Les Pieds en Espagne

  • 12 au 16/03/14 Ushuaia
  • 17 et 18/03/14 Madrid

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*** Commençons par une petite précision pour ceux qui ont mal compris : le voyage n’est pas fini ! Le coup de la fausse fin n’a pas bien marché, ou trop bien. Bref, on vous avait dit qu’on atterrissait tout près de chez nous et Madrid, comparé à Ushuaïa, c’est la porte à côté. Nous voici donc au pays du Barca, du Real, de Nadal, de Contador et de tous les autres dopés qui gagnent tout le temps contre les français (dopés aussi. Tous des dopés !! Sauf nous, ça comte pas la parilla).

On aurait pu passer plus de temps en Amérique Latine mais :

  1. Vous avez vu comment ça caille à Ushuaïa mi-Mars ? Imaginez mi-Avril… On n’a pas des pneus cloutés !
  2. La vache, ça fait du bien de mettre des puces numérotées, ça m’avait manqué.
  3. Passer directement de la Terre de Feu à la Picardie aurait été trop violent. Même si la Picardie peut être considérée comme la Terre de Feu à la française. Là, on revient en douceur. Ça aurait été trop triste d’atterrir à CDG et de finir dans le Doblo. Même si je l’adore, mon Doblo.
  4. On ne connait pas l’Espagne. C’est vrai qu’il y a des bordels ??
  5. Je connais Hendaye par coeur, ça sera la 4eme fois que j’y débarque à vélo. La 2eme pour Ophélie, ça avait été l’arrivée de notre 1er voyage ensemble, en 2005, en partant du Mont St-Michel.

On est hyper content de pédaler à nouveau, dans un pays nouveau et totalement hors-saison.

Non mais vous croyiez vraiment qu’on allait rentrer 7 semaines avant la fin de notre congés sympathique ? ***

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Notre avion ne décolle qu’à 10h mais on se lève à 5h30 et attendons le taxi pour 6h. On sait où on est (Argentine, dimanche matin) et ça ne loupe pas. Inquiets, on appelle le gars à 6h15, on le réveille apparemment. Mais il arrive rapidement et il a une bonne bouille. C’est pas vraiment un taxi mais c’est bien pratique pour caser nos affaires et celles de Tom & Flo qui prennent le même avion.

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La traversée d’Ushuaïa et de sa baie, de nuit, dans la benne d’un camion, c’est génial, je vous le recommande. Ophélie et Flo restent au chaud dans la cabine avec Adrian. Le chauffage a dû les endormir un peu car Ophélie se vautre méchamment en descendant du camion. Par respect pour la victime, j’ai écrit « méchamment » à la place de « comme une merde ».

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Les boules si elle s’était pété une jambe, ou même les 2. On aurait dû renommer le blog « rentrer les pieds devant (plus tôt que prévu) ». Heureusement, c’est une vrai normande élevée au lait entier (+ un peu de Calva), il en faut plus que ça pour la casser. C’est du bon matos la normande, ça consomme un peu mais c’est increvable.

Coup de bol au guichet, le gars ne nous fait rien payé pour les vélos alors que Tom et Flo se tapent une petite majoration. En revanche, on déchante un peu quand les douaniers s’intéressent à nos beaux cartons recouverts de 200 m de scotch. Du scotch, justement ce qu’il n’ont pas pour refermer les boîtes après les avoir inspecté, les boulets. Ils referment tant bien que mal et ça part en soute. Ici, rien à carrer de la sûreté, Tom fait sonner le portique et tout le monde s’en fout. Et je pense que le gars des rayons X devait mater du foot, ou du XXX.

Arrivés à Buenos Aires, on dit au revoir à Tom & Flo. Ils restent ici 4 jours avant de rentrer chez eux. J’aurais donné cher pour voir Tom danser le tango mais les grandes villes, c’est pas notre tasse de maté. On aura passé des super moments ensemble, notamment sur la Carretera puis en Terre de Feu. Rien de tel que quelques bivouac pour faire sauter toutes les barrières de la pudeur et bien se marrer. Merci Flo pour nous avoir si bien décrit le fécalome.

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Avec Ophélie, on prend un bus pour aller à l’aéroport international. C’est une bonne occasion d’avoir un aperçu de la ville mais comme on a dormi tout le long, j’peux pas vous dire. On poireaute ensuite un bon moment puisqu’on a une escale de 10h… ah non 12h40 en fait, l’avion a du retard. Mais grâce à Tête de con, ça passe assez vite. C’est qui Tête de con ? Bah c’est un gars avec une tête de con qui nous fait des misère à cause de nos beaux cartons imitation dromadaires. Bon, qu’il ait une tête de con, c’est pas sa faute mais on vous laisse juger de la suite :

Etape 1

  • « Vos cartons sont défoncés, on ne peut pas les prendre »
  • « C’est vos copains de la douane à Ushuaïa qu’ont fait les sagouins (tête de con) ! »
  • « Pas mon problème, débrouillez-vous »
  • « Ok, vous avez du scotch (tête de con) ? »
  • « Non »

Alors on va voir les mecs qui filment les bagages et, moyennant 60€, ils nous filment ça comme il faut, à la force des bras car nos paquebots ne passent pas sur la machine. Ça prend presque 1 heure.

Voilà, tête de con est content et on peut passer à l’étape 2

Etape 2

  • « Bon, faut que vous alliez par là pour passer au rayon X »
  • « Ok (tête de con) »

La machine à rayon X est balèze mais nos cartons le sont encore plus, ce qui pose problème à Tête de Conne. Hé oui, y’a une colonie dans le coin. Elle ne veut rien savoir, SURETE AERIENNE. Vous pouvez pas juste inspecter visuellement comme ils font à Paris, Mexico et San Francisco ? Non, SURETE AERIENNE !!

Ok, on cherche une autre solution avec le gars du guichet (Tête de gentil celui-là) : en avion cargo. Pourquoi pas, faudra juste attendre les cartons 2 ou 3 jours à Madrid. Mais au bout de 2 minutes, Tête de gentil réalise qu’on est dimanche et que le cargo n’est ouvert que du lundi au vendredi.

Du coup, plan B, on n’a plus le choix, faut ouvrir les cartons pour passer les vélo au scanner de Tête de Conne. SURETE AERIENNE !!

Retour à Tête de con

  • « Vous avez du scotch (tête de con) ? »
  • « Toujours pas, débrouillez-vous »

Je vais alors en chercher à la pharmacie du Terminal A (on est au C). Me demandez pas pourquoi la pharmacie, je sais toujours pas. Tout le monde nous disait qu’on pouvait en trouver là-bas mais en fait, non. La nana m’a filé un pauvre rouleau qui lui sert pour ses paquets.

Pendant ce temps, Ophélie s’occupe d’ouvrir les cartons, avec Tête de con. Là, on atteint le comble quand le gars lui demande si elle a un couteau pour les ouvrir. Quand j’vous dit qu’il est con. On est dans un aéroport international avec nos bagages filmés et enregistrés et le gars, qui travaille pour la SURETE AERIENNE, nous demande si on a un couteau dans la poche. Ophélie aurait dû répondre : « attends, j’vais voir dans mon sac à main, j’ai peut-être une machette entre mon flingue et mon pain de C-4 ». Au lieu de ça, elle va voir les filmeurs qui viennent nous aider avec un morceau de cutter.

Etape 3

Voilà, les cartons sont ouverts et on a de quoi les refermer. On retourne donc vers Tête de Conne et sa machine trop petite. Les vélos passent tout juste et il a même fallu qu’on passe les cartons vides et le film plastique qu’on avait en rab pour refaire un carton propre. N’importe quoi. D’un autre côté, c’est vrai que nos vélos ressemblent à des armes de guerre, genre vélo d’assaut spécial attentat aérien.

On remballe et c’est fini. On a sué comme des hyènes et on pue le stress à 10 km, parfait avant de passer 12h dans un avion.

Voilà, fin de presque 3 heures de combat, on peut enfin passer à l’embarquement. On passe nos sacs de cabine au scanner et on est dégouté de voir 4 gros rouleaux de scotch !! Arrggghh !!

Le trajet se passe super bien puisqu’on ne fait que manger (2 fois) et dormir (3 fois).

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Et à l’arrivée, qui c’est qu’est là pour nous accueillir ? Mon papa ! Le monsieur qui a fait des choses avec ma Maman y’a 33 ans. Nous déballons pour de bon les vélos et les remontons vite fait (30 minutes, record à battre) pour marcher jusqu’à l’hôtel. Une bonne douche et on file au resto

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Mon père : « Non mais là, j’ai 5 kg à perdre. Faut que je fasse attention »

Il a dit ça 2 minutes avant de commander une assiette pour catcheurs : une côte de porc, 2 œufs aux plat, des frites et un peu de salade pour la déco. T’as vu Maman, je cafarde tout !

Mon père : « on aurait dû prendre un 2eme pichet de bière »

Le premier pichet faisait déjà 1,5L et Ophélie n’y a pas touché…

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Le lendemain, nous allons tous les 3 faire une rapide visite de la capitale ibérique. On est un peu jetlagué avec Ophélie, alors on se contente juste de marcher un peu aux alentours de la jolie plaza Mayor. Tout le centre est envahi par des allemands supporters du FC Shalke 04, ça grouille de partout. Ce soir se joue un match de league des champions. Ces allemands, c’est des vrais caricatures de supporter de foot : que des mecs, gros bide, maillot de l’équipe, ça picole de la bière en terrasse dès 11h du mat’ et ça rote en pleine rue. Gut gut gut… Tout ça pour se prendre un beau 9-2 par le Real. Auf wieder sehen.

dodo métro

dodo métro

On profite également de cette journée pour s’acheter quelques souvenirs : des sous-vêtements, du WD40 et 3 jours de bouffe (vieux réflexe patagonien inutile puisqu’on croisera des bleds tout les 20 ou 30 km).

attention les filles, on ne rigole plus là

attention les filles, on ne rigole plus là

On repart dès le lendemain à vélo, on a un rendez-vous important…

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16 commentaires sur “Les Pieds en Espagne

  1. Trop rigolo ce retour au milieu des têtes de con et de conne. vive la normande et le picard ! Bon voyage et surtout bonnes bières !

  2. alors là sacremment épique. Le truc à la fois que l’on redoute et qu’on espère ne pas rencontrer, nous qui devront passer nos vélos 6 fois à l’aéroport. Enfin les connards habitent à Bounozair et on y va pas… pourvu qu’ils ne se soient pas reproduit ailleurs.
    Tellement blasés que vous ne visitez à peine Madrid… Bref, le meilleur souvenir c’est de voir Fred dans le métro, copier les « supporters » Allemands d’après match… Ils cuvent.
    Ophélie, je crois qu’a Los-Angeles ils embauchent encore des cascadeuses. Tu devrait tenter ta chance et profiter de devenir une vedette plutôt que de rester avec un gars qui cuve dans le métro. 😉

  3. Trop drôle le sketch du douanier. Après le « it’s the law » de notre ranger de Yosemite, vous avez eu droit au « es la ley ». Y’a pas de raison.
    Profitez des dernières bornes les amis on vous bise

    BEA

  4. De mauguio près de palavas avec ton papa qui là aussi a bien fini son assiette et aussi 75 cl de rosé du coin je me suis bien bidonné de ton article

    Envoyé de mon iPhone

  5. J’adore vous lire, vous me faites rire… Bon moi comme je suis une catastrophe ambulante mais que j’ai une bonne tête, aucun problème avec mon carton, juste que incendie à l’aéroport de Buenos aires, ascenseurs bloqués, aéroport envahi rapidement par une épaisse fumée, évacuation d’urgence, je n’abandonne pas mon vélo, j’arrive à trouver de l’aide pour l’évacuer, nuit dehors, avion à l’heure… Suerte à vous…
    http://www.frannycyclo.com/et-ce-fut-le-dernier-jour/

  6. Congratulations on the completion of your journey, it was interesting to follow your adventures. If you ever want to come to Oregon again you have a place to stay, please give us a call or stop by to visit.
    Richard and Betty Jo

  7. Warf, warf, warf ! Très bon les anecdotes d’aéroport ! Peut-être serez-vous intéressés par mon prochain séminaire, dans les Ardennes du 13 au 15 juin : « Apprendre à gérer les têtes de con sans violence – dans la mesure du possible ». J’anime en compagnie de quelques spécialistes ainsi que de quelques rangers de Yosemite qui serviront de cobayes pour les travaux pratiques… Buffet « à la belge » prévu sur les trois jours.
    Bonne traversée des Pyrénées.

    Pierrot

  8. ca c’est bien enfin on peut faire le deuil de ushuaia et de l’amerique latine : on a les photos on se rend compte de ce qui s’est passé
    Fred la tchatche : ce garcon la, il pourrait nous parler de tout : d’ordures le long de la route, de cadavres de guanacos pendant sur des fils barbelés, de flo, de gastro, de pissage surventé, de défécation morbide, de cimetière 3 étoiles et de morve lyonnaise toute fraiche, on se marrerait à tous les coups et on le suivrait.
    J’ai aimé le focus sur la colonie à l’aéroport : vraiment bon ce Fred ; c’est le prénom forcément qui émule du granD ARD
    BIZ les amis

  9. Au fait, habitues que vous etes a vous orienter en regardant le ciel, par ici le soleil indique le Sud plutot que le Nord… mais bon en fait y’a rien a changer, en pedalant « soleil dans le dos » vous devriez finir par debarquer en Normandie, bientot 🙂

    • Bah tu sais quoi ? Avec tous ces changement de soleil et de direction, j’en ai perdu mon sens de l’orientation. Ça commence à revenir là. On devrait trouver la Normandie tout de même

  10. C’est incroyable de trouver encore des têtes de con dans un aéroport, il y avait une concentration ….ce n’est pas possible ….il faut dire que vous étiez peut être un peu trop propre….vous ne sentiez pas la sueur, les arguments de soi-disant cycliste qu’aurai fait environ 13000 km….c’est louche non..on n’y crois pas…enfin…bonne balade en Espagne.

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