Firewood

En campant aux US, on ne peut que remarquer une tradition bien encrée : le feu de camp.

Tous les emplacements sont équipés d’un cercle métallique avec, le plus souvent, une petite grille sur le dessus. Les bûches sont disponibles à la vente un peu partout : accueil d camping, supermarché, stations services et bords de route. Du bois bien sec qui flambe bien comme il faut.

Voilà pour la petite description barbante, attaquons la suite.

Presque tous les américains allument un feu, parfois dès le matin, même s’il fait très chaud avec un beau soleil. Au début de notre voyage, on se disait « tiens, c’est sympa, ils se font cuire des trucs au feu de bois ». Et bien pas du tout. Ce feu ne sert absolument à rien, même pas à faire fuir les moustiques ni à se réchauffer. Ils allument juste leur tas de bûches et vont s’asseoir pour le regarder ou vont manger pas loin. Le pire, c’est qu’ils ont tous un BBQ portable ou un réchaud à côté…

Donc, tous les jours, des tonnes de bois sont brûlés juste pour raviver cette bonne vieille habitudes des pionniers américains qui n’avaient rien d’autre pour cuire leurs beans.

Maintenant, dans le meilleur des cas, 3 Kg de bois serviront à brunir quelques marshmallows.

Bref, du gâchis, comme le gentil sapin de noël qui met 10 ans à pousser et qu’on coupe pour le faire trôner 10 jours dans le salon (avec un sac à sapin dont 20 centimes iront à la protection de la forêt amazonienne).

Bref, du gâchis, comme ces cyclotouristes qui brûlent des tonnes de kérosène juste pour pédaler ailleurs…

Les Plumes

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Les yeux rouges, toussant encore, Ophélie me tend le long calumet. Je ne sais pas ce qu’ils mettent dedans mais c’est violent. A la première bouffée, je manque de m’étouffer. A la seconde, la tête me tourne et à la troisième, je vois le commandant Cousteau danser le twist.

Nous sommes dans le tipi du chef des indiens de la tribu des Couilles Plates. Son nom est Petit-Farfadet-de-la-grande-prairie-du-bison-boiteux-mais-sympa, nous l’appelerons Daktari par commodité. C’est un vrai tipi d’indien avec juste ce détail qui nous rappelle notre époque : un poster de Justin Bieber et un micro-onde.

On l’a croisé sur la route. J’aimerais vous dire qu’il était fièrement dressé sur son cheval, lance à la main, en haut d’une colline, mais, en fait, il était avachi derrière son stand de saucisse-frite, avec son t-shirt Dora l’Exploratrice maculé de graisse.

En nous voyant arriver sur nos vélos, il s’est dressé doucement et nous a approché.

– Haltes visages pâles ! Vous guerriers de la route, vous venir faire honneur moi dans tipi.

On s’arrête à sa hauteur :

– Salut, sérieux ? on est pâle ? 2 mois qu’on crame au soleil et on est pâle ?? Ophélie ! J’t’avais bien dit que l’indice 50 c’est beaucoup trop. Viens ici que j’t’en colle une !!!

– Toi short rouge être plein de rage, toi venir partager calumet du bonheur

– ok, mais on cracherait pas sur un p’tit coca non plus

Nous voilà donc le suivant vers son village au bord de la rivière du Serpent-ondulant-à-travers-les-nuages-pluvieux, que nous appellerons juste la rivière, par commodité.

Les effets du calumet retombe, l’odeur de fumée disparaît, laissant revenir celle des aisselles de Daktari : un savoureux mélange de ragondin crevé et de jus de poubelle.

Ophélie est au bord de la nausée et sort prendre l’air. Quand à moi, malgré mes t-shirt en laine merino, ce fumet m’est familièr et je reste assis en face du chef.

D’un coup, Daktari sort de sa transe et me fixe de ses yeux perçant. Enfin, de son œil perçant car il est borgne. L’autre œil étant remplacé par une bille avec un smiley dessiné dessus.

– Toi faire grand honneur moi, toi épouser fille moi

– euh, oui mais je suis avec Ophélie déjà et tu l’as jamais vu en colère mon pote

– moi donner beaucoup or toi

Là il me prend par les sentiments, je commence à réfléchir et j’imagine sa fille : genre Pocahontas avec la petite jupe en peau de bête, les petite bottines, les nattes et tout et tout.

– Faut voir que j’lui dis.

Là-dessus, il tape des mains et un des pans de la tente s’écarte derrière lui. A contre-jour apparaît sa fille.

– Moi présenter toi Petite-Fleur-de-la-montagne-sacré-du-hibou-rugissant, que nous appellerons Sandy par commodité.

Là, malgré 2 mois passé aux US , j’ai un choc. A mi-chemin entre un brachiosaure et une paupiette, Sandy doit bien peser dans les 250 Kg. Certes, on peut être ronde est belle, mais pas avec une barbe et encore moins avec un débardeur rose Hello Kitty taille S.

Là, faut que je la joue fine.

– Hello Sandy, ça boume ? Oh regardez derrière, c’est pas Georges Clooney ?

A peine se sont-ils retourné que je suis déjà debout en train de m’éclipser. J’attrape Ophélie au passage et on file retrouver nos vélos.

Et les plumes dans tout ça ?

On les a juste trouvé par terre, sur la route. What else ?