos pratiqueront leur activité favorite : le shopping !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

On décolle le lendemain avec les deux scooters et prenons la route vers Mae Hong Son (à 100 km de Pai) que l’on fera en une seule étape. On y arrive crevé, on a tous mal aux dos, au cul et Christiane à le cou bloqué (en mode Robocop) depuis la plongée sous-marine de Ko Rok.

On fait le constat que le scooter, c’est pas pour nous. C’est horrible et très chiant. Je préfère dix fois plus le vélo même si c’est dur parfois. Il faudra que je me souvienne de cette phrase lorsque je me plaindrais la prochaine fois en vélo.

A Mae Hong Son, on trouve un hôtel sympa pour les lapinos. On y restera 2 jours pour prendre le temps de récupérer, aller au marché de nuit et accompagner nos auvergnates dans leur quête perpétuelle du shopping. On en profitera pour boire des cocktails, se baigner dans les sources d’eau chaudes et faire les meilleurs massages traditionnels de Thaïlande.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

On reprend ensuite la route direction Pai mais on coupe le trajet en deux étapes. Sur la route qui va à Soppong, on fera une pause pour voir le pont en bambou et on stoppe à la Jungle Guesthouse chez Da, qui nous reconnaît, 1 mois après notre premier passage. Une dame super gentille qui fait très bien la cuisine. Ses frites maisons sont presque du même niveau que celles de ma mère. Trop bon ! On prendra du curry rouge, un poulet aux cacahuètes et un apéro bière – chips autour d’un feu de camp. Les bungalows sont rudimentaires mais c’est calme et sympa. Notre Chantalia n’est pas trop rassurée côté araignée mais elle n’en trouvera pas. Pas contre, moi, j’ai du en tuer une énorme dans notre chambre !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le lendemain, on arrive en début d’après midi à Pai. On rend les scooters et prenons un bus qui mettra bien que 3h pour faire le trajet du retour. Elle est horrible cette route en mini-van, tu es à doigt de vomir si tu es au fond du van. Tu les sens bien les 1864 virages ! Surtout avec une touriste chinoise qui vomit dans un sac juste devant toi.

De retour à Chiang Mai, on retourne au consulat le 26/01 avant leur fermeture pour récupérer notre passeport et notre visa. On attend une heure et les récupérons enfin !!! Nous sommes trop contents.

On retrouve nos deux lapinos heureux avec des paquets sous les bras. Et oui, la fièvre acheteuse a encore frappé.

img_9960

Du vendredi 27/01 au samedi 28/01, on part tous les 4 en trek organisé pour faire différentes activités. Le 1re jour, on arrive à un camp d’éléphants. Ces derniers ont été récupérés auprès de paysans du coin ou de cirques. Les éléphants ont été beaucoup utilisé dans les forêts pour tracter des troncs d’arbres, travaillant péniblement plus de 10h par jour. Nous leur donnons à manger et les lavons dans la rivière. C’était vraiment sympa à faire. Ils sont très impressionnants.

Ensuite, on marche 3h sur des pentes très raides. On arrive dans un village ou on passera la nuit dans une sorte de cabane en bambou. Le trek est sympa et pour une fois, je suis en forme. Par contre, je le payerai au retour avec d’importantes courbatures.

Nos deux lapinos épatent tout le monde. Ils sont une pêche d’enfer même en côte. Ils mettront la pâté à une femme thaï de notre groupe qui finira la montée en moto taxi alors qu’elle n’a que 50 ans. Bravo los lapinos !!!

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le 2ème jour, on marche deux heures pour se rendre à une cascade et on finit par une sorte de ballade en rivière sur un radeau en bambou. Puis, retour en fin d’après midi sur Chiang Mai.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’heure du départ a sonné pour nos petits Lapinos qui vont devoir retourner dans leur terriers en France. On profite de cette journée à Chiang Mai pour bourrer les valises, faire des massages thaï et prendre un dernier verre avant de les raccompagner à l’aéroport.img_0169

Merci à Lapin 1 alias Christiane et Lapin 2 alias Marie-Andrée de nous avoir supporté, d’être resté avec nous pendant ces 4 semaines. On s’est bien amusé et c’était super sympa ce mois de vacance.

Oui, je dois bien reconnaître que c’était chouette de retrouver nos petits lapins et de passer ce mois ensemble, même si la liberté et l’autonomie du vélo m’a beaucoup manqué au début et que j’ai eu du mal à me couler dans le bain du tourisme traditionnel. Et putain que ça fait mal au cul le scooter !

Mais Koh Lanta valait vraiment le détour, ainsi que – voix de fausset – passer du temps avec ma chère géni… heu maman. Maman, je ne t’en veux presque plus d’être né prématurément et d’avoir des tendons merdiques.

Voilà, on était censé repartir aujourd’hui, le 30 janvier. Mais depuis hier, j’ai la gorge en feu, le nez qui coule et une légère fièvre. Enfoirés de lapins ! Ils m’ont refilé la myxomatose !! Y’a eu trop de bisous à l’aéroport, j’aurais jamais dû me laisser faire !

On reste donc une journée de plus à Chiang Mai, ça laisse le temps de rédiger ce gros article et de préparer le parcours à venir. L’envie d’avancer n’a jamais été aussi forte.

A bientôt.

img_0118

10 000 km – Vientiane

 

J 234 à 245 / de Luang Prabang à Vientiane / 424 km

  • 24/11/16 Luang Prabang – Namming = 57 km / +1100m
  • 25/11/16 … – Phouleuy = 47 km / + 1450m
  • 26/11/16 … – Hot Spring = 49 km / + 870 m
  • 27/11/16 … – Vang Vieng = 82 km / + 450 m
  • 28/11/16 Vang Vieng = balade de 30 km
  • 29/11/16 Vang Vieng – Hin Heup = 63 km / + 280m
  • 30/11/16 … – Vientiane = 96 km / + 360 m – 10 000 km !!
  • 01 au 05/12 Vientiane = en attendant le visa thaïlandais

 

Le système organique du cyclo se décompose en : circulation respiratoire, circulation sanguine, et circulation routière, celle-ci commandant les deux autres.

img_8383

L’article précédent se terminait dans un suspense insoutenable avec une histoire de fièvre tropicale pécolesque et on espère que vous avez été nombreux à paniquer dans vos humbles chaumières, vous rongeant les ongles, au bord de l’ulcère, tenant fébrilement votre smatphone dans l’attente du ding-dong signalement l’arrivée d’un nouvel article, ne pouvant – c’est tragique – suivre qu’à moitié Plus belle la vie et ne donnant même plus à manger au chat.

Mettons un terme immédiatement à votre supplice : après une nuit de repos et une autre suée nocturne, Bibi est d’aplomb pour se recoucher sur son drôle de vélo. Même Bibette est contente de repartir et d’aller bouffer un peu de montagnes.

Au bout de 20 km plus ou moins plat, on commence une ascension qui nous prend des heures à notre rythme d’escargot. L’humidité a monté d’un cran et les t-shirt sont mouillés en permanence. Au col, c’est magnifique et on regrette de ne pas pouvoir y camper par manque d’eau.img_8346 Alors on descend, forcément, c’est rare que ça monte après un col. En bas, on a le très vague espoir de trouver une guesthouse ou un coin d’herbe pour poser la tente en bord de rivière. Que dalle, le village est charmant mais on doit continuer un peu, remonter un peu et demander à des habitants si on peut poser la tente dans leur cour.

Ça fait du bien de camper à nouveau, le voyage a beaucoup moins de charme quand on va de guesthouse en guesthouse. Et il était temps de déballer le matos car ça commençait sérieusement à moisir avec l’humidité ambiante, la tente se transformait tranquillement en champignonnière. On profite d’un robinet pour se laver à grandes eaux, sans choquer les Laotiens qui ont l’habitude de se laver en slip devant tout le monde. Le spot est sympa, la forêt est étonnamment silencieuse (très peu d’oiseaux), les moustiques discrets, et la nuit apporte rapidement sa fraîcheur.

On se lève à 6h30 pour être à 8h sur les vélos. Aujourd’hui, le ciel se dégage très rapidement et on sue tout de suite « like a whore in a church » comme dirait la Reine d’Angleterre. Ça grimpe pas mal et lors d’une pause cacahuète-tête-sous-une-source-d’eau, nous somme rejoins par Brigitte et Nico, partis un peu plus tard que nous la veille.p1110406

Ces 2 là, c’est des monstres, ils font 2000 kilomètres par mois depuis leur départ de France début mars, ils ne se reposent jamais. Alors on est tout content quand on constate qu’on grimpe presque à la même vitesse et on se fait une très belle étape ensemble, clôturé par un bivouac 10 millions d’étoiles.

Le lendemain, c’est l’étape de rêve dans les plus beaux paysages du Laos, avec des villages toujours aussi jolis et des gens toujours aussi souriants. Arrivés en haut de la montagne, un panorama incroyable fait de massifs karstique se dévoile devant nous. img_8414On se régale les yeux mais ça remplit pas l’estomac, alors on file dans un resto un peu plus bas. En bon cyclo, on étend les toiles des tentes mouillées au soleil avant d’aller manger.

Une longue descente et une courte montée assassine nous amène ensuite à une source d’eau chaude, l’endroit est magnifique et on peut monter les tentes dans des cabanes sur pilotis, sous les cocotiers. Ouais, c’est une putain de journée. img_8432Après un long bain seuls dans les sources, on se fait un concert de réchaud et un bon gueuleton : patates sautées, poêlée d’aubergine et fondue de courgette coco-curry-aneth de la part de nos compagnons de route. Les patates sautées, c’est vraiment le truc qui nous manque le plus je crois. On en refera plus souvent, faudra juste qu’on trouve une plus grande poêle qui laisse pas 1 cm de croûte brûlée au fond.

Le lendemain, on se lève tôt et filons… 15 mètres, Brigitte a un pneu à plat, le 1er en 17000 km. En démontant, Nico se rend compte qu’il y a d’autres trucs à réparer et on démarre sans eux. Alala, ils ont trouvé un sacré prétexte pour ne pas avoir à avouer qu’ils n’arrivent pas à nous suivre ! Mais on a vu clair dans leur jeu ! Alice et Benoît avait déjà fait pareil avec des prétendus « chiasses », comme ils disaient, moi je trouve ça très vulgaire.p1110424

La route est toujours aussi belle même si c’est un poil moins impressionnant que la veille. Lors de notre pause banane sous une paillote, ils nous rattrapent tout de même (m’étonnerait pas qu’ils aient fait du stop) et on repart ensemble pour arriver assez tôt à Vang Vieng.

Vang Vieng, c’est le summum du tourisme classe au Laos : jeunes australiens, français ou anglais bourrés dans la rue en pleine après-midi, nanas en string rapportant leur bouée après du tubing sur le Mekong, occidentaux perdus en quête de drogues pas chers regardant de vieux épisodes de Friends dans les bars et quelques quinquagénaires pris de fièvre jaune. Oui, je généralise un peu, certains regardaient The Big Bang Theory.

On trouve une agréable guesthouse dans nos prix et pendant qu’Ophélie nous enregistre, nous pouvons admirer TOURISTATOR, un magnifique japonais réalisant un super-combo, dommage que j’ai pas eu le temps de prendre une photo :

  • T-shirt BeerLao (équivalent local de Kronenbourg)
  • sarouel motif éléphant
  • tongs
  • appareil reflex à 2000 € en bandoulière
  • sac banane

Grandiose, il manquait juste le chapeau « I love Thaïlande » et le badge « HardRock Café – Melun ». Et un porte-clef Hello Kitty.

On est écœuré par tout ça et renonçons rapidement à un quelconque tour organisé, alors qu’on était plutôt partant pour une petite descente en kayak suivi d’une visite de grotte. Mais ça fait trop usine alors on zappe. Peut-être que le voyage à vélo rend asocial, sûrement qu’on l’était déjà pas mal avant de partir mais on n’a pas du tout envie d’être assimilé à cette minorité de touristes donnant une drôle d’image de l’occident.img_8535

Alors le lendemain, pendant qu’Ophélie profite du balcon de notre chambre pour faire son activité favorite (la lessive) et que Brigitte et Nico filent (z’avaient dit, ils se reposent jamais), je pars faire une boucle à vélo à l’ouest de la ville. Les «  20 km peinards, j’en ai pour 1h » sont en fait 30 km sur une piste parfois bien défoncée sur laquelle je suis obligé de dégonfler les pneus. Mais ça vaut le coup, c’est beau, sauvage, paisible et il n’y a personne en dehors des buffles et des habitants des petits villages. J’aurais su, on serait venu planter la tente dans le coin, au bord d’une rivière.

Sur la toute fin, je croise des hordes de chinois en buggy brisant la quiétude des lieux. Dommage que j’avais pas ma herse, ou quelques clusters.

img_8510

j’ai eu un prof de physique-chimie qui avait à peu près la même tête, en moins avenant

Le soir, on tombe par hasard sur une pizzeria tenue par un français et on est pas passé loin de l’orgasme en y dînant avec Tim, notre nouvel ami australien. On s’entend toujours au poil avec les australiens, surtout côté bouffe.p1110443

Le lendemain, on reprend la route avec Alessio et Binh, un couple italiano-franco-vietnamien avec qui on était plus ou moins en contact, ayant un ami (Chantal The Baroudeur) en commun. Le courant passe très bien, forcément, surtout qu’Alessio était chef d’un resto étoilé à Paris. Ce mec s’est donné pour mission de goûter à tout, tout le temps, même dans un petit village paumé il arrive à nous dégoter des brochettes d’escargots grillés pour la pause du midi, avec l’inévitable sticky rice (riz collant).

p1110451

spot de camping en face !! STOOOOOP !!

En début d’après-midi, en passant sur un pont enjambant une superbe rivière, Alessio et moi pilons devant la vue d’un spot de bivouac de fou. Il ne nous faut pas longtemps pour convaincre les filles et Tao (un chinois qui voyage avec nous, adorable même si on ne peut pas communiquer) de se poser là. Papotage autour des tentes, longue baignade, petite lessive et repas au bord de l’eau, la belle vie de cyclo.img_8578

img_8564Vers 20h30, alors qu’on est tous sous nos tentes, les paupières lourdes, des flics à scooter débarquent avec des lampes de poche. L’un d’eux a une kalachnikov en bandoulière dans son dos. Ils nous expliquent qu’on ne peut pas rester ici, que c’est dangereux à cause du pont, que après-demain c’est un jour férié, que mon cul sent la groseille, que blablabla… c’est pas clair, on comprend rien. On leur demande pourquoi ils sont pas venus avant alors qu’on était là avec nos tentes depuis 15h, qu’on est fatigués, qu’on a trop la flemme de tout plié et qu’on n’ira pas dans une guesthouse, sauf s’ils payent pour nous (et qu’ils nous apportent des croissants au petit déjeuner suggérera Ophélie, toujours à l’affût). On discute calmement, on sent bien que les mecs font juste leur taf, ils sont plutôt sympas mais au bout d’une heure de palabre, on se résout à les suivre et plions les tentes déjà trempées pour les remonter 500m plus loin, juste à la sortie du pont très très dangereux, va comprendre. Ophélie a le pneu avant à plat et un bar karaoké juste en face fait trembler le sol, ambiance. Mais on se trouve un coin d’herbe moelleux, les flics nous disent au revoir, le bar ferme et on passe une bonne nuit au calme finalement.p1110459

Levé à 6h30, comme d’hab, déjeuner très copieux, comme souvent, et nous voilà repartis. On avait prévu de prendre une route secondaire et d’atteindre la capitale Vientiane en 2 jours mais cette histoire de jour férié nous oblige à filer afin de faire notre demande de visa Thaïlandais à temps. La route est plate, les paysages beaucoup moins intéressants, alors on se met en mode Pedalators avec écouteurs dans les oreilles, s’offrant tout de même quelques pauses gourmandes, surtout quand on arrive à repérer les stands vendant du jus de canne à sucre. Avec un peu de citron vert, j’vous raconte pas.

Et hop ! 10 000 km au compteur ! Enfin virtuellement puisqu’on a plus de compteur mais on sait où on en est.

On arrive à Vientiane rapidement et rejoignons une guesthouse qu’Ophélie avait repéré sur internet. Oui, en ce moment, le repérage de guesthouse est sa 2eme grande passion après la lessive. Pour le coup, elle a vu juste et on s’offre 4 nuits dans une ancienne villa coloniale fleurie avec petit déjeuner inclus et… piscine !! Des vrais vacances en attendant nos passeports qui resteront 5 jours au consulat Thaïlandais à cause de 2 jours fériés et du week-end.

Dans notre villa (prononcez nôôôôtre villââââ), une française nous laisse des affaires qu’elle ne ramène pas chez elle, dont un somptueux maillot de bain une pièce.

img_8712

Vientiane n’est pas le pire endroit au monde pour rester bloqué 5 jours, la ville est petite, aérée et agréable. Entre siestes et baignades, nous retrouvons chaque jours nos amis cyclos autour d’assiettes de Pad Thaï, de saucisses laotiennes, de riz sauté et de soupes de nouilles. Le soleil des derniers jours nous a explosé les lèvres et le mélange épice / citron vert nous donnerait presque envie d’être nourri par intraveineuse.

img_8605

Nous allons également visité le musée de la COPE, une organisation à but non lucratif venant en aide aux survivants d’explosion de sous-munitions : création de prothèses, rééducation et sensibilisation. Le bombardement du pays a été tellement massif que la vente des résidus de bombes aux ferrailleurs est toujours un vrai business. Aux risque de leurs vie, des laotiens, souvent enfants, arpentent les forêt en quête de bout de métal.

Les restes de bombes servent également dans leur vie quotidienne : pilotis pour leurs maisons, ustensiles de cuisine, échelles, divers outils…

D’après ce qu’on a appris, la dépollution du Laos serait le 1er employeur du pays avec environ 5000 salariés, juste devant les brasseries Beerlao.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Dans une salle, on peut visionner des interviews de victimes de sous-munition de par le monde : Laos, évidemment, mais aussi le Maghreb, l’Arménie, le Tadjikistan, le Liban, l’Afghanistan… la liste est très longue et les témoignages bouleversants. Je retiens celui d’une femme arménienne qui a perdu d’un coup son mari et 2 de ces fils lors d’une explosion dans un champs. Encore sous le choc, elle ne voit pas partir sa fille à vélo. Demandant à un de ses autres fils où elle est, il lui répond qu’elle voulait voir les corps, restés sur place. 10 minutes plus tard, elle entend une nouvelle explosion…

On est un peu secoué en rentrant et alors qu’on marche dans une rue tranquille, un gars déboule et passe juste à côté de nous en courant, pieds nus et menottes aux poignets, suivis quelques secondes plus tard par des policiers armés. Le mec vient de s’enfuir d’un commissariat ! Notre petite troupe tourne au coin de la rue quelques mètres plus loin et nous entendons 2 coups de feu espacés. Je vais jeter un œil mais ils sont déjà loin, ils ont dû le manquer, vu la pétoire qu’ils avaient, ça serait pas étonnant. On l’espère.

Bon, on ne peut pas finir cet article sur des notes si sombres. Alors voici quelques clichés en hommage aux quelques Lady-boys qu’on a croisé jusqu’à maintenant. L’occasion aussi de vous présenter Miss Vientiane 2016. J’aimerais comprendre un jour pourquoi j’aime tant me ridiculiser.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Demain, on entre en Thaïlande.


Petite précision : si je ne m’occupais pas de lire entièrement les guides de voyage des pays que nous allons visiter, nous ne n’aurions pas beaucoup d’info sur les sites sympas à visiter, hôtel et restaurants … Chose qui ne passionne guère le Responsable d’Expédition de ce voyage mais qui a de l’importance pour trouver des endroits bucoliques …

Ce n’est pas ma seule passion dans la vie ! A bientôt chers lecteurs

Petit message personnel pour mon grand-père dont c’est l’anniversaire le 06/12.Bon anniversaire grand père !!!

Ophélie


BONUS

Rubrique santé et animaux, cette semaine, nous vous présentons :

  • un œdème à la main dû à une morsure de fourmi
  • Un rat tatouille de toute beauté. Je sais que notre lectorat est en manque d’animaux crevés. Y’a même un sociopathe de l’Aisne qui m’a envoyé les photos d’un chat mort en nous écrivant « petite pensée pour vous ». Vianney, ce rat est pour toi.img_8350
  • Et un animal mystère. Il était encore chaud.img_8549