Des plats, 2 pachas, Sarah, raplapla, des pandas, d’autres plats et un grand Bouddha

  • 08-09-10/10/2016  Urumqi, chez Catry
  • 11-12-13/10/16  Urumqi-Chengdu = 17 km à vélo + 3000 km et 45h en train
  • 14 au 19/10/16  Chengdu = en mode loukoum chez Sarah et Scott

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Amoureux de vélo, de dénivelé positif, de sueur et d’effort, vous êtes dispensez de lecture. Ces 16 derniers jours, nous n’avons roulé que 2 fois et demi. Mais on a des circonstances atténuantes comme : le train (2 jours), la crève (3 jours), des pandas (1 jours), un Grand Bouddha (1 jours), les amis (10 jours) et LA BOUFFE DE MALADE (tous les jours).

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Non, ce n’est pas la sœur de Jacky Chan au milieu

On reste donc 4 jours chez notre hôte Catry et sa famille. Ils sont adorables avec nous et nos estomacs. Les chinois sont dingues de bouffe, on ne peut que s’entendre avec ces gens là. Pour les remercier de leur accueil, on leur prépare un repas français un soir : purée-saucisse, crumble et vin rouge.

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Notez la position de la cuillère d’Ophélie. Pile au dessus de l’assiette, prête à faire un carnage. Ses yeux crient « grouille-toi de prendre ta putain de photo !! »

Oui, ça envoie pas du rêve mais on a fait comme on pouvait avec ce qu’on a pu trouver. Si on avait trouvé du jambon, on aurait fait coquillette-jambon, mais y’avait pas de coquillettes.

La purée était vraiment pas mal du tout avec du vrai lait, des vrais patates et une demi-plaquette de beurre (la grosse mission pour trouver du beurre). Mais elle a pas eu vraiment de succès, sauf pour nous, évidemment, et le mari de Catry. Mais il n’est pas allé jusqu’à se resservir quand même, contrairement à Ophélie, 2 fois. Catry est quasiment incapable de manger non pimenté, comme un français avec son sel. Côté crumble, c’est presque un carton plein, sauf pour la gamine qui trouve ça beaucoup trop sucré, alors qu’on l’avait beaucoup allégé. Les chinois mangent très peu sucré. Le vin, comme tout ceux qu’on a gouté jusqu’à maintenant, est très léger. Après le repas, on se matte un film d’horreur, au top.

Le lendemain, pour nous remercier de l’avoir remercié, Catry, qui ne cuisine jamais, fait venir sa maman pour impressionner les 2 faguo. Là, on a le droit à une démonstration :  en 2 heures, avec 1 wok, un fait-tout, une poêle et uniquement des produits frais, elle nous sort un repas de Noël. C’est à tomber par terre, encore meilleur qu’au resto de la dernière fois. TOUT est bon, TOUT est nouveau, TOUT est surprenant, même les légumes verts ! Incroyable, on bave devant une assiette de branches de céleri !p1110114Rien que pour moi, elle a fait du lard caramélisé. Je manque de vocabulaire pour décrire la façon dont ça fondait dans la bouche.

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C’est là qu’on est content de ne pas être dans une famille Ouïghour (musulman)

C’est un miracle que je n’ai pas été malade après tout ce que j’ai avalé. L’estomac d’Ophélie flanchera le lendemain, pas facile pour lui de passer d’un coup de 6 mois de régime quasi végétarien à cette orgie.

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Voici les « œufs d’un siècle ». Oui oui, c’est bien des œufs. Ils ont passé 45 jours dans un mélange de… nan vaut mieux pas savoir. J’ai gouté, c’est pas mauvais mais c’est pas le genre de truc auquel je penserais en premier pour un pique-nique en amoureux. Un bon sandwich à l’andouillette reste une valeur sûre.

Pendant le repas, le mari de Catry s’évertue à endurcir mon foie en me servant son alcool à 52°C et de la bière, en plus du vin bien sûr. J’aime pas picoler mais il est tellement sympa qu’on n’arrête pas de trinquer. A la fin de la soirée, il sait dire « santé » et « à la tienne » sans aucun accent. On a fini la bouteille à 3 avec Mamie Liu, elle a une descente de samouraï celle-là.img_7367

Après le repas, on rampe jusqu’au canapé et matons un film pendant que d’autres vont jouer aux domino avec Grand-Mamie Liu. Elle est à fond dedans, ça rigole pas. En plus, ils ont une table du future avec des trappes qui s’ouvrent et une machine qui tri les dominos et les distribuent aux joueurs.img_7374

Quand toute la petite famille est reparti, on reste entre homme avec le mari de Catry et on se matte Hitman 2 et un autre nanar en buvant des bières. Je crois même que j’avais coincé ma main dans ma ceinture, comme Al Bundy.p1110127

Le dernier jour, avant de nous déposer à la gare, ils nous emmènent à un parc, îlot de verdure au milieu du béton. En haut de la colline, il y a un temple où les gens viennent allumer des cierges et de l’encens pour que leurs prières se réalisent. Catry a dû prier pour qu’on ne refasse pas de purée.

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Ensuite, on va faire un tour au « grand » bazar d’Urumqi. Bon, après l’Iran, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan, on n’est pas subjugué mais ça fait plaisir. C’était comme un au revoir à la culture musulmane et aux quelques mois délicieux qu’on a passé au milieu de ces terroristes.img_7444

Il est temps de se dire au revoir. Les Chinois ne sont pas très tactiles alors on se contente d’une poignée de main, tant pis pour le câlin.

Nous sommes à la gare et voyageons légers. Nos vélos et 39 kg de sacoches voyagent en fret, on avait amené tout ça la veille. Traverser Urumqi à vélo s’est avéré facile et presque agréable mais on a quand même mis 2h pour faire 17 km à cause des bouchons et des feux rouges. Heureusement qu’on en a grillé la plupart.

Vraiment efficace ce système de fret, on rêverait de ça en France. Tout ceux qui ont osé prendre un train SNCF avec leur vélo savent de quoi je parle. Sauf ceux qui ont préféré se jeter sur les rails après avoir gouté à la courtoisie et la compréhension d’un contrôleur.

Dans le train, on a choisit l’option grand luxe et on s’installe dans notre compartiment 1ere classe : 4 couchettes avec couette et oreiller. La vie s’organise et on découvre nos collocs :

  • une dame souriante et discrète qui passera beaucoup de temps à prier assise en tailleur. Les asiatiques ont cette faculté qu’on leur envie, on se chope tout le temps des fourmis dans les mollets ou les pieds quand on est en tailleur, c’est à dire à chaque fois qu’on mange en bivouac.
  • Une MILF coquette et qui se fera discrète une fois qu’Ophélie l’aura bien engueulé et sorti du compartiment pour avoir répondu au téléphone à 1h du matin.

Le temps passe vite, on bouquine, regardons le paysage (on revoit des yaks et de la neige !), des films sur le netbook et je profite du temps libre pour faire le 2eme montage sur le Tadjikistan (entre 2 épisodes de Walking Dead). Pour les repas, il y a un robinet d’eau bouillante dans chaque wagon et on peut se faire des noodles, qu’on a amené en quantité, avec des fruits. Un peu triste les noodles 2 minutes, alors on va jeter un œil au resto et – Ô la bonne surprise – on peut y manger du bon sans y laisser un bras comme en France. Alors on se régale de tofu cuisiné et de riz pour 1 ou 2 euros.

Après 2 nuits et 2 jours, on arrive à Chengdu, capitale de la province du Sichuan, à l’Est du Tibet, au Sud du pays, au Nord du Yunnan. Enfin là quoi :china_sichuan-svgOn récupère de suite nos vélos, arrivés la veille, et filons dans la ville vers nos hôtes Warmshower (réseau d’hospitalité pour cyclistes). La shower, on la prend avant d’arriver chez eux, grâce à la pluie. Heureusement, elle est warm et on apprécie ces 7 km de nuit dans ce patelin de 13 millions d’habitants (5eme ville du pays). Il est très facile d’y circuler grâce aux larges avenues et aux voies dédiées aux vélos (0,5%) et scooters électriques (99,5%). Ainsi, on se déplace en douceur sous des échangeurs monstrueux avec des routes à 4 voies se croisant sur 5 niveaux. On pourrait se croire à Los Angeles. Enfin, dans le quartier chinois de Los Angeles.

On trouve rapidement nos hôtes, au 30eme étage d’une tour : Sarah et Scott, la trentaine, australiens, partis à vélo d’Écosse en juin 2014, arrivés à Chengdu 18 mois et 12000 km plus tard.Depuis, ils travaillent en tant que prof d’anglais afin de regarnir leur compte en banque et remonterons en selle début décembre pour la suite de leur périple : plateau Tibétain (en décembre !!), Asie du Sud-Est, Inde puis les Amériques avec un Alaska-Ushuaïa, les veinards.

On devient tout de suite copains pour la vie, comme ça arrive parfois. Comme on a attrapé un bon rhume, on reste 3 jours à glander et à tousser. Cette toux, on se la coltinera en fait durant tout notre séjour à Chengdu, à cause de la pollution, de ce smog permanent, alimenté par les innombrables usines ceinturant la ville. Sarah et Scott ont aperçu les montagnes au loin seulement 1 fois, lorsque les usines se sont arrêtées pendant les vacances nationales.

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Juste 2 chiffres :

  • Paris, un mauvais jour = 40 (taux de particules fines, je ne connais pas l’unité de mesure)
  • Chengdu, un jour normal = 150

Ce taux monte régulièrement au-dessus de 200 (ne pas sortir de chez soi) et atteint parfois 300 (retenir sa respiration / se promener avec sa belle-mère). C’est carrément dangereux pour la santé mais le gouvernement chinois arrive à garder ses citoyens complètement désinformés. Ce smog est donc un phénomène météo normal pour les habitants alors que, théoriquement, il faudrait porter un masque à gaz et équiper les appartements de filtres à air afin d’éviter les effets néfastes à moyen terme.img_7454

Mais Chengdu a ses avantages : LA BOUFFE ! On a encore pris une claque monstrueuse avec les pains vapeurs, les raviolis, les nouilles, le poulet aux cacahuètes, le bœuf je-sais-pas-quoi, le porc à pleurer, les légumes inconnus, les fruits nouveaux, les quelques pâtisseries, la street food, les brochettes, les épices surprenantes…

img_7621Et comme on s’est à peu près habitué aux piments, on profite à fond. Et le comble : c’est pas cher. On mange souvent pour 1 euros chacun et pour 4 €, c’est Noël avec plein de plats différents.img_7462

J’étais pourtant persuadé que la France et l’Italie tenaient le haut du pavé mais mes certitudes sont ébranlées devant une telle variété de saveur, de texture et d’ingrédients, même dans les petits restos bon marché, tout est frais et cuisiné à la demande. La gastronomie française est fantastique mais on s’imagine un chinois en France, devant lâcher un rein pour un repas qu’il trouvera forcément assez fade. Et il aura de la chance s’il tombe pas sur ce qui compose une bonne part de la restauration français : Mc Do, Quick, Burger King, Kebabs, Flunch, Buffalo Grill, Pizza Del Arte, La Boucherie… et autres rois du surgelé.

Entre 2 restos, on cuisine pour nos potes australiens : tartiflette, mousses au chocolat, crêpes et crumpets.

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On retrouve également Alice & Benoît, comme si on s’était quitté la veille. Ils avaient pas mal de trucs à faire comme faire réparer leur ordinateur  et faire le plein de particules fines à vélo mais ils arriveront à se libérer in extremis pour la mousse au chocolat. Benoît devra se battre pour ne pas se faire piquer sa part, je pense qu’Alice serait capable de tomber enceinte juste pour en avoir plus. Nous ne reprendrons pas la route ensemble car ils filent en bus vers le plateau tibétain et ses cols au-delà de 4000m. De notre côté nous n’avons pas le courage ni l’équipement pour aller passer des nuits à -10°C. Il faudra définitivement qu’on revienne en Chine, longer le désert du Taklamakan, grimper sur le plateau, boire du lait de yak… Plus je pédale, plus j’ai d’idée, heureusement que ça fait longtemps que j’ai fait une croix sur ma carrière professionnelle.

On fait la rencontre de Nico et Brigitte, un couple de cyclo dont Ophélie suivait de loin le blog depuis la Turquie. Moi, je boycotte les blogs des gens qui roulent plus vite que nous, c’est comme ça. C’est des monstres, sans forcer je crois qu’ils ont fait 2 fois plus de kilomètres que nous dans le même temps, et ils ont presque l’âge des mes parents ! Il y a plus de 20 ans, ils ont traversé l’Afrique, toujours à vélo.

On papote entre 2 bouchées de tartiflette et Nico nous apprend qu’il est le responsable de la création de l’Eurovélo 6. Carrément, la plus long itinéraire cyclable de France, plus connu sous le nom « la Loire à vélo ». Et on a un ami en commun, Yves Chaloin. Le monde des cyclos est riquiqui.

On passe du bon temps et on s’entend tellement bien avec Sarah et Scott. On devait repartir lundi, puis on repousse à mardi. Sarah insiste pour qu’on reste et emploi les mots « jouer au ping-pong », « matter un film » et « se faire une bouffe de ouf ». Alors on reste aussi le mercredi à cocooner avec eux. On espère vraiment se croiser dans 3 mois en Thaïlande, afin de sceller cette belle amitié (autour de quelques plats Thaï, tiens ? pourquoi pas ?)

Bon, on a tout de même fait un peu de tourisme et on vous laisse avec les photos du jolie parc à panda de Chengdu. Vous pouvez cliquer pour agrandir. Y’a des bébés Panda !! Ils ont le même mode de vie que nous à Chengdu : 50% du temps à manger et 50% à dormir. Ils ont tout compris.

A la prochaine, pour le Grand Bouddha, un peu moins de gras et du vélo, tralala !

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Le Tadjikistan en vidéo II – Les Yaks contre-attaquent

Merci à tous pour vos petits messages suite à l’article précédent. On a besoin de ça de temps en temps pour se motiver à se coltiner quelques heures derrière le clavier.

On note tout de même qu’un certain nombre d’entre vous désire que l’on ait des relations sexuelles avec des animaux morts. Oui, ça fait bizarre quand on l’écrit comme ça. Ça s’appelle de la zoo-nécrophilie. Il me semble que c’est un crime, même s’il doit être très difficile pour l’accusation de prouver que l’animal n’était pas consentant, surtout s’il ne reste que la tête et les pattes avant, hi hi hi. Bref, on a les followers qu’on mérite et on en est très content !

Voici le dernier powerpoint des studios PLPD. Accrochez-vous, mettez le son à fond, je me suis pas foutu de votre gueule pour la musique cette fois. Même si je sais qu’un paquet a apprécié les What4, secrètement.