De la Caspienne aux « stans », dernier bout d’Iran

 

  • 16/07/16  Teheran – Chaloos – Nur = 200 km en bus + 60 km à vélo
  • 17/07/16  Nur – après Babolsar =  77 km
  • 18/07/16  … – après Neka = 78 km
  • 19/07/16  … – 20 km avant Gorgan = 82 km
  • 20/07/16  … – Gorgan= 23 km + repos
  • 21/07/16  … – Bojnurd = en bus + 10 km à vélo
  • 22/07/16  … – Shirvan = 75 km
  • 23/07/16 … – après Quchan = 78 km
  • 24/07/16 … – 30 km avant Bajgiran = 38 km
  • 25/07/16 … – Bajgiran (frontière avec le Turkmenistan) = 32 km

IMG_5364

Cette fois, chers followers, on reprend les vélos (et des bus) et on vous emmène dans un Iran incroyable où des paysages parfois pourris, une route dangereuse et puante, une météo tropicale insupportable et des gros lourds rivalisent en vain avec un accueil et une générosité hors norme. Voilà pour le teaser. Pas de rat crevé cette fois, mais un magnifique chien « Tex Avery ».P1100185
Avant qu’Alice et Benoit nous rejoignent avec armes (Azub) et bagages (beaucoup trop), notre ami-mangeur-de-patate Mohamed nous kidnappe gentiment pour une soirée dans les hauteurs de Téhéran, à 1 heure de métro. Il nous gâte et on a du mal à marcher après le repas. Une ballade digestive le long d’une rivière polluée, encaissée dans une gorge massacrée par les resto et bar à chichas, mais ça a son charme et il fait frais.P1100188
Le lendemain, les Transatos nous retrouve donc à notre QG, tout proche du terminal de bus  où nous nous rendrons le lendemain. On savait qu’ils étaient rudement chargés mais voir leurs vélos en vrai est impressionnant, ça défit les lois du possible et de l’équilibre. Nos lourds tanks deviennent de frêles gazelles à côté de leurs mammouths.

Écriture bleue = Ophélie au clavier. Enfin ! Au bout de 4 mois de voyage !
Comme d’hab, prendre le bus avec les vélos = STRESS / CACA MOU … En plus, on doit faire embarquer 2 gazelles et 2 mammouths avec des sacoches dans le même bus. Sur le moment, j’ai cru que l’on n’y arriverait pas. Après une négociation tarifaire réalisée avec brio par Alice, on commence à démonter les sièges des vélos car on s’aperçoit assez rapidement que ça coince avec la soute du bus… Mais on arrive à tout mettre dedans ainsi que les sacoches. On embarque pour Chaloos vers la mer Caspienne et je suis bien contente de voyager dans un bus climatisé lorsque je constate la galère pour sortir de Téhéran, les passages de tunnels étroits et les côtes en lacet .P1100207
En sortant du bus, on prend en pleine poire une chaleur lourde et étouffante. On vient de troquer du très très chaud et sec pour du très chaud et humide. On se dit que l’on va bien galérer en vélo les jours suivants. On attaque la route vers 13h30 après une glace offerte par un monsieur. La route est facile, c’est plat.
On prend une pause dans un parc car il fait trop chaud l’après-midi pour rouler. On nous offrira une brochette de poulet grillé.  Par contre, on aura droit au passage régulier de vendeurs de saladier en bois ou des propositions de balades à cheval.IMG_5182
Fred sera à deux doigts de la crise de nerfs, car notre gentil Mohammed de Téhéran nous appellera plusieurs fois sur le téléphone d’Alice pour qu’on le retrouve le soir.
Le soir, on s’installera sur la plage pour notre 1er bivouac malgré ma tête de boudou … IMG_5190Eh oui, je déteste camper sur la plage, le sable ça colle et tu t’en mets partout. En plus, la plage n’est pas très propre et il y a des familles qui mangent et mettent la musique à fond grâce à leur voiture garée sur la plage.
J’irais me baigner en tenue « ninja beach » (et non pas « Ninja Bitch »), c’est à dire un voile (le cache-cou), un t-shirt (pour rappel, je roule en manche longue toute la journée), un pantacourt noir (que je porte en dessous de mon pantalon standard pour éviter les crises d’urticaires). J’ai presque l’impression d’être à poil mais j’aurais préféré un vrai maillot bain car c’est pas très pratique pour se changer ensuite avec tout ce tas de vêtements mouillés sur soi. La baignade me déçoit un peu car l’eau est trop chaude. J’aurais voulu qu’elle soit fraîche comme à Cancale mais bon ça fait du bien quand même.
On mangera à la lampe frontale et un gars un peu lourd (qui nous parle en farsi alors que l’on ne comprend pas) viendra plusieurs fois nous rendre visite.IMG_5202
Nous reprenons la route après s’être levé tôt (à 5h48 selon la montre de Benoît et non 6h comme prévu par le Tiran) pour rouler jusqu’à 12-13h et faire une pause jusqu’à 16h et reprendre ensuite la route.
La circulation est intense par moment, il faut slalomer entre les voitures. On nous filme régulièrement, on nous demande d’où on vient, si on veut bien faire des selfies ect.. A force, c’est agaçant. Le pire c’est quand le gars te parle en farsi alors que tu ne comprends pas, alors on lui parle en français.
On fera notre pause repas-sieste-chaleur au bord de mer sous un petit chapiteau aménagé de tapis et de coussins. Les propriétaires de l’épicerie / chapiteau  nous accueillent comme des rois et ils sont très gentils. Fred, Benoît et Alice iront faire quelques baignades alors que moi je reste à comater sur les tapis.


Cette sympathique pause fera d’ailleurs l’objet d’une vidéo époustouflante signant le grand retour de Mehmet Buchannek, dès qu’on aura une connexion potable. On reprend la route, il fait 35°C à l’ombre avec 80% d’humidité. Alice est crevée et prétexte avoir « oublié son MP3 à la plage » pour aller se prendre un coca discretos pendant 1/2 heures, nous laissant en plein soleil, sur un rond-point, à la merci d’une horde d’Iranien aussi adorables que fans de selfies.

P1100222

« Hello, welcome in my country ! Where are you from ? I love you ! Thank you ! ». Y’en a un, c’est le fils de Mister T et de la Boule de Fort Boyard.IMG_5217 Ils nous filent du pain et on repart pour le classique plein-d’eau-recherche-de-bivouac. Même tard, même sur une route secondaire, le trafic reste intense. On a le sentiment qu’il y a 3 voitures par habitant dans ce pays et qu’ils sont tous sur la route, tout le temps.IMG_5228
On croise un bar à chicha, les filles partent demander l’hospitalité et on s’installe confortablement dans une cabane. Les mecs nous amènent du thé et des fruits, trop sympa. La douche, on la prend dans les toilettes, accroupis sous le jet de la douchette qui sert normalement à se laver le fion fondement… P1100227Donc, oui, on s’est lavé avec une chasse d’eau, grande première. La prochaine étape sera de se brosser les dents avec la balayette des chiottes. Même Mike Horn l’a jamais fait. Ni Chuck Norris.


Le lendemain, c’est reparti pour une étape hyper plate et hyper chaude. Les filles craquent presque en même temps sur une longue portion en ligne droite où des voitures nous frôlent en prenant des photos ou nous suivent lourdement pour faire des vidéos. Les Iraniens n’ont jamais été méchants ni agressifs mais leurs regards, leur présence, leurs « Where are you from ? » et leurs foutus smartphone nous étouffent parfois. Les larmes se mêlent à la sueur mais ça sèche vite et la rencontre suivante, 5 minutes plus tard, efface tout ça. Aref m’arrête en bord de route et nous invite tous à venir manger chez lui, à 5 km, pile sur notre trajet. On suit son camion sur 8 km, donc, et on débarque chez lui et sa femme Athena. La clim tourne à fond, on se montre des photos de famille, on boit le thé, les parents viennent passer le bonjour, on engloutit un bon poulet-riz-frite-coca-glaçons et ils nous installent des matelas dans le salon pour piquer une sieste. Aref est sincèrement heureux de nous recevoir et s’excuse de ne pas le faire mieux que ça.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A part une Playstation et FIFA 15, on voit vraiment pas ce qu’il manquait à cet accueil. Il nous fera même un gros câlin avec bisous baveux avant de nous laisser filer avec 1 kg de riz et 2 kg de nectarines. Adorable.
Les kilomètres s’enchainent, on reste vigilant malgré la chaleur, question de survie. On voudrait pas finir comme ce chien.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le soir, on tente notre chance dans une antenne du Croissant Rouge. On sent qu’ils ne sont pas chauds pour nous accueillir. Dommage, y’avait la clim et une table de ping-pong. Alors on fait juste le plein d’eau et prenons le premier chemin à droite. Une carrière poussiéreuse en haut, un champs, des chiens de cassos qui aboient mais c’est en allant papoter avec des gars que Benoit nous dégote une villa grand standing. On dirait un refuge de luxe pour trafiquant de drogue mais les mecs (des travailleurs de la carrière) sont sympas et nous accueillent tout naturellement. Un thé, une douche, des brochettes d’agneaux, un peu d’alcool de raisin et les gars filent, nous laissant les clefs de la baraque. Avec Benoit, on était à 2 doigts de succomber à la danse nuptiale de notre nouvel ami, on a eu chaud.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Gros dodo sous la clim et on repart. On bat le record de chaleur aujourd’hui mais passons un moment agréable en bord de caspienne, entre marais, rizière et décharge public. Nos voisins semblent vivre de très peu mais ça ne les empêche pas de nous proposer leur toit et le couvert. Nous accepterons le thé, presque aussi chaud que l’air.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le soir, on retente une opération Croissant Rouge et ça marche. On peut s’installer dans une pièce (sans clim, snif) et profiter de la douche et de leur cuisine où Alice fait une démonstration de ses talents. Un des gars est champion de karaté et va bientôt partir pour les Jeux Olympiques de Rio. Il me montre une vidéo où il se fait massacrer par un adversaire d’Azerbaïdjan.IMG_5268
Au matin, on dit au revoir à nos hôtes pendant que Benoit dit adieu à ses lunettes de soleil, perdues à jamais. Il est à peine 9h, il fait 31°C, bien lourd. Ambitions du jour : faire les 22  petits kilomètres qui nous séparent de Gorgan, se trouver un hôtel pas trop cher avec climatisation et wifi, laver du linge, taper une sieste, imprimer en couleur des papelards et trouver un hôte warmshower pour la prochaine ville. Bingo, tout s’enchaine facilement et avec succès et on passe l’après-midi en mode comatage. En chemin, nous aurons tout de même droit à notre 1er contrôle de passeport. Après avoir joué les cowboys franchouillards en refusant de s’arrêter, puis en refusant de montrer le passeport et, enfin, en demandant au flic de montrer sa carte, on finit par obtempérer. Avec tous les visas collés dessus, ils sont trop précieux nos passeports en ce moment. Les perdre ou se les faire voler serait une catastrophe.
En partant en quête d’imprimante pour les visas, Ophélie se retrouve embarquée par un gars de l’hôtel pour traverser la ville en voiture. Elle revient au bout d’1/2 heures, papiers en main, après avoir refusé de la vodka, du whisky, du Champagne et une visite de la ville. Welcome in Iran.
Le soir, les filles se font une soirée cinéma en branchant une clef USB sur la teloche et se mattent L’Arnacoeur. Le genre de film avec le genre d’acteur qui fait passer 99% des mecs pour des gros moches empotés.IMG_5271 Pendant ce temps, avec Benoit, on élève notre culture en se lisant mutuellement des poèmes en farsi avant de discuter à bâtons rompus sur le passionnant sujet des Zoroastriens. Ah la la, quelle bonne partie de rigolade. La culture, quelle aventure !
Le lendemain, on pédale quelques minutes vers la gare de bus. Sur place, on se laisse porter par le flot iranien.IMG_5279 Dans beaucoup de pays, faut se battre pour faire embarquer un pauvre  vélo dans un bus ou un train. En Iran, c’est les gens qui se battent pour faire embarquer 4 gros vélos couchés dans un bus. On enlève les sièges et tout rentre. Égoïstement, Ophélie et Alice refusent de rester dans la soute pour tout bien maintenir.IMG_5273 6 heures de trajet nous ramène en zone semi-desertique avec une chaleur sèche plus respirable. On rejoint alors nos hôtes warmshowers contactés la veille et passons une soirée très agréable avec eux et Lydia, une cyclo hollandaise de 21 ans. En échange de leur hospitalité, la french team prend les commandes de la cuisine avec des pâtes magiques aux légumes du soleil et protéines végétales puis un clafoutis du bonheur aux prunes pimpantes. Nos hôtes sortent du vin fait maison et de l’eau de vie. Welcome in Iran. Comme souvent, on parle de leur pays et du gouvernement qu’ils subissent, sans rien pouvoir y faire et ne pouvant que très difficilement s’expatrier.IMG_5283
Au matin, on forme donc un peloton de 5 sur la route chauffée à blanc menant vers l’est et roulons d’une traite jusqu’à la ville suivante : Shirvan. On passe l’après-midi à l’ombre dans un parc et faisons un grand nettoyage des chaines au gasoil, comme si on respirait déjà pas assez d’essence toute la journée… Mais c’est un truc qui fait du bien de nettoyer une chaine sale, ça détend, c’est structurant et apaisant. Un peu comme briser les vertèbres d’un chaton. Ou même de 2 chatons.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

On est vendredi, l’équivalent du dimanche en France. En fin d’après-midi, le parc se remplit de plus en plus d’enfants, ils nous tournent autour en lâchant quelques « hello », c’est mignon. Au début. Ensuite, ça nous fout une pression de dingue tout ces Chucky en vadrouille, Ben les appelle affectueusement « les enfants tueurs », on étouffe de tout ces regards et décidons d’aller voir ailleurs pour camper. On pédale vers un autre parc, beaucoup plus calme, avec des beaux arbres et de la pelouse. Donc trop beau pour être vrai. Des gens débarquent et nous expliquent , entre 2 photos et « where are you from ? », qu’il est interdit de camper ici. Il est tard, il fait chaud, on est crevé et faut qu’on trouve de l’eau et un nouveau spot. On perd notre patience et j’envoie bêtement balader des gens qui veulent nous aider, malgré nos têtes peu engageantes. Pendant qu’on fait le plein d’eau, des flics débarquent et nous demandent de les suivre vers un autre parc où on pourra camper. Arrivés sur place, c’est pas très clair mais le flic nous dit, en gros :  » Voici le parc dans lequel vous pouvez ne pas rester », puis  » Attendez svp, jusqu’à ce qu’on ne trouve pas une solution ». Il commence à faire nuit, alors on file en disant merci quand même et visons un bivouac pourri dans les champs à la sortie de la ville. On prend un chemin poussiéreux et prospectons pour un coin plat. C’est pas terrible, la route est à 100m, il fait déjà nuit et je marche (en tong) sur des épines. Un moment de délice. Mais c’est là que le miracle iranien se produit. Une voiture se pointe et un couple avec un enfant en sort, comme ça, au milieu de nul part. Ils nous demandent si on a besoin d’aide, on répond que tout va bien, qu’on a de l’eau, de la bouffe mais qu’on cherche juste un coin où planter la tente. Ils nous proposent alors de nous accueillir chez eux en ville, on est sauvé !
On reprend la 2×2 voies à contre-sens, sans lumières, sur la bande d’arrêt d’urgence puis suivons leur voiture jusque chez eux. Pas croyable, on se demande encore ce qu’ils leur a pris de venir nous rejoindre dans ce champs pourri, à la tombée de la nuit. L’hypothèse la plus plausible étant que leurs regards ont été attiré puis subjugué par la beauté luminescente de Benoit et moi-même (le soit-disant Tyran). Bref, on se retrouve dans un très grand salon à siroter de l’eau de rose et à manger des fruits. Un collègue de Rasoul, notre sauveur, débarque alors, nous parle un anglais impeccable puis part nous chercher à manger pendant qu’on prend une douche. Des flics viennent pour un nouveau contrôle des passeports… Nous ont-ils suivis ? Un voisin a-t’il dénoncé notre hôte ? Ce dernier nous rassure en nous disant qu’il n’y a aucun problème et que la police a juste vraiment à cœur de nous protéger…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A la fin du repas, nos bâillements et nos mines sont assez explicites pour qu’ils nous installent rapidement des matelas dans le salon. Hop, au dodo. Les iraniens sont incroyables et nos hôtes d’une nuit ne se formalisent même pas lorsqu’on leur annonce qu’on aimerait se lever à 6h afin de partir avant la fournaise totale. Alors ils se réveillent avec nous et nous préparent un petit dej’ de champion : œufs au plat, pain, fromage, miel, confiture de cerise et thé.
Une nouvelle matinée sur la route, à regarder le thermomètre monter rapidement. On arrive à la ville suivante – Quchan – avant midi et disons au revoir à Lydia qui file vers Mashad. Mashad se prononce « ma chatte » et ça fait bien marrer mes dépravés d’acolytes, à mon grand désespoir. Mes pieuses oreilles et mes prêches menaçants ne font qu’une bien frêle barrière face à leur gouaille digne de Satan en personne :
 » Lydia va dans Mashad ! « ,  » Ça vous dirait de voir Mashad ? Y’a un beau gazon à l’entrée! « ,  » Y’a du monde dans Mashad ! « , » Ça pue Mashad « , « On peut entrer à vélo dans Mashad ? »… Désespérant…

A l’entrée de la ville, nouveau contrôle de police. Le flic matte nos passeports, passe un coup de fil et nous dit de patienter 1/2 heure vu qu’on fait les gros malins qui râlent et qui ne veulent pas attendre. Mais il nous laisse partir au bout de 10 minutes et les Occidentaux pressés que nous sommes ne le sont plus tant lorsqu’il s’agit de finir la pastèque qu’on vient de nous offrir. Le flic, sous ces airs de shérif, est en fait une crème qui nous escortera vers un superbe parc en centre-ville. Nous y passons l’après-midi entre repas, sieste, glaces italiennes et ravitaillement.IMG_5305
Le soir, nous quittons la ville et grimpons un peu pour nous trouver un coin de bivouac au calme. Coucher de soleil, berger menant son troupeau, air frais, hommes à dos d’ânes, ça fait du bien.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Reveil à 5h, il fait 12°C sous la tente, un délice. On grimpe à 2000m dans un décor de plus en plus beau puis redescendons à 1700m où nous passons l’après-midi sous un arbre. Des gars nous offrent du raisin et de l’eau glacé. En fin d’après-midi, nous pédalons quelques kilomètres pour notre plus beau bivouac iranien, au bord d’un ruisseau.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le lendemain, on fait la grasse matinée jusqu’à 6h et entamons notre dernière étape en Iran. Comme un cadeau d’adieu, le pays nous offre ses plus beaux paysages dans un canyon en pente douce puis dans ses montagnes, marquant la frontière avec le Turkménistan.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A Bajgiran, après un thé offert au Croissant Rouge, on se pose dans le parc de la ville. On s’apprête à passer l’après-midi à l’ombre entre cuisine au réchaud et jeux de carte lorsque la direction du vélo de Benoit se brise. La petite pièce en inox reliant le guidon au cadre est cassée en 2, impossible de rouler comme ça. On part donc en mission re-soudage. Bajgiran est un tout petit bled, on se dit que c’est pas gagné et que ça risque de prendre 3 plombes. Mais on est en Iran alors on croise un flic, on lui montre la pièce, il nous embarque en voiture et nous dépose devant un bâtiment municipal où un autre gars ressoude la pièce à main nu avec un branchement électrique digne d’une douche bolivienne. En 20 minutes, l’affaire est pliée.P1100294
On passe donc l’après-midi peinard et fêtons ça en offrant une séance de lavage à nos vélos. Des vrais kéké enlevant le cambouis avec des lingettes pour bébé.
Demain matin, nous attaquons la partie « stan » du voyage. Ça y est, nous entrons en Asie Centrale, avec le sentiment enivrant d’être si loin de chez nous, en plein cœur de notre aventure à vélo. Si je l’autorise, Ophélie pourra enfin quitter son voile, rouler en short et T-shirt et adresser la parole aux hommes sans les choquer. Pour moi, ça change pas grand-chose. J’aurais moins besoin d’être discret pour pisser en bord de route ou pour me changer, dévoilant cette musculature si impressionnante, je l’accorde. On quitte le peuple iranien avec un peu de regret car on sait qu’il sera difficile de gouter à nouveau à un accueil pareil. En revanche, ça fait du bien de dire au revoir à cette ségrégation homme/femme et aux portrait omniprésents de Kohmeini, Kahmeini et des martyrs.
On a passé un très bon mois en Iran, contre toute attente. Ce pays ne nous attirait pas vraiment, on redoutait autant la chaleur que les mœurs. Au final, on s’est plutôt bien acclimaté à ces 2 aspects et c’est avant tout les Iraniens qui ont fait de ce séjour un moment très spécial, bien plus que les paysages (assez désertiques et monotones sur notre parcours), la faune et la flore (assez pauvre et en partie dévastée) et la nourriture (pas très variée, sauf dans les foyers). Je pense que rouler dans le sud du pays et loin des grands axes nous aurait beaucoup plus mais il y fait tout simplement beaucoup trop chaud en été et, surtout, le Tadjikistan nous attend !IMG_5317

Poème d’Ophélie  – Ou êtes vous ?
Dans les transports, vous êtes séparées
Drapées de noir, vous êtes en majorité
Visages, ongles et doigts de pieds sont maquillés
Mais, ou êtes vous ?
Sur mon vélo, je ne vous vois pas
Dans les villes, enfin, je vous aperçois
Faisant du shopping dans le grand bazar
Ou pique-niquant en famille parfois si tard
J’aime les stands d’épices et leurs couleurs chatoyantes
Que de contradiction, ce pays si chaud aux âmes bienveillantes
« Welcome in Iran », dit à haute voix dans cette contrée, si accueillante

IMG_5415

Publicités

18 commentaires sur “De la Caspienne aux « stans », dernier bout d’Iran

  1. Merci pour ce reportage, à votre retour j’aurais plein de questions indiscrètes à vous poser.
    Courageuse et ou peut-être inconsciente Lydia, une cyclo hollandaise de voyager seule ( mais c’est un vieux qui dit cela LOL )
    Bises à vous deux heuuuu vous quatre.
    J-B et Catherine

  2. Tu as oublié : « Mashaad est trop sèche pour y entrer… ». Pourtant il me semble bien qu’elle est du prude Mehmet Buchanek himself. On attend la traduction en farsi du poème d’Ophelie !

  3. Toujours aussi poilant ! Passez le bonjour à Lydia de ma part, j’ai voyagé avec elle et d’autres français et suisses de Dubrovnik au Monténégro, et je suis très content qu’elle en soit arrivé là 🙂 bon vent !!

  4. Quel beau dessin Ophelie avec le cadre en fond , beaucoup d’émotion dans le regard. Tu rattrapes l’horreur des photos d’animaux morts, stp Frederic je ne veux plus voir cela.
    À vous la route de la soie, gavez vous de sensations et de merveilleux.

    • Aie aie aie… on a croisé un magnifique « chat tartare » et un bel âne dont tu pourras apprécier la beauté intérieure. Désolé mais Alice insiste pour que je mettes des photos horribles sur mon blog car elle n’ose pas. Soit-disant que des enfants suivent leur blog. Pffff… les enfants adorent les animaux morts, c’est bien connu. Qui n’a jamais joué avec un chat mort ?

  5. Merci Ophélie de remonter le niveau de polésie avec ton poème et ton dessin (je ne sais pas si on s’habitue à la rudesse de cœur de Frédérique (c’est maman qui m’a dit que tu préférais ton prénom comme cela…).
    Poutoux.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s