Follower du mois : AVRIl 2016

Voilà, le moment est venu. Vous vous êtes vraiment bien battus et vos commentaires nous ont fait très plaisir, nous communiquant un enthousiasme dont on avait besoin en ce début de voyage.
Le Grand Jury composé d’un Président Dictateur et mécanicien vélo, j’ai nommé Fredator 1er dit « cuisses de poulet », assisté de son commandant stratégique et responsable lessive, j’ai nommé Ranger  Ophélie dit « l’éclair blond », n’ont pas eu à délibérer longtemps. D’abord parce que Fred 1er ne délibère jamais et impose ses choix, c’est comme ça et c’est tout. Ensuite car l’un d’entre vous, dévoués Followers de nos cœurs, a su trouver les mots -il est très doué pour ça-, a su réveiller la flamme du voyage en soufflant sur ses braises encore tièdes, a prouver que ce blog a bien un but, au delà de réformer l’orthographe française, :  donner envie de voyager, à vélo et en autonomie si possible.
Alors j’entends déjà les mauvaises langues dire « ouais, ils vous a bien léché les couilles celui-là ! ». Et je répondrais « non, mes Frères ». Car déjà, c’est très vulgaire et Ophélie n’en a même pas. Et puis on a bien senti la patate que lui a filé les 1ers articles, alors que sa chère et tendre nous traitait de, je cite,  » petits bâtards » en sortant la tête du four. C’est une longue histoire.
Mais assez papoté, LE FOLLOWER DU MOIS D’AVRIL … roulements de tambours…EST… re-roulement de tambours…, MESDAMES ET MESSIEURS,… le net entier retient son souffle… PIERROT, plus connu sous le nom de Pierrot des Terrailleurs !

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Désolé Pierrot, j’ai ressorti des photos de ton press book « argentin coquin »

Bravo mec. Oui, tu t’y attendais mais je sais que tu es devant ton PC, probablement nu avec des charentaises (je ne sais pas pourquoi je pense ça), tout ébloui de cette nomination. Tu l’as ton titre, ça y est, Hosanna ! C’est officiel !

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Alors qui c’est Pierrot ? Pierrot, avec sa coéquipière Béa (celle qui avait la tête dans le four) sont les Terrailleurs, un couple ayant pédalé aux Amériques en 2013 sur des vélo-couchés. On s’est connu parce qu’on n’était pas 10 000 français à pédaler aux Amériques en 2013 sur des vélo-couchés. Ainsi, on s’est côtoyé par blogs interposés durant les 7 mois de leur voyage. Aux USA, on a été à 2 doigts de se croiser au Crater Lake, ce qui aurait eu de la gueule faut avouer. Ensuite, ils avaient 1 mois d’avance sur nous en Amérique du Sud et ils ont pu baliser le terrain pour nous, semant ici un compteur, ici un appui-tête de vélo ou encore là une mousse de siège. C’est même eux qui ont inventé le terme Panardos, z’avaient la flemme d’écrire Les Pieds Devant cette paire de feignasse.

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Le truc à capuche au bout de sa vie sur la gauche, c’est Béa. Ça sent la carretera australe bien fraiche venteuse cette photo

De là est née une sorte d’amitié virtuelle, renforcée par un beau voyage en commun. On ne s’est rencontré qu’une fois, lors de leur passage à vélo il y a 2 ans dans la plus belle ville du monde (dois-je préciser Chantilly ?)
Leur blog est un chef d’oeuvre. Quand je le lisais, j’me disais « les enfoirés, j’aimerais savoir écrire et raconter comme ça ». Même si y’a plein de mots que je comprenais pas, certains devaient être en latin. Ou en Goa’uld. Vivement que ce blog reprenne vie, même si ça raconte un voyage en J9 à Maubeuge, c’est pas grave.

Pierrot Vedett def

Cycliste… mais buveur de bière avant tout.

Pierrot, une réaction à chaud, là tout de suite en direct live ?
« Joie ! Bonheur ! Félicité ! Noël ! Noël ! J’ai enfin décroché une récompense ! Et pas n’importe laquelle : FOLLOWER DU MOIS D’AVRIL !
Vous ne pouvez imaginer mon émotion… Moi qui n’avais rien accroché à mon palmarès depuis le prestigieux titre de « meilleur rouleur de toile de tente » des crêtes pré-ardennaise, catégorie « tentes de moins de 4 places » en réussissant, en finale, à rouler et ranger une 4 places dans un sac décathlon 2 places en 1 minute 23 s.
Je suis tellement ému… Tiens ! Pour vous remercier, je vous offre un petit acrostiche en octosyllabes, comme ça… au débotté !

Partager un moment de gloire
Avec eux me redonne espoir
Ne rien leur donner que ma plume
Apaiser le feu du bitume
Rouler dans leurs pas par mes mots
Donner ma faconde en cadeau
Oser faire sortir de la friche
Sous mon âme un bel acrostiche « 

Neige, Météores et œufs durs

 

 
26/04/16  Ioannina – Metsovo =  57 km (+1400m)
27/04/16  Metsovo – Kastri (Météores) = 72 km (+800m)
28/04/16  Visite des Météores
29/04/16  Kastri – Krini = 93 km
30/04/16  Krini – Kato Gatzea = 86 km
01/05/16  LSD

Mais que se cache-t’il derrière ce titre enigmatique de « Neige, Météores et oeufs durs » ? Vous vous  dites peut-être qu’on a vu de la neige, les Météores et des oeufs durs. Et vous avez raison. C’était pas enigmatique du tout, en fait. On va quand même vous raconter en détail.

D’abord, à la demande générale d’une personne, voici notre trajet à jour :

Cliquez pour agrandir

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Après 2 jours tristounets et frisquets à Ioannina ou ces crevards de camping-cariste nous auront jamais invité à prendre un café ou rester au chaud 1 heure ou 2, nous sommes super contents d’enfourcher à nouveau nos vélos, malgré un temps toujours menaçant et 8°C au thermomètre.

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On passe la journée à monter, la route est déserte et on a des montagnes enneigées en ligne de mire tout le long. Cette étape reçoit le titre de « meilleure étape depuis le début du voyage ».

 

A un moment, on croise une p’tite vieille qui nous dit des trucs en Grec et en faisant des signes affolés. Alors, comment dire, le grecque est une langue complètement incompréhensible et nous pensons qu’elle a été inventé par les Goa’uld. L’alphabet est un mélange de chinois et de russe et l’oral ressemble à du roumain remixé.On capte que dalle. Mais elle fait « ouaf-ouaf » en mettant une main à hauteur d’épaule et l’autre pointant le haut de la côte. Ok, il semblerait qu’il y ait des chiens dangereux grands comme des poneys un peu plus haut. En effet, au détour d’un virage, on tombe sur une vingtaine de chiens hurlants. Ils nous ont repéré ces petits bâtards, leurs aboiements et leurs sales gueules ont de quoi faire caca mou.
On prend notre courage à 2 mains et marchons à côté des vélos. Le courage consistant en un tas de gros cailloux entassé sur nos sièges et un bâton. Et finalement c’était que des grandes geules et ils ne nous diront rien en passant. Mais valait mieux pas être sur les vélos, c’est sûr.
Ces chiens sont vraiment une plaie. On en croisera plein les jours à venir et faudra souvent descendre du vélo pour les caillasser et leur faire peur. Si javais su ça en croisant les chiots de l’autre jour, ça aurait « couik » le coup de Douk-Douk sous la gorge. Non, je plaisante, je ne suis pas un monstre. Leur crever les yeux et leur couper les papattes antérieures aurait été amplement suffisant. Et bien plus humain.

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Juste avant d’arriver à Metsovo, toujours sur cette superbe route. On croise Georges-le-charcutier-Bosniaque. Georges est tranquillement en train de déféquer à 5m du bord de route, froc baissé, vue sur les montagnes, la classe. On fait semblant de pas le voir mais lui s’en fout, se torche un peu trop rapidement pour que ça soit clean et vient carrément nous parler. Dans un mélange d’allemand, de grecque, de français et d’anglais, il nous propose de nous loger dans une chambre pour 20€. Pas cher sachant que Metsovo est le Courchevel grec, toute proportion gardée. Ok, tope-la ! heu non, tope-la pas mais on vient voir quand même.
Vu la tête du gars, on s’attend à loger dans une chambre chez lui, genre avec des sangliers pendus dans l’entrée et des furets en cage. Oui, parce qu’il faut que je vous explique son surnom. Il a un bide énorme,  est un peu bourru et crade. Du coup, on pense tout de suite à un charcutier bosniaque, logique. Ensuite Georges, car c’est ce que j’ai compris quand il a dit « Giorgieuosse » de sa voix gutturale en pointant un doigt sur sa poitrine. En tout cas, c’était pas Régis ou Jean-Kevin, c’est sûr. Encore moins Marie-Chantal.
Et là surprise, Georges est gérant d’un petit hotel tout ce qu’il y a de plus normal et il nous  fait la piole à moitié prix. Bah tope-la pour de bon. J’irais me laver les mains.
Nous irons visiter la ville et craquerons complètement devant les grillades d’un resto, alors qu’on avait prévu les pâtes-au-réchaud-de-crevard. On sait pas trop quoi prendre alors je dis au serveur que je veux la même assiette que le gars d’à côté, ça a l’air terrible. Ophélie prendra un shish kebab (porc grillé).
Grosse déception quand l’assiette arrive. C’est des abats grillés avec du foie. Les abats grillés, ça passe, c’est même carrément bon en fait. Mais le foie, ça reste du foie, l’un des rares truc  qu’on déteste.
On rejoint alors notre chambre froide ou le chauffage fera vaillamment passé la T°C de 11 à 14°C. Il fera 3°C dehors pendant la nuit.


Au réveil, grand soleil et grande forme pour finir la grimpette et passer le col à 1700m. La route est pratiquement à l’abandon et nous ne croiserons qu’un chasse-neige et une voiture en 2h. Superbe, sauvage, aventure.

C’est vraiment dans ce genre d’étape qu’on adore le vélo (le « on », c’est surtout Fred en fait). On se vautre tout les 2 sur la même plaque de verglas, atteignons le sommet-sans-panneau-sans-rien-tanpis-pour-la-photo, enfilons plien de vêtements car ça caille à mort et descendons à fond.

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En bas, on se retape une petite côte pour bien nous finir et on s’arrête pour manger, jambes tremblantes. On attend toujours le dernier moment pour bouffer. Du coup, on sort l’artillerie lourde : nouilles chinoises, quesadillas au fromage, nutella et un café pour arriver à se relever.

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Ensuite, c’est du bonheur : route magnifique à flan de colline, des troupeaux de brebis et moutons avec leur bergers (et leur foutus clebs), de la descente, du vent dans le dos et pour finir, une vue de fou sur les Météores ! Journée détronant la précédente au rang de « meilleure journée du voyage ». On se pose au camping Vrachos, au pied des rochers. Camping au top avec coin cuisine, tables, bancs, frigos et comble du luxe : du papier dans les toilettes.

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Le lendemain,9h, on monte en bus en haut des Météores et allons visiter le Monastère. On se fiche pas mal de la religion mais c’est jolie et y’a une belle vue. Dans une des salles, il y’a une fresque avec des gens qui se font décapiter à l’épée ou à la hache, ecarteler par des chevaux, écraser dans un pressoir, pendre, brûler, empaler, crucifier et même un mélange de tout ça pour les veinards. Y’avait même un gars qui plante des clous dans la tête d’un autre. Du sang gicle partout, on dirait une série B ou un dessin de Tarantino. On a pas bien compris le message mais ça devait être du genre : « voyez comme les religieux ont morflé, sentez-vous coupables et donnez-nous du fric ».
Le truc le plus chouette de cette visite, en dehors des belles fresques, restera l’achat d’une bouteille d’huile d’olive dans la boutique de souvenir. Ca faisait 1 semaine qu’on galérait pour trouver autre-chose qu’un bidon de 5 litres ou des grandes bouteilles d’1 litres.


Ensuite, on redescend par un chemin pédestre à peine indiqué sur les cartes. On se retrouve seuls au milieu des rochers, c’est génial. On croisera un paquet de gros lézard vert fluo et au moins une douzaine de tortues, dont 2 en train de… de… de… ô mon Dieu, pardonnez-moi cette expression…. de s’accoupler !


2 heures de marche et nous revoilà de retour au camping pour une après-midi LSD : Lessive – Sieste et Douche/Defonçage de bouffe/Dessin/Dénigrement des campings-caristes.

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Le lendemain, c’est reparti pour du vélo. C’est un peu le principe du voyage à vélo, faut pas l’oublier. Comme il pleut toute la matinée, on ne part qu’à 12h. C’est tout plat mais on se prend un petit vent de face qui deviendra bien méchant en fin de journée, s’intensifiant en même temps que notre fatigue. La nature est cruelle. Comme souvent, on a croisé plein de super coin à bivouac en route mais c’est quand il est temps de s’arrêter qu’on ne voit plus rien. Ophélie a alors la bonne idée d’aller trouver un couple de Goa’uld pour leur demander si on peut planter la tente sur leur petite exploitation (des noyers, des poules, qques moutons et une vache). On arrive à se faire comprendre, ça ressemblait quand même pas mal à une troisième manche de Time’s up.

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Yanis et Maria sont adorables. On leur explique tant bien que mal notre voyage, Maria vérifie qu’on aura pas froid cette nuit et nous apportera 4 oeufs extra frais et un sot d’eau pour la toilette. Ils repartent chez eux et on passe une bonne nuit pendant laquelle j’apprendrais qu’un chien peut aboyer en continue pendant plus de 2 heures. Je me rendormirai en pensant à mon Douk-Douk chéri. Ophélie dormira profondément grâce à ses boules Quies sur-mesure. Bourgeoise !
Au réveil, Yanis et Maria sont de retour avec une amie qui ne vient pas les mains vides : une grande brioche, du jus de fruit, des biscuits et des oeufs durs ! Trop sympa. Le voyage à vélo prend tout son sens dans ces moments là. Autant que dans les cols, en moins physique.
On leur dis au revoir chaleureusement et filons dans la belle campagne grecque. Des champs de blé vert, des coquelicots, des genêts, de l’aneth sauvage au gout d’anis et pas un chien. C’est beau comme un fond d’écran Windows 98. Oui, celui avec l’arbre en haut d’une colline.


Après une bonne séance de montagne russe et une pause dans un café dont la gérante nous offre 4 œufs dures (c’est Pâques), on déboule sur Volos, faisons le plein de nourriture et filons le long de la mer Égée sur la péninsule du Pelion.

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On atterrit au camping Hellas, une perle en bord de mer, à l’ombre d’oliviers plusieurs fois centenaires. En cherchant un emplacement, on se met à discuter avec un couple de retraités hollandais et il ne se passe pas 1 minute avant qu’on se retrouve avec une bière chacun dans les mains. Alors là, vous vous dites peut-être : « Tu vois Fred, ils peuvent être sympa les campings-caristes, soit pas si con ». Bah nan, ils avaient une caravane.


Une baignade et un deux pichets de blanc bien frais viennent clore cette belle journée.
Le lendemain, c’est repos + rédaction de ce long article + baignade. La Grèce nous surprend, on s’y sent vraiment bien, surtout à la campagne qui fait très « vieille France ». Après 3 semaines de vélo, on a enfin la grande forme, les jambes répondent bien et récupèrent vite. Ça fait du bien de ne plus chialer dès que ça grimpe ou qu’on dépasse les 5h de pédalage.
Demain, on met le cap au sud vers Delphe. Ensuite c’est le Pirée, la Turquie, les chiens  turcs, les visas… la route est encore longue. Et c’est tant mieux.
Et prochainement, vous l’attendez tous, la nomination du Follower du mois d’avril.