Kazakhstan Express

 

  • 16/09/16  Osh – Bichkek = 700 km en « taxi »
  • 17/09/16  Bichkek – qqpart au Kazakhstan = 79 km
  • 18/09/16  … – 50 km avant Almaty = 111 km
  • 19/09/16   … – Almaty = 71 km
  • 20 & 21   Almaty = on mange
  • 22/09/16  Almaty –  qqpart = 93 km
  • 23/09/16  … – gorge de Kopek = 80 km
  • 24/09/16  … – = 107 km
  • 25/09/16  … – 15 km avant la Chine = 90 km
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cliquez pour agrandir et voir tout le parcours. Alors Béa, heureuse ?

 

Yo yo yo les potos !! Vous vous doutez qu’on est en Chine maintenant ! En Chine bordel, à vélo ! Presque 6 mois de voyage et presque 7500 km de vélo au compteur et nous voilà dans l’empire du milieu, trop bien. On va avoir des trucs à vous raconter car on entre dans un autre monde là. Mais d’abord, laissez-nous vous conter ces quelques 600 km au Kazakhstan, au grand galop (ceci est un indice pour « l’animal des routes du monde » du jour).

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à Osh, ça les fait bien marrer notre Futuroscope. Ici, ils ont le cinéma en 10 dimensions

On quitte Osh à reculons car on était peinard avec nos potes Camil & Renaud & le supermarché juste à côté. Mais ils se barrent aussi (sauf le supermarché) et on a un bout de chemin à faire avant la deadline pour la Chine. Alors on enfourche nos vélos, sortons de la ville, posons les vélos et levons le pouce. On tente l’auto-stop entre Osh et Bichkek car plusieurs cyclos nous ont dit l’avoir fait sans problèmes dans l’autre sens. On se dit que ça sera marrant de passer 15h avec un chauffeur routier dans un poids lourd. Mais ce qui marche dans un sens ne fonctionne pas forcément dan l’autre et on poireaute 1h30 pour voir passer 3 pauvres camions qui ne s’arrêtent pas. Un gars s’arrête pour nous dire qu’on devrait aller un peu plus loin, genre juste après l’intersection où la moitié des véhicules bifurquent, et il nous écrit Bichkek en russes sur une feuille A4. 15 minutes d’attente, zéro camion.

Un gars en break s’arrête et nous propose de nous emmener à Bichkek pour 25 €, soit le tiers d’un taxi normal. Y’a quand même 11h de route, 700 km et on squatte toutes les places avec nos p’tits culs bombés et nos enclumes à roulette. Ok, on lui fait bien confirmer que c’est 25€ pour nous 2 avec les vélos et c’est parti. On sait même pas si c’est un taxi dans ce pays où chaque voiture semble être un taxi. Au bout de 30 minutes de trajet, il nous fait comprendre que c’était 25€ par personne. Ça, c’est la technique Kirghize : ils t’annoncent un prix, effectue ou commence la prestation puis le tarif augmente, pouf, comme ça, par magie. On a eu le cas chez le coiffeur et chez une couturière qui m’a changé le zip d’une veste (ma belle jaune pleine de pipi d’Ushuaïa avec l’écusson du Paris-Dakar trop classe). Pour notre chauffeur, on lui dit que c’est mort, j’avais bien écris « 2000 » (en monnaie locale) sur sa vitre arrière crasseuse, ça a pas bougé, j’ai une preuve mon coco !

Mais on est pas chien, on lui filera 10€ de plus en se rendant compte que le trajet a bu plus de 20€ de gasoil. Le mec était sympa et on a roulé d’une traite sans pause histoire de pas arriver trop tard à Bichkek. Heureusement qu’on avait des bananes et des biscuits sinon on bouffait les sièges. Heureusement qu’on lui en a donné sinon on finissait dans le fossé, avec un pédalier dans le crâne.

Donc le mec est sympa mais c’est un boulet, on a tiré le gros lot avec lui. Mes doutes sur le fait qu’il soit taxi se renforcent quand il me demande où aller aux 3 premières intersections. Il est bien connu que les touristes français connaissent les routes Kirghize par cœur. Bon, je sors le GPS et le guide. Y’a environ 3 routes bitumées dans ce pays, faire Osh-Bichkek est moins compliqué qu’un Chantilly-Senlis, ou qu’un Thiers-Brioude (pour les cul-terreux qui nous lisent).

Ensuite, il roule en sous-régime, surtout en côte, pour moins consommé qu’il nous dit. N’importe quoi, ça me rend dingue, pire que quand ma mère s’arrête en passant directement de la 4eme au point mort. Du coup, on grimpe souvent entre 20 et 40 km/h et on se fait doubler par les Kamaz tout pourri. En descente, il nous fait flipper en roulant au point mort, surtout qu’il adore rouler sur la voie de gauche. On lui gueule aussi dessus quand il double sans visibilité, mais il semble avoir l’habitude que des gens crient dans sa voiture. Bref, on flippe un peu et on reste aux aguets, surtout quand il commence à bailler.

La nuit tombe quand on attaque les routes de col et qu’il allume son phare. Je précise bien son phare. On voit que dalle. Heureusement c’est la pleine lune et d’autres voitures devant ouvrent la voie. Mais on hésite franchement à descendre, quitte à camper et à faire du stop le lendemain. L’inconsciente doublée de flemme nous fait tout de même de rester au chaud avec notre ami.

Les paysages sont magnifiques, comme on peut s’imaginer le Kirghizistan : des petits plateaux d’altitude à l’herbe rase au milieu desquels coule des rivières, bordés de montagnes et parsemés de yourtes et de chevaux. Je ne prend aucune photo, ça n’a clairement pas la même saveur que quand on pédale pour y arriver. Faudra revenir dans ce pays.

On finit par arriver à 23h30 dans la capitale Kirghize, devant le 1er hôtel repéré sur le GPS. 40$ la nuit, le braquage. Malgré une vessie à 2 doigt d’exploser, Ophélie fait baisser à 28$. Toujours cher mais on rentabilise en dévalisant le buffet du petit déjeuner.

A 9h, on est sur les vélos et c’est le drame. Le vrai drame, atroce. Pire que si on s’était fait écrasé par un bus, pire que si on s’était fait violé par des yaks, pire que de manger du gras de mouton, pire que de manger du gras de mouton en se faisant violer par un yak. MON RETROVISEUR a disparu !!! Niaaaaaarrrggggghhh (cri de douleur). Mon petit retro… 35000 km ensemble sur les routes du monde… mon seul élément de sécurité… celui qui me prévient quand un camion va me tailler un short ou qu’un salaud de cycliste va essayer de me doubler… mon 3eme œil, celui qui veille sur la blondasse derrière (Ophélie). Il a dû se décrocher dans le taxi et j’ai rien vu en déchargeant dans le noir. Tant pis, je ferais sans pendant quelque temps et tournerais la tête quand nécessaire. J’ai la même souplesse cervicale que Robocop, c’est très pratique.

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Voilà, sans transition ni avertissement, passons à la séquence « jeune et décontractée » des animaux (morts) du monde. Sur ce cliché, au delà d’une démarche clairement artistique avec une mise en scène digne des plus grands psychopathes, vous noterez tout de même un profond respect témoigné envers l’animal. En effet, les traces sanglantes sur la route démontrent que la victime a été violemment heurté par un véhicule de taille respectable. L’animal, probablement mort sur le coup avec un belle calandre Kamaz imprimé sur le flanc, a ensuite été trainé sur le bas côté pour y être proprement débarrasser de ses chairs comestibles et de sa belle robe lustrée. Sa mort n’a pas été vaine, elle remplira le ventre d’une famille entière pendant le rude hiver Kazakh. Comme c’est beau.p1100954

Je dédie cette photo à Alice, à Spanghero et à tous les amoureux des chevaux.

On arrive rapidement à la frontière et ça passe tout seul. On entre au Kazakhstan sans visa, le coup de tampon nous permet d’y séjourner 15 jours gratuitement. On grimpe sur un faux-plat toute la journée dans un paysage sec où seul la route est bordée d’arbre. On campe juste après le col dans un jolie petit coin, bien rincé et avec, chose exceptionnelle, mal au cul ! Un comble en vélo-couché. Les 11h de bagnole la veille…img_7225

Le lendemain, c’est beau bitume et vent dans le dos, on se régale. Alors on profite et on enquille bien. Le paysage est forcément un peu fade après la Pamir, on doit réapprendre à partager la route avec les voitures (sans rétro…) mais on est bien ici.p1100955p1100950 Le midi, on s’arrête sur une aire de stationnement et avons la surprise de trouver un resto Turque, trop bon ! Et comme en Turquie, on rencontre des gens sympas dont un qui nous file un saucisson.

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ok, je vais peut-être autoriser un achat de gants

A 16h, on se trouve un chouette spot en bord de rivière et on se dit que les conditions sont parfaites en ce moment : journée chaude (30°C max), temps sec et nuits fraîches (8 à 10°C). On espère profiter de l’été indien pendant les 3 prochaines semaines.

30 km nous séparent alors d’Almaty, plus grande ville du pays, capitale de tout sauf de l’administration. On y arrive tôt mais on tourne 20 km de plus pour trouver un hôtel potable. Pas facile de rouler dans cette ville : des gros SUV partout, des feux rouge à gogo et des pentes à 4%. Je ne sais pas comment on aurait fait sans GPS, tout est planqué et rien n’est signalé.

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On finit par dégoter un appart avec cuisine, frigo et lave-linge et restons 3 nuits, histoire de flâner, de glander et des gouter des plats presque oubliés : hamburgers, cheesecake et pizzas !! Ça coutait une blinde mais ça fait du bien !! Dans un supermarché, on trouve même des trésors : camembert (Président, on fera avec), sardines Connetables, moutarde de Dijon et même du Mascarpone pour faire des Tiramisu.img_7248

C’est donc en pleine forme qu’on quitte Almaty, direction la Chine pour environ 400 km. On pensait y aller tranquillement en 6 étapes mais ça s’est fait en 4. Ça roulait bien et fallait pas gâcher le beau taux de globules rouges qu’on a dans le sang en ce moment, alors autant en profiter.

On a beaucoup apprécié ces 4 étapes, entre vallée se parant déjà des couleurs d’automne, gorges arides, beaux bivouac et plaines semi désertiques, nous ramenant quelques années en arrière, dans la pampa argentine. Pampa, donc, qui, un soir en fin d’étapes se rappellle à notre bon souvenir avec 30 putains de kilomètres tempête de face. C’est là qu’on rencontre le 1er cyclo depuis des siècles : Tristan, jeune britannique parti depuis 10 mois d’Australie. On décide rapidement de camper ensemble et pendant qu’il cuit les pâtes, je fais sauter les légumes. Et Ophélie dans l’histoire ? Elle admirait ces 2 beaux mâles modernes, s’acquittant sans sourciller des tâches ménagères après une journée harassante à vélo.img_7257

On a fait 107 km aujourd’hui et on est assez fier, surtout avec le vent pourri sur la fin. Mais on a un gros bourrin avec nous ce soir et il nous raconte qu’il a fait 4300 km en 27 jours en Chine, à cause d’un visa trop court et d’une envie folle de tout faire à vélo. Aujourd’hui, il s’est reposé en faisant seulement 100 km. On est sur le cul, le mec a fait entre 10 et 14h de vélo par jour pendant 1 mois, avec un record à 330km en 1 jour… Dire qu’on a l’impression de passer la journée à pédaler quand on y passe 6h… L’exploit physique mérite le respect mais ça nous laisse circonspect (hop, 2eme mot de 3 syllabes en 6 mois). Qu’a-t’il pu voir de la Chine à part son guidon, l’asphalte et des sachets de noodles ?

1 mois qu’il n’a pas pris de douche. Je lui demande : « Même pas de toilette dans une rivière ou avec la gourde ? ». Même pas.

Son voyage continue, il prévoie de rejoindre Londres avant Noël, soit au moins 8000 km en 3 mois. Chapeau. On lui file de la monnaie Ouzbek qui trainait dans nos affaires, il me file une gourde chinoise violette qui puera le rat crevé 3 jours plus tard. On passe une belle soirée. Les moustiques aussi.p1100975

Le lendemain, c’est déjà notre dernière étape au Kazakhstan. Malgré 600km parcouru, ça représente une infime parti du territoire. Rouler dans les steppes plus au nord doit être une sacré expérience, traumatisante en été, mortelle en hiver.

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Heu…je me rends compte que mon vélo apparait sur la moitié des photos. Ok, j’ai un problème

On campe au bord d’un champs de maïs avec vue sur les montagnes enneigées. La T°C chute rapidement après le coucher du soleil. Depuis quelques jours, on voit les feuilles de arbres jaunir et commencer à tomber, l’automne approche à grand pas et on se réjouit d’y assister. p1100979Demain, le réveil sonnera à 6h30 et nous admirerons le levé du soleil. Demain nous remonterons avec plaisir sur les vélos. Demain, nous entrerons en Chine. Demain, nous nous battrons avec des mémés kazakhs.

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Yaks, Yaourts et Yourtes – Tadjikistan – Acte 2

 

  • du 30/08 au 06/09
  • de Khorog à Murghab via la M41
  • 6 étapes consécutives / 341 km / 3600m de D+
  • 2 cols à plus de 4000m
  • de la grêle et de la neige

On s’arrache au confort et à la chaleur de Khorog et reprenons la route avec, comme toujours après une pause, des jambes de myopathe. On a méchamment blindé les sacoche avec de la bouffe et ça se ressent pas mal lors des raidillons sur les passages non bitumés.img_6505

Les paysages sont toujours à la hauteur de la réputation de cette Pamir, que les cyclistes surnomment la Carretera Australe d’Asie.img_6518

Le 1er soir, nous avisons un sorte de sous-bois à l’herbe impeccablement broutée et posons les tentes. Ophélie part demander au proprio si ça ne pose pas de problèmes de camper là (pendant que je suis déjà en calbute en train de me laver au ruisseau). Et une fois de plus, nous sommes obligé de subir la gentillesse Tadjik : le gars nous invite à boire du thé et à se tartiner une délicieuse confiture d’abricot sur du pain frais, le tout fait maison. Adorable.

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Le 2eme soir, rebelote. Alors qu’on fait le plein d’eau dans le jardin d’une mamie, cette dernière nous invite à prendre le thé et à manger son yaourt avec du pain. Elle a une voix très douce et apaisante, il fait chaud dans sa maisonnette, on est drôlement bien. On est gêné de tant de générosité et lui donnons un peu d’argent en partant. On ne sait pas si c’est bien ou mal mais ça nous paraissait correct sur le moment. En tout cas, c’était mieux que de lui mettre une mandale dans la gueule, c’est sûr. img_6573

On campe juste en face de sa baraque, le coin est sympa et le vent froid ne nous incite pas à continuer. On roule à l’économie en ce moment, fini les grosses étapes de bourrin, on en refera peut-être en Chine, genre sur du beau goudron plat vent dans le dos. Genre quand y’a aucun mérite.

Du coup, on a le temps de cuisiner et on se fait des pancakes aux flocons d’avoine. Oui, on trimballe de la farine et de la levure, faudra bientôt une roulotte pour ajouter un Magimix, la cocotte en fonte et les moules à cupcakes.

Ça commence à cailler et les doudounes-bonnets-gants sont de sortie matin et soir. La journée, au soleil, ça reste presque l’été.p1100717

On continue notre lente ascension, parfaite pour une acclimatation en douceur. Aujourd’hui, on vise une source d’eau chaude. Avec Ophélie, on imagine naïvement un bassin turquoise en pleine nature avec des beaux rochers autour, des galets bien lisses au fond, un arc-en-ciel et des licornes. Raté, on atterrit dans un espèce de bain-douche soviétique un peu glauque et en plus c’est payant ( 0,30 €, un scandale !!). Alors on boude dans notre jus pendant qu’Alice et Benoit vont se décrasser. Surtout qu’on a bien sué pour l’atteindre, avec une traversée de rivière sur un pont suspendu en bois ou j’ai failli laisser une rotule quand mon pied est passé dans le trou que vous voyez sur cette photo.p1100722

On reprend les vélos et campons à 3800m dans un décor Islandais, au milieu des terriers de marmottes. C’est des monstres, elles ont dû bouffer au Mc Do tout l’été, c’est pas possible. Leurs ventres trainent par terre quand elles se dandinent. Elles peuvent plus courir, c’est un dandinement rapide. Elles pourraient même pas échapper à un Yorkshire.

Le temps se couvre, ça fait une belle lumière mais on se pèle bien comme il faut avec le vent. On mange sous les tentes et zou ! dans les sacs de couchage. Avec Ophélie, on regrette notre ancienne tente ancien bunker 4 saisons. La « nouvelle » (déjà 5 mois mais on l’appelle encore la nouvelle) est censé convenir pour 3 saisons, mais je pense que c’est 3 saisons dans le sud de la Californie.img_6644

Au réveil : 2°C, pluie. On hésite à rester glander sous la tente histoire que ça passe. Mais les Transatos sont d’attaque alors on enfile nos combinaisons du désespoir et enfourchons nos vélos aux agréables sièges mouillés. La pluie cesse, la T°C monte un peu et la montée au col devient un petit plaisir. Les précipitations de la nuit ont saupoudrées de neige les montagnes, on vit un beau moment.img_6647

Mais ça se corse vite quand le beau bitume laisse place à une piste légèrement collante et que la montée au col se termine par 3 km à 8% et plus. Le souffle est plus court, Ophélie-le-lapin-des-plaines-aux-poumons-atrophiés tousse de plus en plus, l’effort est intense. A une encablure du haut, j’observe le versant d’en face et aperçois un rocher qui bouge. Les rochers ne bougent pas habituellement alors je zoom à fond avec le Lumix : un YAK !! On est en vélo et on voit un yak dans la neige !! Ça fait quelque-chose. Pas une mi-molle, il fait trop froid, mais presque.p1100735

Hop, nous voilà au col de Koi-Tezek à 4272m.

Le soleil apparaît et on entame la descente dans, je cite le gros blaireau blasé du Lonely Planet Asie Centrale : « un désert d’altitude, où les sommets enneigés qui encadrent un paysage lunaire n’ont rien de spécialement remarquable ». ???!!! Comment il a pu écrire ça ? Il habite à Disneyland le mec ou quoi ? Je vous laisse juger, nous, on a pas trouvé ça dégueux du tout. Mais j’admets que tout est plus beau à vélo. Sauf Juliaca au Pérou et Nogent-sur-Oise fin novembre.p1100743img_6683

Dans la descente vent dans le dos, je filme tout de même en roulant ce paysage tout moche et ne voit pas l’énorme nid de poule qui m’attend. Je me fais secouer très fort, heureusement qu’on a des suspensions sinon les roues se pliaient. Sous le choc, le câble de dérailleur arrière a cassé net. Il était arrivé la même chose sur… la carretera australe !

Après une pause repas à l’abri du vent, on poursuit et enchainons avec 2 autres côtes, d’autres paysages lunaires affreux, une averse de grêle et une piste boueuse.

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Grêle en vue ! Youpi !!!

Au sommet d’une côte, un motard espagnol s’arrête et on papote. Le gars se plaint que son Afrika Twin peine à plus de 4000m… sans blague… nous ça avance tout seul. Il nous demande si on est parti de Khorog ce matin. Je lui demande si il a conscience de ce qu’il dit : Khorog est à environ 180 km et on a mis 4 jours !! Il s’excuse puis demande si on sera à Murghab ce soir… Rhhhaaaa, il est 16h et c’est à 150km !!! Vaut mieux pas qu’il monte sur un vélo, il risquerait de partir avec une gourde et 2 snickers pour faire Madrid-Marrakech.

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Hideux paysage lunaire

Les kilomètres deviennent difficiles mais on a fait l’erreur de ne pas trimballer une réserve d’eau aujourd’hui, pensant croiser un torrent à un moment ou un autre. Alors on enchaîne mais le torrent ne vient pas, contrairement à la nuit et on se résout à monter la tente vers 18h30. On arrêtera finalement les rares véhicules qui passeront et arriveront à collecter 3 ou 4 litres. On fera même la vaisselle avec du Sprite, croyant que la bouteille contenait de l’eau. Bientôt, on lavera le linge avec de la purée mousseline.

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Tente gelée, glaçons dans les gourdes. Vive les bonnets

T°C négative au réveil mais le soleil dégèle tout rapidement. L’étape du jour est l’une des plus belles. On longe un lac, roulons sur du bitume, traversons un village de bout du monde et déjeunons en face de yaks et de yourtes dans une grande plaine entourée de montagnes enneigées. Le gars du Lonely Planet aurait sûrement lâcher un « mouais pas mal » avant de jeter son mégot par la fenêtre du Hummer, c’est dire.

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Le soir, on s’écarte un peu de la route et campons au milieu de maisons abandonnées. Ça nous fait un abris pour le vent, glacial le soir. Au sol, quelques pieds de yak et crânes de mouton ou chèvre. Nous sommes à 4000m d’altitude, Ophélie continue à tousser et ça continue à geler la nuit, on dort désormais habillés dans nos sac de couchage. On place les tentes de façon à avoir le soleil au matin, histoire de pas perdre un téton quand on se change au réveil.

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ces couleurs en haute altitude, ça fout une claque

Le matin, un petit col en pente très douce à 4150m et une belle route nous amène à Murghab. Juste avant, des gars dejeunant en bord de route nous invitent à partager leur repas. On venait de pic-niquer mais il reste toujours un peu de place pour une bonne purée lubrifiée au gras de mouton.

Il nous reste assez d’énergie pour faire le tour des guesthouses et trouver la moins cher. Bingo, 8 dollars/pers avec diner et p’tit dej inclus. Au top Mansur.img_6844

Dans cette ville, pas d’internet et de l’électricité seulement la nuit. C’est apaisant. On ne devait y rester que 2 nuits mais l’estomac explosif de Benoit prolonge notre séjour d’1 nuit, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le bazar de Murghab, composé de containers alignés, est bien achalandé et nous permet d’alourdir encore un peu plus nos sacoches pour la suite.

La suite donc, c’est 4 belles étapes marquant la fin de la Pamir Highway et du Tadjikistan avec un beau col à 4655m, d’autres nuits glaciales et un retour à la civilisation au Kirghizistan. On racontera tout ça dès que possible. Quand cet article paraitra, nous serons presque en Chine !!