Du bleu, du vert, la route et des spaghettis – Voyage au pays du bivouac

 

J 401 à 416 / de Oosaki à Hiroshima/ 1060 km

  • 16 étapes consécutives
  • du 10 au 25 mai 2017
  • 8200 m de D+
  • 14 bivouacs – 1 nuit chez l’habitant et 1 camping
  • 1 seule douche chaude
  • Les jambes en miettes
  • 16 jours grandioses

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bivouac \bi.vwak\ masculin

(XVIIe siècle) De l’allemand biwacht (« garde ») dérivé de bewachen ( « garder, monter la garde » ). Le mot est entré en français par l’intermédiaire des mercenaires suisses. Il est adopté par les autres langues européennes lors des guerres napoléoniennes principalement à partir de la forme bivac majoritaire avant le milieu du XIXe siècle.

(Militaire)(Sens étymologique désuet) Garde extraordinaire faite la nuit en plein air.

Être de garde au bivac.

Campement provisoire pour passer la nuit en plein air.

On entendait à six cents pieds plus bas l’agitation, les cris, le murmure du bivouac ennemi. — (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1868

(Par extension)Lieu de campement.

L’endroit où se trouvait cet homme était admirablement choisi pour une halte de quelques heures. […]. Une source jaillissait à quelques pas du lieu où le chasseur avait établi son bivouac. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)

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Un bivouac est un campement rudimentaire permettant de passer la nuit en pleine nature. Dans les pays développés, le bivouac est le plus souvent pratiqué lors d’activité en plein air, par exemple lors de randonnée pédestre de plusieurs jours (trekking, grande randonnée) mais cette pratique existe depuis l’apparition de l’homo sapiens. Pour de nombreux peuples nomades dans le monde, le bivouac est encore un mode d’hébergement courant. Même si le bivouac nécessite souvent l’usage d’une tente, le fait de dormir sans protection, appelé communément « dormir à la belle étoile » relève aussi du bivouac, tout comme le fait de manger en plein air.

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Panardéfinition

Dodo gratos sous la tente. Se pratique idéalement loin des villes, sur de l’herbe rase, proche d’un point d’eau (robinet, rivière, fontaine à coca, cimentière…) et loin de la route, mais pas trop quand même histoire de pas se coltiner des kilomètres en plus des autres kilomètres. Des chiots jouant autour de la tente est un plus. Ou un bébé cheval.

– Stttttoooooppppp ! Je viens de repérer un bivouac de psychopathe !! On va être au top ! Y’a même un banc ! (Fred – partirlespiedsdevant – 2017)

– Pfffff, encore un bivouac… J’pourrais pas faire de shampoing, mes cheveux sont dégueulasses. Regarde, on dirait que je me suis coiffée avec du beurre ! (Ophélie – partirlespiedsdevant – 2017)

Les grands espaces désertiques et/ou sauvages se prêtent parfaitement au bivouacage de rêve : Patagonie, altiplano bolivien, Lozère,Tadjikistan, le jardin de mes parents, plateau anatolien… Peut devenir très compliqué et désagréable dans les pays à forte densité de population. Une exception : le Japon, 4 fois plus densément peuplé que la France mais paradisiaque pour le gut gut biwacht. En selle !

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Il a encore plus la veille, toute l’après-midi et la nuit, non-stop. C’est comme ça ici, quand il drache, c’est minimum 12h. Alors Goretex ou pas, t’es assuré de pédaler le slip mouillé à un moment ou un autre.

Heureusement, nous avons pu passer l’après-midi au mini-bar du camping sinon ça aurait été la grosse tristesse sous la tente.

Le lendemain, malgré ou à cause des 2,5 jours de repos, les jambes sont atrocement raides et il faudra une bonne trentaine de km pour sentir les premières montées de giclette.

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pause pique-nique

La route est belle et on arrive rapidement à un ferry qui nous emmène sur une péninsule ou l’on dégote rapidement un coin sympa pour la nuit. IMG_3041J’ai une grosse envie de riz en ce moment, je sature un peu des éternels spaghettis. Alors on a acheté un paquet, le plus petit possible, 2 kg. Mais c’est l’échec sur le réchaud, le fond crame et le reste cuit mal. On se retrouve à avaler un espèce de porridge insipide, Ophélie tire une tronche pas possible. Je garde la face en disant «non mais c’est hyper bon pour la santé, y’a pas de gluten» mais je sens qu’on va lutter pour venir à bout de ce truc.

 

On se réveille en observant le lever de soleil, pédalons jusqu’en début d’après-midi entre mer et montagne à travers la péninsule et posons la tente dans un parc idyllique au bord de plage. Baignade et lavage à la gourde avant d’admirer le coucher de soleil. Journée spéciale, il est rare de pouvoir observer un lever et un coucher de soleil le même jour, de la plage, et en se déplaçant à vélo. Doublement spéciale puisque dorénavant, notre route oblique vers le nord avant de filer vers l’ouest dans quelques semaines, vers la maison. Ça y est, on rentre. On est content. Alors on ne gâche pas l’ambiance et c’est donc des spaghettis pour ce soir. Ophélie a fait 10 km de plus pour faire des courses et organiser un super apéro. Elle est prête à tout pour des cacahuètes et une bière.IMG_3064

Le matin, un promeneur vient nous offrir 2 canettes de café, génial ! Le p’tit dej au lit, de mieux en mieux ! La journée commence bien et on enchaîne rapidement les kilomètres jusqu’au pique-nique du midi (à 11h, trop la dalle).IMG_3067 Ensuite la météo part en cacahuète et on se retrouve à pédaler sous une pluie soutenue. Au bout d’une heure, y’a plus grand-chose de sec à part nos pieds, nos sur-chaussettes Goretex sont vraiment efficaces, on devrait renommer le blog partir les pieds devant et secs. D’habitude, mon moral s’écroule totalement sous la pluie mais là je suis bien, j’ai mon plan en tête : on va faire les courses, trouver un bivouac près d’un abris, changer de slip, faire des spaghettis et demain le soleil séchera nos affaires. Ouais j’suis bien, c’est pas la fin du monde dans ma tête pour une fois.

Mais on n’aura pas besoin d’être des héros aujourd’hui car une jeune femme arrête sa voiture, en sort et vient à notre rencontre sous une pluie battante. «Do you want to come in my home ?». Je lève mes 2 pouces dans leurs mouffles étanches ridicules «Of course ! We follow you !». Quelques kilomètres et nous voilà donc chez Risa au moment ou un déluge s’abat pour de bon, si fort qu’il y aura un éboulement au fond du jardin, les tanks ont eu chaud.IMG_3107

On fait connaissance avec son mari Kenji. Je lui dit que c’est le nom d’un chanteur connu en France, un gars qui a gagné un concours grâce à sa belle gueule et un soupçon de talent mais qui fait de la merde, au fond. Toute ressemblance avec un nouveau président français serait fortuite.IMG_3087

Bref on lui chante GIIITAAAAANOOOO et Kenji nous apprend qu’il adore les Gipsy Kings. Les Gipsy Kings ! Le mec connaît les Gipsy Kings ! Si avant le départ on m’avait dit qu’on chanterait Djobi Djoba au sud du Japon, j’aurais répondu «lol, et pourquoi pas Trump président ! ah ah ah !». Déjà qu’on prévoyait pas d’aller au Japon, alors y chanter Djobi Djoba et Bamboleo…

Risa et Kenji font pousser du raisin – c’est leur gagne-pain – et pratiquent le surf. Ils aiment la campagne, la nature et avoir du temps libre. C’est pas des vrais japonais en fait. Risa a 45 ans, elle en parait 12 de moins.

Elle nous sert un banana-cake à tomber par terre et un gâteau au chocolat et avocat, grosse grosse tuerie ce truc, ça donne une consistance crémeuse et les saveurs se marient parfaitement, comme des rillettes avec du camembert (si si je vous assure, c’est génial). On crevait la dalle y’a 20 minutes sur nos vélos sous la pluie, et là on se régale bien au chaud avec des gens adorables. Y’a même des chats qui viennent ronronner sur nos cuisses, ça fait sécher les slips plus vite, j’adore.

On passe donc toute l’après-midi sur les tatamis, Risa pratique son anglais, Kenji nous sert du Shochu et nous on le boit en parlant voyage. On n’a pas tellement d’autre sujet ces derniers temps mais c’est toujours passionnant.

Risa s’éclipse ensuite en cuisine et nous prépare un festin, elle a vite remarqué qu’on est bon client et elle adore cuisiner. Elle essaye de manger bio au maximum mais c’est très difficile au Japon, à moins d’avoir son potager. Le bio est très peu diffusé et coûte affreusement cher. On a vu des pots de miel à 60 euros les 500 grammes.

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On passe une soirée génial mais on est claqué et on s’écroule à 21h, Ophélie dans un lit, moi sur un futon. M’en fout, j’aime bien et le Shochu rend le sommeil très lourd.P1120236

Pour le petit dej, Risa nous demande quelle cuisson on préfère pour les œufs au plat. On répond le jaune bien coulant histoire de faire saucette avec le pain fait maison encore tout chaud.IMG_3089

Ils nous emmène alors voir leur spot de surf et une petite île qu’ils appellent leur Mont St Michel.

Avant de partir, Risa nous fait goûter un sorte de dessert à base de riz très gluant mélangé à de la cendre de bois puis elle nous offre des petites pâtisseries et des boulettes de riz pour la route. C’est pas encore aujourd’hui qu’on crèvera de faim.

On repart ému mais le ciel est a nouveau dégagé et la route nous appelle. Les étapes qui suivent sont les plus belles de notre séjour au Japon : petites routes calmes dans des fjords, plages sauvages, végétation abondante et générosité débordante.

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Après une courte traversée dans un bac, on achète des fruits dans une épicerie, y’a des patates nouvelles à moins de 2 euros le kg !! Le gars nous offre 3 pamplemousses et 2 oranges. On fait un pique-nique juste après au bord d’un terrain de croquet, une activité très populaire chez les seniors. C’est un peu le golf du pauvre et ça peut se pratiquer sans problème avec des hanches en plastique, un glaucome et des rotules en titane. Une mamie nous offre des bonbons, 2 chacun, les mêmes, pour pas qu’on se bagarre ensuite.IMG_3139

On remonte sur les vélo et passons devant 2 églises catholiques dans des petits village de pêcheurs. C’est les portugais qui les ont construit, ceux-là ils peuvent pas s’empêcher de faire un peu de maçonnerie des qu’ils débarquent quelque-part.

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Quelques kilomètres plus loin, alors qu’il est encore tôt et que le compteur n’affiche que 51 km, on tombe sur un spot de bivouac de PSYCHOPATHE : pelouse face à une plage déserte et des îles, sanitaires avec toilettes, douches (froides, faut pas rêver) et prises électriques.IMG_3167

Le top du top, on décide tout de suite de monter la tente. On vit vraiment des moments fantastiques sur cette île de Kyushu et la suite le confirme car on enchaîne 3 étapes similaires avec à chaque fois un bivouac en bord de mer ou dans des parcs et des offrandes quotidiennes: ici une dame qui nous amène en courant des boules de riz toutes chaudes au p’tit dejeuner, là un gars qui nous tend un sac contenant 2 bon kg de nèfles, un fruit qu’on avait goûté pour la première fois en Turquie, il y a 1 an.

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On quitte alors la côte pour les montagnes, à l’assaut du mont Aso, mais sans lasso.  On se fait une étape de warrior avec un long passage sur du 8% et un flux continue de voitures et camions, un tremblement de terre ayant provisoirement fermé un tunnel sur l’axe principal. On franchit la caldeira (vaste dépression causée par un volcan, comme un très grand cirque) et arrivons crevés dans la ville avec un plan en tête : faire des courses pour 2 jours, se poser dans un camping à 2 km, qu’on espère aussi beau que pas cher, et monter le lendemain au volcan du mont Aso en stop histoire de reposer les jambes.P1120257

A part pour les courses, c’est l’échec, liste à puce :

  • Le camping est en fait à 6 km, dans la montagne. Mais c’est du 3%, c’est presque reposant et c’est très très beau
  • Il coûte un bras : 15 euros et même pas de douches. Il est vide, c’est juste un sorte de pré avec des chiottes alors on demande une réduction. Le gars veut rien savoir, c’est un camping publique, il nous conseille de redescendre dans la ville pour camper gratos sur l’aire de repos. Gros sens du commerce.
  • On fait le plein d’eau et on se casse, un peu vénèreIMG_3271

Et c’est dans ses moments que la magie du voyage à vélo opère. On reprend la route pendant 1 km, ouvrons une barrière, descendons un peu et BAM : bivouac de fou avec un bébé cheval et une lumière magique.

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100 fois mieux que n’importe quel camping, même Ophélie en convient malgré l’impossibilité de faire un shampoing. On s’endort avec un silence total et nous réveillons en compagnie des vaches et de la brume se levant au fond de la caldeira.IMG_3283

C’est donc logiquement qu’on se fait le mont Aso à vélo, la route est splendide et porte par endroits les stigmates de séismes. IMG_3296L’accès au cratère est malheureusement interdit à cause des gaz toxiques mais on est hyper content d’y être monté, l’odeur de souffre nous a replongé dans nos souvenirs du Yellowstone et les paysages dans un mélange de pozzis corses et du Crater Lake.

On redescend par la même route, traversons la plaine de la caldeira et grimpons pour franchir ses murailles à nouveau. Bivouac dans un parc, Ophélie se lave les cheveux au robinet, tout va bien.

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Retour sur la côte le lendemain, on quitte le paradis de Kyushu à bord d’un petit ferry pour rejoindre le nord de Shikoku, non moins paradisiaque comme vous verrez. Du bateau, on repère un coin de bivouac sur une plage et le rejoignons illico après le débarquement. Baignade revigorante et douche à la poche à eau sous les derniers rayons du soleil. On rencontre un japonais voyageant à vélo en mode bikepaking : engin de 9 kg et seulement 3 ou 4 kg de matos. Le mec enchaîne des étapes de 160 km mais doit se réfugier à l’hôtel dès que le temps se gâte ou qu’il fait froid. Et pas de patates sautées le soir au bivouac; c’est un choix, j’aimerais bien essayer un jour (le bikepaking, pas les patates sautées, ça je connais bien).


  • Ophélie – 16h33 : «Elle est trop moche ta barbe
  • Fred : bah ça va bien avec le reste, non ?
  • C’est pas faux
  • J’vais me raser
  • Faudra que t’ailles chez le coiffeur aussi, c’est horrible
  • J’ai pas le temps »

 

Les jambes sont lourdes le lendemain et ça monte méchamment, j’en peux plus de grimper aujourd’hui et j’ai envie de balancer le vélo du haut de la falaise, ça n’arrive pas souvent, c’était au Tadjikistan la dernière fois. Ça fait marrer Ophélie-la-sans-pitié «ah tu vois ce que ça fait !!». C’est le mec d’hier qui a dû démoraliser mes guibolles avec son vélo ultra-léger. Ça ira bien mieux ensuite après un bon coca, ce truc est magique et on finit l’étape sur les chapeaux de roue avec 93 km au compteur et un nouveau bivouac balnéaire entre 2 palmiers, dans la ville d’Iyo. Un marcheur nous a offert 2 oranges, les bonnes, sans pépins, les chers, celles qu’on n’achète jamais (à cause du grand retour du budget Coca).

Le coucher de soleil embrase le ciel ce soir. Spaghettis aux tomates concassées. On a refilé le sac de riz à Risa, elle en fera un meilleur usage.

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Enfin une étape plate le lendemain, on récupère et faisons un stop à Matasayama chez un réparateur de scooter, j’ai pilé quand j’ai vu sa panoplie d’outils accrochés au mur. Le guidon d’Ophélie s’est desserré et la vis est complètement grippé, j’avais tout tenté déjà avec mes petits outils. Je démonte le guidon et avec mon nouveau pote mécano, nous arrosons de dégrippant, bloquons dans un étaux, puis dans un autre encore plus gros et utilisons sa plus grosse clef à cliquet pour en venir à bout, à 4 mains. Ça nous prend 30 bonnes minutes et on arrive à tout sortir sans dommages. Un coup de brosse métallique pour enlever la corrosion, un tartinage à la graisse épaisse et je remonte le tout proprement. Aaaah que c’est bon une bonne petite réparation comme ça ! Évidemment, le gars refuse qu’on le paye alors on fait une photo et le voilà sur le wall of fame des Panardos.IMG_3385

On repart pour Imbari, le départ de la Shimanami Kaido, une piste cyclable très célèbre dans le pays, entre Shikoku et Honshu, d’îles en îles, de ponts en ponts, 70 km entre ciel et terre, ou entre selle et terre comme dirait Claude Marthaler. Paysages de cartes postales sur la route, et un paquet de cormorrans.

On s’arrête juste avant pour camper, dans un parc en bord de plage. Herbe tondue, toilettes, robinet et banc devant la tente, gratuit. Spaghettis sauce tomate et fromage râpé. Il coûte une blinde ce fromage mais ça change tout.IMG_3417


La Shimanami Kaido

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Ça se passe de commentaires, les photos parlent d’elles-même.

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Pour la première fois, on croise beaucoup de touristes occidentaux. Jusqu’à maintenant, c’était pas plus de 1 ou 2 par semaine, ce qui nous faisait bénéficier d’une bonne petite discrimination positive. Ils louent des vélos et roulent à la journée sur une partie de cette piste fabuleuse.IMG_3472

Nous on avait prévu de se la faire tranquillement en 2 jours mais les choses ont fait qu’on a pratiquement tout claqué d’un coup et on campe le soir non loin du dernier pont. Ophélie râle un peu car on a rien trouvé de potable en bord de mer mais le spot est plus que correct et on serait comme des dingues si on trouvait ça en France. Herbe, robinet pour la douche à la gourde, banc, vue sur la baie et le petit plus de ce soir : une belle horloge Seiko, summum de la précision. Spaghettis natures et omelette au menu.IMG_3463

Le lendemain, nous voilà donc sur Honshu, la grande île au centre du pays (Osaka, Tokyo, Nagano, Fukushima, Kobe, Kyoto…). C’est toujours jolie et agréable mais un poil moins marrant car les villes sont plus présentes sur cette côte et le trafic plus important. On trouve tout de même un bon bivouac dans un parc en bord de mer et y passons toute l’après-midi. Un vieux monsieur vient nous parler et prend plein de photos, on se prête au jeu, on prend la pose.  Devant les vélos, voilà, avec la mer derrière, un peu plus à gauche, souriez, voilà ! Ophélie a un peu peur mais il n’ira pas jusqu’à nous demander d’être des tigresses et de faire l’amour à l’objectif. Et puis ils nous filent du thé et des fruits, moi pour ça j’veux bien poser à poil, y’a pas de soucis.

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Réveil sous la pluie, on l’accepte après toutes ces journées de beau temps. Ça tombe pas trop fort et nos scaphandres font leur job pour une fois. IMG_3495On quitte la côte et allons sur les îles au sud d’Hiroshima afin d’arriver dans cette ville tristement célèbre par la mer, ce qui nous évitera des joyeux moments de pédalage urbains et quelques douzaines de feux rouges. Mais ça sera pour le lendemain, la pluie n’invite pas à faire une grosse étape et on se pose dans un camping payant après 60 km. On est dégoûté de payer alors qu’il n’y a même pas de douche mais on a pas trop le choix cette fois et on a au moins un abris pour manger au sec (des spaghettis mais je crois que c’est plus la peine de préciser).

On va se regarder un p’tit film au chaud, je vais gonfler les matelas sous la tente, je plie les genoux, je bascule légèrement en arrière, je m’assoie.

Crac.

Et meeeeeerde !!!

Golden Week sur Kyushu

J 390 à 399 / de Seiyo (Shikoku) à Oosaki (Kyushu) / 383 km

  • Une traversée en ferry
  • 8 petites étapes
  • des plages
  • des très belles rencontres
  • 29/04/17  Seiyo – ferry – après Usuki = 34 km / +190m

On a super bien dormi après le feu d’artifice, toutes les voitures sont parties rapidement de NOTRE coin de bivouac. On se lève tôt, redescendons vers la côte et arrivons largement à temps pour embarquer dans le 1er ferry pour Kyushu, la grande île du sud.IMG_2802

Cette fois encore, le personnel est aux petits soins pour nos monstres avec petites cales individuelles et sangles soigneusement positionnées.IMG_2804

A bord, glandouille confortable sur la moquette, le trajet dure à peine 3 heuresIMG_2805

A destination, on fait le plein de bouffe et longeons la côte jusqu’à la 1ere plage pour se baigner et bivouaquer. IMG_2807

Il y a des bungalows avec de la pelouse devant et des toilettes publiques, le tout sous les palmiers et vue sur la plage, au top. On demande à des locataires si on peut planter la tente et ils finissent par nous inviter à dormir à l’étage, à prendre une douche chaude et à partager un BBQ. On est comme des rois, ils nous mettent 2 chaises à disposition (celles avec porte-gobelet), nous offrent des bières, du saké et un gars part même en voiture acheter 2 bouteilles de vin rouge, la réputation des français est solide. On dit que c’est trop, qu’il ne faut pas mais ils sont adorables, ils insistent et disent qu’ils aiment ça aussi. On sifflera les 2 bouteilles à 3 seulement.P1120202

Pendant ce temps, un gars démarre le BBQ au chalumeau et on ne tarde pas à avoir un bol dans lequel on trempe la viande grillée dans une délicieuse sauce inconnue des Panardos. On passe une super soirée, un des gars nous pose plein de questions par le truchement de son smartphone. Ils sont en week-end pour fêter le début de la Golden Week, une semaine ou quelques japonais sont en vacances, pas tous, loin de là. Ils bossent tous dans une petite boîte de transport routier, ils n’arrêtent pas de se charrier, comme en France.

Une bande de motard vient se garer près de la plage, je vais voir, on parle un peu et ça finit en grosse séance photos délires. J’ai dû prendre la pose sur 7 motos. Veuillez excuser la piètre qualité des clichés, les photographes avaient le mal de mer.P1120215

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Tout le monde est KO à 22h, on se dit à demain 5h pour le levé de soleil. Ophélie dit juste à demain, elle ne précise pas l’heure.

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5h, personne à part des pêcheurs au loin et Bibi tout seul avec son appareil photo made in Japan. Pas grave, c’est joli et j’attends tranquillement le soleilIMG_2837

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On prend un p’tit dej’ argentin avec le boss de la boîte et ses enfants : viande grillée, quelques poivrons pour la déco et du riz pour bien caler. On partage avec eux notre trésor : du beurre de cacahuète Skippy, version crunshy, le caviar du cyclo, le Fred’s fuel. Tout le monde aime. Les gouts des japonais sont très proches des nôtres, on ne tombe plus sur des trucs bizarres comme en Chine ou en Asie du Sud-est, genre hyper pimenté ou genre sucré quand tu t’attends à du salé.

On leur dit au revoir chaleureusement. Contrairement à ce qu’on pensait, les japonais ne sont pas distants du tout et très faciles à aborder. On salue en s’inclinant et on sert les mains, c’est plus amicale. Et comme s’ils n’avaient pas été assez sympa, ils nous donnent un sac avec des pommes, du poisson en boîte et de la sauce curry. Quelle 1ere journée à Kyushu.

  • 30/04/17 … – après Saiki = 45 km / +253m

On n’a pas de grandes ambitions kilométriques après la soirée de la veille et le réveil aux aurores pour les braves. Alors on vise un camping à une quarantaine de bornes, route exceptionnelle encore. La mer, la montagne, des petits ports de pêche, des gens qui nous sourient et nous disent « gambaté ».P1120216

Le camping est en haut de la montagne, loin de la plage 200m de dénivelé en 2 km, non merci. Surtout qu’il a l’air bien cher, ça se voit rien qu’au panneau. Alors on suit mon plan, à savoir bivouac (=gratuit) au bord de la plage. On trouve tout de suite notre bonheur avec coin à l’ombre, tables, douches de plage et toilettes, ce pays est un paradis du cyclocamping. On y passe toute l’après-midi entre baignade, lessive et réparation d’une crevaison très très lente.

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  • 01/05/17 … – Nabeoka = 59 km / +710m

Que dire ? C’est beau. On fait la pause pique-nique dans un parc où l’on aurait pu camper sans problème. Des jeunes mariés viennent faire une séance photo : 2 photographes, 1 maquilleuse et une coiffeuse, gros budget.

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Mais nous sommes accueillis par une couchsurfeuse ce soir, on a rdv à 16h. On a le temps, on flâne, on roule doucement et on arrive à 16h01 devant chez elle. Tout de suite on sent qu’on va bien s’entendre, Rika est easy-going, funny , full of humour, very friendly, talkative, interesting et prof d’anglais. Self-made woman, elle a principalement appris cette langue en regardant la série TV Friends. Super, je savais pas qu’on pouvait apprendre des trucs comme ça. Du coup j’suis content car je sais maintenant que je peux :

  • m’échapper de n’importe où (Prison Break)
  • massacrer du zombie (The Walking Dead)
  • intuber 10 personnes en 45 secondes (Urgences)
  • jouer de la batterie comme un dieu (Hélène et les garçons)
  • fabriquer du crystal meth dans un camping-car (Breaking Bad)
  • avoir une morale et un high-kick irréprochables (Walker Texas Ranger)
  • mater des culs à la jumelle (Alerte à Malibu)
  • diriger une mafia locale (Peaky Blinders)
  • souder un cadre de vélo avec mon réchaud et des piquets de tente (MacGyver)
  • transformer mon Doblo en char d’assaut (L’Agence tout risque)
  • aller à l’église, aimer mon prochain et me droguer en cachette (7 à la maison)

On prend une douche, attendons son compagnon Koji (déjà le 3eme Koji chez qui on dort !) et allons au resto, pour notre plus grand bonheur. IMG_2900Rika connaît un peu les cyclos et dans ce resto tout l’accompagnement est à volonté : riz, salade de choux et soupe au miso. On se régale, le porc est croustillant et fondant. Le prix ? A peine 9 € par tête. Les restos sont globalement bien moins chers qu’en France. Dans les sushis-bar, on peut se péter le bide pour moins de 10 €, hors boisson, sauf le thé, inclus et à volonté via un petit robinet sur la table.

On va ensuite à son cours d’anglais et y participons en tant que guest stars, la classe. A cause de la Golden Week, il n’y a qu’une douzaine d’élèves au lieu des 23 habituels, tous des adultes. On fait un dessin au tableau et expliquons notre voyage, ils se montrent très curieux et enthousiastes. Ensuite on s’assoit et suivons le cours, thème du jour : le cinéma (niveau fin de collège je dirais). Je me retrouve à discuter avec une nana, elle me dit que son film préféré est Reine des Neiges. Je lui dit non, c’est pas possible mais elle confirme.

On change de place et je me retrouve avec Hidé, un retraité dynamique. Ses films préférés : Top Gun et Inspecteur Harry, y’a du mieux. Top Gun, quand même… je me pose des questions sur le bonhomme du coup mais je n’ose pas lui demander si sa scène préférée est celle où les mecs jouent au volleyball torses nus, avec gros ralentis sur les smashs. Après ça nous gave et on parle un peu de nous, je lui demande son âge, il me répond « devine ! ». Le piège, les jap’ font toujours beaucoup plus jeunes, alors je réponds 65 ans. Loupé, il a 62 ans et semble un peu vexé. Il me demande le mien, « try to guess ! » que j’lui dit. 39 ans. Que… quoi… comment.. ?! Enfoiré ! J’en ai que 35 ! C’est mes poils blancs dans la barbe qui a dû le tromper, ou bien ma maturité évidente.IMG_2906

Le cours se termine, Rika met vraiment une super ambiance, tout le monde se marre. On sert les mains et l’un des élèves nous offre un porte-clef en forme de tong. Rika éclate de rire, ça vient de Guam, une île du pacifique appartenant aux USA, rien à voir avec le Japon. Mais le gars nous dit que ça nous portera bonheur, c’est émouvant tant de gentillesse.

On rentre chez Rika, buvons une bière avec Koji et installons les futons dans le salon.IMG_2909

Des chats se bagarrant dans la rue nous empêchent de bien dormir. Je suis pas contre le principe de chats qui s’entretuent, mais qu’ils fassent ça ailleurs, sur une route par exemple, ou en silence.

Pour remercier Rika, on prépare des pancakes le matin, avec le fameux Skippy à tartiner dessus, généreusement. Il est temps de repartir, à contrecœur, mais on décide de se revoir le lendemain pour une autre pancake party en mode camping cette fois.

  • 02/05/17  … – Hyuga = 43 km / +310m

 

On roule jusqu’à Umagase, une petit cap au sud de Nabeoka, idéal pour la pause du midi. On a encore un peu ressenti le vin rouge dans le raidillon à 15%.

On rejoint ensuite un camping charmant, la météo annonce de la pluie pour le lendemain et on a grand besoin d’une journée sans vélo. On ne fait pas de grosses étapes mais les up & down nous flinguent vite le cuissot.

  • 03/05/17  Hyuga = resto et calligraphie

Comme prévu, Rika et Koji nous rejoignent pour le p’tit dej’ à côté de la tente. Les pancakes sont mieux réussi que la veille, on vit une grande histoire d’amour mon réchaud et moi. Et quand on se fait un plan à 3 avec la poêle, c’est hyper excitant.

Nos amis décident ensuite de nous emmener faire un tour en Pryus. Où ? Aucune idée, on verra en route. Rika repère un panneau indiquant une manifestation dans un temple. Koji se gare, en marche arrière comme la plupart des japonais, ça doit être pour s’enfuir rapidement en cas de tremblement de terre ou de tsunami.f Dans le temple, il y a des ateliers créatifs et on est tout de suite invité à dessiner un camélia en mode traditionnel avec un gros pinceau et de l’encre de Chine. On a un prof chacun, c’est super. Les gens sont ravis de voir 2 gaijins et quand Rika raconte qu’on est venus à vélo, ils font des « waouhh » japonais. C’est très différent du waouh qu’on connait, ça ressemble plus à un « Hmmmm » qui monte légèrement dans les aigus. Y’a même un gars qui nous filme et prend des photos, super ambiance. On se souviendra toujours de ce moment donc je dis Camélia forever !

On s’installe à un atelier calligraphie et on se demande comment ils font pour retenir l’alphabet et encore plus pour écrire rapidement.

Un moine nous offre un sorte de porte-clef en bois pour nous porter chance mais on ne voit pas bien comment on pourrait être plus en veine que maintenant.

On va ensuite dans un des resto préférés de Rika et Koji, spécialité nouilles. Je prend comme Koji (menu morfale), pendant qu’Ophélie prend comme Rika (nouille et tempura de légume). On se régale.

Nos amis nous redéposent au camping et avant de se dire au revoir, Koji se ramasse avec le vélo d’Ophélie et Rika nous offre des petits koinobori à mettre sur nos vélos, c’est des fanions en forme de carpe qu’on voit partout en ce moment. Ça symbolise la fête des enfants, le 5 mai.

Pourquoi une carpe ?

les Japonais la considèrent comme le poisson le plus vif, le plus énergique et si plein de vigueur qu’il peut se frayer un chemin jusqu’à contre-courant des ruisseaux ou des des cascades”. Ce symbolisme de force et de persévérance de la carpe prendrait sa source dans un ancienne légende chinoise selon laquelle de tous les poissons du Fleuve Jaune remontant le fleuve, seules les carpes ont réussi à passer la cascade du Dragon, s’envolant alors vers le ciel en se transformant en dragons.

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Parfait pour le voyage à vélo, merci les amis !

Le lendemain, on apparaitra dans la gazette locale :a

Bon, j’ai pas trop le temps de tout vous traduire mais il est question de beau-gosses, de Mont St-Michel, de grand honneur et du plus beau camélia jamais dessiné.

  • 04/05/17  … – Takanabe = 32 km / +230m

Il a plu pratiquement toute l’après-midi de la veille et ça menace pas mal le matin. Il se remet à tomber des gouttes en plein petit déjeuner, le pire moment, quand tout est en bordel par terre et qu’on fait saucette sur les œufs au plat. L’ondée passée, le ciel devient plus clair et on décide de plier et de repartir. Nous sommes désormais des carpes vaillantes et vigoureuses qui vont se frayer un chemin à travers la flotte pour s’envoler vers le ciel, rien ne nous arrêtera !! Yahhhhhh !

Mais on la joue carpette au bout de 30 km et 3 averses et plantons la tente sous le crachin dans un camping gratuit en bord de mer, le moral dans les nageoires. On papote avec un surfeur-campeur, ancien coiffeur-styliste à Tokyo qui, suite aux gros tremblement de terre de Kobe et au tsunami de Fukushima, s’est dit que « flûte, la vie est trop courte pour passer son temps à bosser comme une brute, profitons un peu ». Une exception au Japon le gars, où faire carrière reste une priorité pour une grande majorité et où les vacances sont difficiles à prendre pour les autres. Koji n’a pas pu en prendre ces 10 dernières années. IMG_2942

  • 05/05/17  … – après Miyazaki = 63 km / +200m

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Temps couvert encore mais le plafond est plus haut alors on repart à peu près confiant et on frétille à nouveau quand le soleil apparait en fin de matinée, carpe diem ! Mon vélo se transforme en séchoir ambulant.

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Pause pique-nique en bord de plage avec petite baignade pour se mettre en appétit. IMG_2953Je fais joujou dans les vagues au milieu des nombreux surfeurs. Ce sport de glisse connait un succès fou ici, le pays s’y prête idéalement et les pratiquants ont tous les âges. C’est beau à voir, ils n’en font pas pour se la raconter, juste pour la beauté du sport.IMG_2952

On continue à longer la côte, les palmiers se font de plus en plus présents et on surprend parfois des singes au détour d’un virage.

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En fin d’après-midi, le temps se gâte à nouveau mais on a la chance de tomber sur un petit camping installé dans une ancienne école. La tente est montée avant la bruine et on mange sous un toit pendant la pluie. Ophélie ouvre un paquet de cacahuète et on se dit que ça irait bien avec une petite bière. 5 minutes plus tard, un campeur se pointe et nous offre une grande canette bien fraîche.

Serions-nous dans un endroit magique où il suffit de penser très fort à quelque-chose pour que ça se produise ? On a pensé très fort à des cheeseburgers mais on dû se contenter des nouilles et du tofu.

  • 06/05/17  … – après Kushima = 78 km / +750m

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Beau temps, belle route déserte, montées, descentes, pique-nique en bord de plage.

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On mange nos sandwichs face à la petite île de Kojima, 3,5 km de circonférence. Elle est connue dans le monde des primatologues car une communauté de singe y vit et leur comportement y est étudié depuis très longtemps. C’est ici qu’à pu être vérifié des comportements d’imitation quand les chercheurs ont observé une femelle laver des patates douces dans l’eau de mer et être ensuite copiée par ses congénères. Comme chez les humains, les singes apprennent par imitation.

Alors pourquoi Ophélie ne sait toujours pas réparer une crevaison ? Elle m’a vu le faire des dizaines de fois ! Et pourquoi je ne sais toujours pas laver correctement des vêtements ? Mystère.

Bivouac en bord de mer, loin de tout (mais juste à côté d’un super parc avec toilettes et herbe rase qu’on croisera le lendemain en repartant). Alors qu’on se fait la gueule pour une sombre histoire de poche à eau (il suffit de pas grand-chose parfois après 5 ou 6 heures de vélo) une dame pique-niquant non loin avec son mari vient nous offrir une bière et des pâtisseries japonaises qu’on adore (pâte de riz gluant fourré avec une purée de haricots sucré). Y’a un peu d’Iran dans ce pays en ce moment, on a des cadeaux tous les jours.IMG_3002

  • 07/05/17  … – Oosaki = 29 km

Courte étape, on en a plein les jambes, il faut qu’on fasse un vrai break. Les derniers jours de repos ont été imposé par la pluie et quand il pleut, on ne se repose pas, on déprime comme des loques en soupirant. Cette fois, on tombe sur un camping de rêve : dans une pinède, avec tables (disposant de prises électriques !!), plage à 3 minutes à pied et wifi gratuit !! Enfin !

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Le camping est désert et Hiro, le tenancier anglophone, nous chouchoute en nous offrant un vrai café, un emplacement de choix et une nuit offerte sur les 3 que nous y passerons. Quand on voudra le payer pour la 3eme nuit, il dira « non, le ciel est couvert aujourd’hui, c’est gratuit pour vous ! Un p’tit café ? ».

  • 08 & 09/05/17  Oosaki = repos dans la pinède

Enfin une journée de repos avec le soleil ! Les criquets se réveillent et des espèces de sandflies viennent nous enquiquiner, on dirait qu’elles veulent pondre leurs œufs dans nos yeux.

Des cyclos sont arrivés hier soir très tard et on fait connaissance le matin.IMG_3009

Le mec a 71 ans et sa femme 67 ! Et ils dorment à la dure dans une toute petite tente pendant leur périple de 10 jours au sud de l’île. On leur offre des petits pamplemousses et ils nous donnent du chocolat. J’essaye son vélo, une plume de 10 ou 11 kg, ça fait envie ces p’tits gravelbikes.

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Le lendemain, c’est pluie à nouveau pendant une bonne partie de la journée. Alors c’est blog à fond avec 3 articles mis en ligne pour Bibi et tricotage de bonnet pour Baba, au chaud dans le bar du camping. Il sera peut-être fini dans 8 ans ce bonnet.

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Demain le giclomètre sera remonté à son plus haut niveau et les carpettes pourront s’envoler vers d’autres plages, un château, des montagnes et un volcan.

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