Nice – Mont-St-Michel en 563 jours

J 551 à 563 / de Chantilly au Mont-St-Michel / 513 km


Oh putain !

Oh putain de putain de putain !

Oh putain comme c’est vulgaire de démarrer un article avec plein de « oh putain » !

Oh putain c’est fini ! Nous ne sommes plus les pieds devant depuis le 19 octobre, date à laquelle nous avons atteint le Mont-St-Michel, date à laquelle les vélos ont rejoints un sombre garage normand et n’y ont plus bougé depuis, date à laquelle Ophélie a arrêté de stresser pour les lessives, date à laquelle nous avons échangé nos costumes d’aventuriers-warriors-chasseur-d’ours-de-ouf-de-l’extrême-déglingo-over-the-rainbow contre celui, un peu moins vendeur, de chômeurs déphasés en voie de réinsertion dans une société gangrénée. La quecla !

Va falloir qu’on trouve notre place dans ce bousin !

Cette histoire de costumes, c’est une image, je vous rassure. Je porte toujours les même habits qu’en voyage, le futal gris foncé et la polaire rouge, vous vous souvenez ? J’ai quand même fait l’impasse sur le t-shirt bleu, y’avait un gros risque sanitaire.

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Trop la classe cet écusson

On était content d’arriver, content de remiser les vélos, de décrocher les sacoches pour de bon et de mettre les cuisses au repos quelques temps. Mais là, un bon gros mois plus tard, rien que de l’écrire, ça me rend nostalgique et je pense à nos vieilles chaînes qui doivent s’oxyder doucement, je pense à mon pneu arrière qui doit être à plat à cause de cette crevaison lente datant du Japon, je pense au fanion d’Ophélie, tristement immobile, je pense à mes leviers de frein qui ont fait parti de mon horizon pendant 1 an et demi. C’est con de penser à des leviers de frein. Je pense à la tente, je pense au gonflage des matelas le soir, je pense à mon réchaud et sa flamme bleue, je pense à Ophélie et ses « tu t’arrêtes dès que tu vois un coin pour pisser, j’vais exploser ». Je pense qu’on aura peut-être vite envie de repartir un jour.

Oh putain !

Et enfin je pense à vous les amis followers, vous qui nous avez suivis sur ce si long voyage, vous qui attendiez fébrilement un nouvel arrivage encore tout chaud d’ « animaux de la route », vous qui avez découvert quelques pays à travers nos yeux, nos mots bancals, nos petits maux, nos coups de pédale et nos papilles, vous qui vous êtes bien marrés sur les carnets de bord de ma mère, vous qui, je l’espère, rêvez de brûler des camping-car. Et je pense même aux quelques chacals qui attendaient avec impatience qu’on choppe une gastro. C’est vrai que c’est toujours marrant un récit de gastro. Dire qu’on n’en a pas eu cette fois… quelle tristesse.

On vous doit donc bien un dernier article pour clore cette aventure, on va quand même pas vous laisser tomber comme des vieilles chaussettes merino trouées. Putain, France-Japon-France ! Si on nous avait dit qu’on ferait ça un jour…


  • 10/10/17  Chantilly – Cuignières = 38 km / +275m

Après la ripaille, les Ripailles

Les Ripailles, c’est le nom du rond-point le plus dangereux du monde, il est à la sortie de Chantilly. Il est à 2 voies, sur le tracé de la nationale, direction la grosse verrue de zone commerciale de St Maximin, le genre d’endroit que les corbeaux survolent à l’envers et que je ferais sauter en premier si j’avais un drône pacificateur américain (en 2nd ça serait Paris-Nord 2, en 3eme l’usine des 1000 vaches et en 4ème, pour le fun, le bar de Plus belle la vie). En voiture, ce rond point se prend tranquillement en 3eme vitesse et même en 4eme pour les plus joueurs. Le virage est incliné, un peu comme dans les circuits de Nascar. Franchement, même avec un Doblo ça passe crème à 70 km/h.

Ce rond-point, c’est un peu une légende dans le monde souriant du BTP car c’est peut-être bien le premier « carrefour à l’anglaise » de France, construit au début des années 70 et ouvrant la voie au délire giratoire de tout le pays.

A vélo, c’est chaud patate et faut s’imposer cash pistache, en plein milieu, car faut prendre la sortie à gauche, donc faire le 3/4 du tour. C’est un très bon entraînement pour ceux qui veulent rouler un jour dans Teheran. Voilà pour l’échauffement, ensuite on passe devant une décharge à ciel ouvert, traversons Creil, Nogent-sur-Oise, Cauffry et commençons enfin à respirer quand la campagne reprend après Rantigny. On a des grosses envies de Scandinavie après des moments comme ça. On ne va pas très loin aujourd’hui car on s’arrête chez Pascal, islamo-gauchiste bien connu sur ce blog sous le pseudo de Frisounette. Il habite Cuignières. Cuignières, 244 habitants aucun commerce, labellisé « ville voisins vigilants et solidaires », y’a des petits panneaux super acceuillants pour le signaler. J’adore ce truc ! Ce sentiment de peur permanent ! Cette ambiance d’insécurité ! Génial ! Walking Dead !

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Pascal s’est fait brûler sa bagnole l’an dernier.

Cuignières

Cuignières. Le nom décrit bien ce petit bourg de la plaine Picarde (appelée « petite Sibérie » en hiver, càd d’octobre à fin mai) : imaginez le bruit d’une vieille porte grinçante s’ouvrant doucement sous une brise automnale humide et froide… CUUUUUIIIIIIIGNIIIIIIIIEEEEEEEEEEEEEERRE.

Voilà.

Pascal nous propose purée-paupiettes pour ce soir, retour aux sources. C’est quand même toujours la misère d’enlever cette putain de ficelle autour de la paupiette, on s’en fout partout.


  • 11/10/17  Cuignières – Etrepagny = 77 km / +750m
  • 12/10/17  … – Ormes = 74 km / +605m
  • 13/10/17  … – St Pierre-sur-Dives = 88 km / +590m
  • 14/10/17  … – St Martin des Besaces = 79 km / +975m

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On repart ensemble le lendemain, Frisounoux est en congés et a donc l’honneur de nous accompagner pour le dernier bout. Il roule devant, crinière au vent, il a des cheveux magnifiques, des belles bouclettes souples et soyeuses. De loin, on dirait Marie-Antoinette en brun, c’est hypnotisant.

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Non, ce n’est pas un caniche sur sa tête, bande de moqueurs !

On empreinte les petites routes, celles en blanc ou jaune sur la carte Michelin. La routine du voyage en France s’installe tout de suite : arrêt boulangerie vers 10h, pique-nique sur les places des villages ou près des églises, remplissage des gourdes dans les cimetières, recherche du bivouac en fin d’après-midi puis apéro de temps en temps. Le voyage à vélo n’est qu’une graaaande balade à vélo.

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Le matin au bivouac…

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… faut rejoindre la route

On aurait pu faire du Warmshower mais on a préféré se faire du cyclo-camping à l’ancienne avec choix de l’itinéraire au dernier moment et des bons petits bivouacs. Surtout que le temps est au beau fixe, on a l’été indien qu’on espérait. Même les soirées sont douces.

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Et faire la vaisselle ne glace pas les mains, surtout si c’est pas les nôtres mais celles de notre soubrette à bouclette.

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On passe au nord du Vexin, ça grimpe un peu, puis dans le pays d’Auge, assez vallonné, et on arrive dans la Suisse Normande, très casse-patte.

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près de 25°C à 10h, vive le réchauffement !

Au 3eme bivouac, qui sera aussi notre dernier, on se trouve une petite rivière pas trop vaseuse, le St Graal après 3 jours sans douche. Je suis comme un dingue, une baignade mi-octobre ! Pascal me suit et je regrette encore de ne pas avoir filmé ses petits cris de chochottes quand a) il a gouté l’eau que je qualifiais de « très bonne » et b) s’est frotté aux orties en remontant.

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La fin de la suisse normande nous arrache des cris de douleur dans du 11%, on ne s’y attendait pas mais les paysages valaient bien l’effort, comme souvent.

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Le soir après une grosse étape, on galère à mort pour trouver un coin de bivouac. Cette fois, tout n’est que barbelé ou champs labourés, rien à se mettre sous la bâche. Alors on continue, on grimpe à St Martin des Besace, on est crevé,  Gégé sort du bistrot et nous dit qu’il ne manque que la TV sur nos vélos. On redescend et croisons un panneau « camping », le 1er depuis 3 jours. Tant pis pour le dernier bivouac, celui d’hier était chouette. On se pose et profitons des derniers rayons de soleil pour faire sécher les tentes, pliées complètement trempées ce matin. Une p’tite douche, une p’tite bière et un p’tit repas au réchaud. C’est le nouveau réchaud, celui qu’on a eu gratos, il est fanta… c’est une bom… je l’aime.

  • 15/10/17  St Martin des Besaces – Chanteloup = 60 km / +620m
  • 16/10/17  … – Monmartin-sur-Mer = 16 km
  • 17/10/17  … – Ferme de St Ursin = 33 km / +400m

On se fait une séance de montagne russe en ligne droite. La moitié des bleds qu’on traverse depuis ces derniers jours ont un nom de fromage ou de laiterie. On est accueilli le soir par un cousin d’Ophélie et une averse tombe juste quand on rentre les vélos. Bon timing. Merci Roland et Marie.

Le lendemain, toute petite étape pour rejoindre Montmartin-Sur-Mer et ce qu’on pourrait appeler un rendez-vous professionnel. Les Panardos ne perdent pas de temps, ils cherchent du taf en voyageant. Les vélos et le parcours impressionnent beaucoup, c’est vendeur, même pas besoin de mettre un costard, on peut y aller en mode Quechua crado et les godasses Shimano, ça passe ! L’après-midi, le ciel se voile et devient jaune-gris. Les lampadaires s’allument automatiquement, le vent redouble, les oiseaux cessent de chanter, ambiance fin du monde. Il s’agit en fait d’une mini-tempête charriant du sable du Sahara. Est-ce la pacha mama qui nous envoie un message au cas où on ne saurait pas où pédaler dans le futur ?

Le soir, les parents d’Ophélie nous rejoignent avec de quoi nourrir toute la ville et on fait un festin sous l’éclairage si romantique des lampes à LED. Le camping est vide, il n’y a que nous. C’est d’ailleurs le moins cher de tout le voyage : 4 € pour 3 personnes et 2 tentes.

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regardez bien, il n’y a aucune vitamine sur cette table

Le lendemain, on se bouffe au moins 8000 raidillons avant d’arriver à la Ferme de St Ursin. Y’avait que 33 km mais on les a bien sentis.

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Nous sommes acceuillis chez nos amis Manu, Hélène, Malo et Léo, la Fameuhly. Ils étaient là avant notre départ aux Amériques, on était là quand ils sont revenus de leur tour d’Europe en famille (à vélo, dois-je préciser ?), on était ensemble pour la projection de nos films au festival CCI de 2015. Le courant passe pas trop mal.

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Ils se sont lancé avec courage dans le maraîchage biologique, vendant tout après leur voyage pour s’installer sur une belle ferme, faire pousser des trucs moches et bons qui n’enrichissent pas Monsanto et fabriquer un Agrozouk, un engin agricole écolo qui fait passer nos Azub pour des trottinettes Dora l’exploratrice.

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Du coup le soir, on fait le plein de bon légumes… euh… quoi que… en fait… non, on a juste mangé des patates car c’est tout de même ce qui va le mieux pour la raclette !!! Y’avait des cornichons aussi je crois, des Bonduelles.

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On passe la nuit au chaud et repartons pas très vaillant pour la dernière étape !! Malo et Manu sont morts de rire, je vérifie si j’ai bien fermé ma braguette mais non c’est pas ça. Ils ont accrochés une petite surprise sur mon vélo.

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Elle s’appelle Chuckette 2, elle est pas mal mais elle a quand même moins de charme que ma petite Chuckette d’Ouzbekistan.

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Chuckette n’a jamais bien compris le principe du clien d’oeil

Donc où en étais-je… oui, dernière étape donc.

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Et puis non finalement. On boucle rapidement les 34 km pour rejoindre la maison des parents d’Ophélie à Céaux, mais on a trop la flemme de repartir faire un aller-retour au Mont. Le voyage durera un jour de plus ! De toute façon, la mère d’Ophélie nous avait fait des saucisses grillées à la cheminée et une montagne de frite, donc impossible de repartir, on arrivait à peine à marcher après ça.

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Et hop, de retour au bercail

19 octobre, on remonte sur les vélos avec toutes les sacoches, avec les même vêtements, sinon ça compte pas. Il fait un temps dégueux. Le voyage est presque fini depuis qu’on est en France mais il ne le sera complètement qu’arrivé au Mont, c’est symbolique, c’est pour la photo. Mais c’est aussi pour la biscuiterie et ses cookies chocolat noir-caramel au beurre salé, une tuerie.

Ophélie dit souvent qu’elle habite au Mont St Michel, c’est plus pratique, peu de gens connaissent Céaux, même à 5 km de Céaux. Au Japon, c’était la star, moi je disais que j’habitais Paris, ils s’en foutaient. Bref, à force moi je voyais Céaux juste à côté du Mont, mais en fait y’a 14 bornes ! Je le savais mais j’avais oublié. Alors vous allez dire que c’est rien 14 bornes quand t’en as fait plus de 24 000 mais, si, ça compte quand t’as plus la giclette et que tu sens que ton corps est fatigué. On se sent un peu usés avec Ophélie, comme quand on était rentré des Amériques. C’est une histoire de mental, faudrait qu’on s’abonne à Psychologie magazine pour bien tout comprendre. Peut-être qu’on trouverait aussi des réponses aux 2 grands mystères de ce voyage :

  1. Pourquoi a-t’on envie de pomme-de-terre quand y’en a pas et pourquoi on rêve de riz asiatique dès qu’on retrouve les patates ?
  2. Pourquoi reniflons-nous nos t-shirt en sachant très bien que ça pue ?

Bon, 14 bornes toutes plates, ça va vite et nous voilà sur la passerelle dont l’accès est autorisé aux vélos en semaine. Ça y est, c’est fini, nous voilà au bout du voyage. Pas de grosses grosses émotions, on est rentré en douceur, on a fait un beau voyage, on est contents d’être arrivés, on repartira si le besoin, impérieux, nous reprend un jour comme une furieuse envie de pisser en bord de route. Ça vérifie le vieil adage et ces proverbes de powerpoint disant que le chemin est bien plus important que la destination. J’en ai trouvé plein sur le net !

« Les routes qui ne disent pas le pays de leur destination, sont les routes aimées. » – René Char

« De nouvelles routes bien tracées, pour aller toujours plus loin nulle part. » – Emile Ajar

« Je ne me demande pas où mènent les routes ; c’est pour le trajet que je pars. » – Anne Hébert

Celle de Thoreau est la meilleure

« J’ai la nostalgie d’une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes… une route qui conduise aux confins de la terre… où l’esprit est libre… » –  Henry David Thoreau

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On met 3 plombes à sortir des photos à peine potables, la lumière est affreuse et Pascal a la tremblotte quand il tient l’appareil. Faut le comprendre, le mec est ému, il immortalise ses héros sur la ligne d’arrivée. 5 minutes plus tard, le ciel se dégage et un rayon de soleil viendra sublimer le Mont. Mais on sera déjà loin, à la biscuiterie.

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Putain, France-Japon-France ! Si on nous avait dit qu’on ferait ça un jour… (z’avez vu, c’est un p’tit rappel de l’introduction. C’est génial, on dirait du Marc Lévy). Si on nous avait dit ça alors qu’on partait la première fois tout les deux en 2005, à vélo droit, le cul en choux-fleur après 2 jours sur la selle, les jambes explosées dès la 3eme colline, complètement flippés la nuit à cause des sangliers, des hérissons et des feuilles mortes, avec nos p’tit K-Way roulés en boule à la ceinture (véridique), les matelas de merde qui nous défonçaient le dos, la tente à 99 € qu’on avait trouvé hors de prix, nos sacoches en tissus (étanche de l’intérieur uniquement), notre petit réchaud Bleuet, nos pâtes 3 minutes et notre couscous en boîte (celui où tu peux manger les os de poulet). C’était la grande aventure ! 1 mois – 2000 km du Mont-St-Michel à Hendaye ! C’était génial ! Ophélie avait des crampes aux cuisses la nuit et moi des frottements mal placés parce que je pédalais en short de bain (le style d’abord). Si on nous avait dit ça, on aurait rigolé, un peu gênés, on aurait dit  » non non non, impossible, on n’a que 5 semaines de congés, ça fait short pour un France-Japon. Et puis c’est pas pour nous, on n’est pas des aventuriers, on n’est pas capable, on n’osera pas, ça nous fait rêver mais c’est pas pour nous. Faut bosser, faut acheter une bagnole, une maison, puis bosser encore pour rembourser, c’est la vie, c’est comme ça. C’est pour les durs, les courageux, les dingues, les fortiches, ceux qui nous font baver au festival CCI et dans Carnet d’Aventure, c’est pour Claude Marthaler, Serge Leret, Sylvain Tesson et Matthieu Monceau. Denis Brogniart ou Gérard Holtz à la limite « . Et quelques années plus tard, nous voilà avec plus de 60 000 km au compteur, des souvenirs dans 33 pays et des genoux qui en redemandent.

Alors vous allez dire que j’me la raconte à mort et j’vous répondrais  » Mais grave Gustave ! Et si on peut pas se la péter après un France-Japon-France à vélo, j’vois pas quand on peut, crotte de zut ! »

Plus sérieusement, c’est pour dire que – attention, message d’espoir digne d’un discours de Miss France – tout ce qu’on a fait, n’importe qui en bonne santé, pas trop vieux et pas trop pauvre peut le réaliser. Ce France-Japon-France, cette année sabbatique aux Amériques, tout ces kilomètres, toutes ces montagnes, toutes ces frontières, c’est pas un exploit, c’est pas héroïque. Le plus dur est de partir, de s’écarter de la société, de bouleverser ses repères, de se sentir d’un coup très différent. Ensuite, bah c’est du vélo, ça roule. Et le camping, c’est chouette (sauf quand il pleut, là j’avoue c’est tout pourri) et souvent magique quand on trouve LE spot de bivouac, celui avec de l’herbe rase, un point d’eau, un arc en ciel et des petits chiots qui viennent te lécher les orteils. Et les gens sont presque tous sympas, même les musulmans, les chinois, les chinois musulmans, et les ardennais. Porter le même t-shirt pendant 6 jours, c’est pas la mort, sauf sous les bras. Se laver dans une rivière vaseuse, on s’y fait bien, perso j’adore. Manger du porridge au p’tit dej, c’est pas si dure. Oui, on a découvert qu’on peut survivre sans un grille-pain et du beurre salé, c’est incroyable, je sais. Et rouler sur un vélo de 40 ou 50 kg, ça s’oublie, on transporte notre liberté, c’est pas si lourd. Et se passer de lessive pendant 1 semaine… heu nan, ça c’est vraiment pas possible, désolé.

C’est tellement simple la vie avec un vélo et 4 sacoches.

Voilà, c’est fini, oh putain.

Je passe maintenant en mode Drucker et m’offre une ultime…roulements de tambour…allumez les feux d’artifice…enlevez vos vêtements…préparez les chatons et les catapultes… LIIIIIIIIIIISTE A PUUUUUUUCE !! oh que c’est bon, ça faisait un bail non ?

  • Merci de nous avoir suivi. Un p’tit merci tout de même car c’était gratos et vachement mieux que Joséphine ange-gardien. Franchement… une naine extra-terrestre…
  • Merci aux abris-bus, aux aires de repos, aux tables de pique-nique, au vent dans le dos, aux chiottes publiques, aux coins d’herbe à l’ombre, aux fontaines d’eau potable, au soleil, aux robinets des cimetières, aux champs sans barrières, aux bords de rivière et à tout ces petits riens qui rendent la vie nomade facile. Oui parce que, bon, hein, c’était pas tous les jours les vacances non plus. Sauf au Japon.
  • Un GRAND merci à ceux et celles qui ont pris le temps de commenter ou de nous envoyer un message de temps en temps. Ça fout la giclette des petits mots sympas. On avait parfois besoin qu’on nous rappelle que notre voyage était formidable. Oui parce que, bon, hein, c’était pas tous les jours les vacances non plus.
  • Un ENORME merci aux followers qui ont commenté régulièrement. Certains le savent déjà mais ces petits mots d’encouragements, ces vannes et cet enthousiasme communicatif font un bien fou quand on est loin de chez soi et qu’il faut mettre à jour ce putain de blog avec une connexion wifi foireuse et un clavier bizarre. Donc merci les amis, merci Béa, Pierrot, Papa, Calamity Mum, Lapin 2, les Transatos Alice et Benoît, Louison, Damien, Coco et Michel, JB et Catherine, Jacky et Michel, VeloSteph, Zwoofff, les Cyclomigratos, Danny et Fred, Frisounette, les Pisseuses Debout, Sebaroudeur, Chef C-Moye, Alain G, Tata Michèle et tout ceux que j’aurais oublié (ou qui n’ont plus commenté depuis longtemps, niarf niarf niarf).
  • Un merci TONITRUANT à ceux qui nous ont accueillis. Ça a toujours été surprenant cette chaleur humaine, impossible de s’en lasser. On garde des souvenirs émus de chaque rencontre, que ce soit dans une doma Ouzbèke autour d’un thé ou juste à côté d’une centrale nucléaire belge, autour d’une Jupiler, forcément. Merci merci merci.

Et pour finir en poésie, un dernier chef-d’oeuvre audiovisuel. Oh putain, de la poésie.

Les Panardos

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32 commentaires sur “Nice – Mont-St-Michel en 563 jours

  1. ca va me manquer 🙂 Encore milles merci pour m’avoir offert ce voyage que ptet quelque part j’aurai voulu faire moi même (mais je suis trop timide pour me lancer dans un tel truc). Ouf je sais qu’on finira bien par se croiser a une vélorizon ou l’autre !!!! Et pour une fois que tu poétise, c’est réussi (ca doit etre Ophélie qui a choisi non?)

  2. Bravo bravo, c’est Incroyable !! Vous êtes démentiels, fous et certainement très volontaires! Bon retour à la vie française!! Gros bisous

  3. Le petit film « Hapyness » est tout simplement génial… et flippant. Le dernier film « Liberté », fout les boules, tout simplement. Et, juste en dessous une pub : « Gros ventre ». C’est une blague ou quoi ? Partir, reprendre la route, Oh ! Putain de putain … (eh oui moi aussi, je le dis et le répète). Bises les amis , on attend de vos nouvelles quand même. N’oubliez pas tout à fait vos followers.
    Frédérique

  4. BRAVO et MERCI d’avoir pris le temps de partager avec nous une si belle aventure ! on ne se lasse pas de vos récits et de vos magnifiques photos ainsi que de votre regard sur notre monde ! bon courage pour le retour à la vie sédentaire…

  5. Bravo à vous deux de nous avoir fait rêver ,d’avoir partager ce grand voyage avec nous Surtout n’oubliez jamais tous les souvenirs que vous avez dans votre tête …. merci et zoubis Roland

  6. Putain de putain de putain vous avez fait un putain de voyage…
    Je n’ai plus commenté mais vous ai suivis…
    Bravo et merci pour le rêve.
    Françoise

  7. Bon tout a été dit et je suis d’accord avec tous ses compliments et on va juste vous dire:
    MERCI pour nous avoir fait rêver, c’était SUPER
    Bises à vous deux et au plaisir de se rencontrer.
    J-B et Catherine.

  8. 563 jours de belles découvertes…….. de belles étapes, de beaux paysages, de belles rencontres pour rencontrer Saint Michel !?, un signe du destin , un choix de lieu pour mieux repartir vers le Sud ? Merci pour ces 563 nuits et jours de rêve 🚴🏻🚴🏻‍♀️❤️💐👏🏻🌞👍🏼🌍🌏🌎

  9. Bon repos à vous, vaillants Panardos.

    J’ai suivi presque silencieusement toutes vos publications avec intérêt, curiosité et dépaysement.
    Une aventure humaine, à la croisée de tant de civilisations, impose le respect. Cet épisode de vie presque déconnecté nous aura, nous les quasi-sédentaires et propriétaires et salariés, parents, donné une belle bouffée d’oxygène dans la routine confortable et confortée qui meut le Système.

    Encore bravo à vous deux pour cette odyssée jusqu’au bout du monde, vos humeurs et sentiments partagés ainsi que votre définition radicale du mot « voyage ».

    Je vous embrasse et m’impatiente déjà de vos prochaines aventures !

    Maxime

  10. Enfin de la main d’oeuvre pour récolter les patates et les courges !
    Nan, ça fait du bien aussi de vous revoir en vrai en chair (à saucisse à l’oignon / galette) et en os !
    Vos posts étaient une p’tite bouée pour se marrer et sortir la tête de la galère de l’installation à la ferme…
    A bitôt pour une galette saucisse au marché !
    Biz de la fameuhly

  11. Quelle émouvance pour la fin de cette aventure les panardos ! j’ai bien failli verser ma p’tite larme… 😉
    Bravo à vous d’avoir fait tout ce que tout le monde rêve de faire ! (le camping et le vélo en moins pour ma part… je suis trop flemmarde…).
    Et si l’envie vous reprenait, n’hésitez pas, on n’attend que ça !!
    Vos aventures humaines et animales vont nous manquer…
    Bises
    Valérie

  12. je me suis régalé à lire votre voyage , quelle prose ! j en redemande.
    hâte de suivre vos prochaines aventures ( en camping-car).
    bravo et merciiii

  13. Comment ça? c’est fini? ah mais nan c’est pas possible, vous allez me faire le plaisir de remonter illico sur vos biclous et de repartir dans des pays ou ya des gens pas comme nous.
    Faut pas déconner, ça fait des mois que vous êtes ma récréation culturelle, je me suis même lancé dans la collection de photos d’animaux morts, j’ai même acheté un vélo d’appartement pour lire votre blog comme ça je vis le truc comme vous, j’allais acheter la tente à monter dans mon salon mais du coup j’hésite…
    Pas cool les panardos, vos aventures vont nous manquer.
    En même temps, ça m’étonnerait que vous vous embourgeoisiez beaucoup et je pense que d’ici quelques mois, la giclette va revenir.
    Donc je laisse mon vélo d’appart sorti au cas où….
    Merci du fond du coeur.

  14. Ah non. Je viens de m’inscrire et c’est déjà fini !
    Putain, de grâce et svp, refaites un tour pour nous faire plaisir, c’est quand même pas difficile.

    Chapeau à vous deux.

  15. Oh putain ! (moi aussi je peux faire du Marc Levy, la classe)
    Happiness le dimanche soir à 22h, y’a pas mieux comme dose de motivation se mettre un coup de pied au *bip* (un seul mot grossier par commentaire) et tout laisser tomber pour partir droit devant sur son vélo.
    Et sinon encore un grand merci pour ce blog decouvert un peu tard et qui va vraiment me manquer.
    Bon de toute manière jamais 2 sans 3, non ??? Les followers restent prêts !

  16. Je fais partie de ceux « qui n’ont plus commenté depuis longtemps », me contentant la plupart de temps de lire… et de rire !
    Mais là, je ne peux m’empêcher pour ce bel épilogue de vous remercier de nous avoir ainsi fait partager au plus près (et sans les odeurs !) votre aventure et vous féliciter pour cette nouvelle expérience de cyclo-aventuriers qui en appelle certainement encore d’autres, et qui ne manquera pas également d’en inspirer d’autres parmi vos nombreux et fidèles lecteurs.
    Je vois grâce à quelques commentaires que beaucoup découvrent votre aventure sur le tard, mais c’est pas grave, la saison de prête plutôt bien à s’installer au coin du feu avec l’ordi ou la tablette sur les genoux pour déguster tous vos articles et vidéos en « replay » !
    A bientôt ! D’ailleurs, si vos vélos ont besoin d’un petit bilan de santé et d’une cure de jouvence, n’hésitez pas…
    Et puis s’ils en ont marre du « sombre garage normand », ont envie de se dégourdir les roues, et n’ont pas peur de côtoyer des compagnons qui torturent leurs maîtres, qu’ils n’hésitent pas à venir nous rejoindre samedi pour notre balade annuelle du Téléthon (détails sur mon site)
    A défaut, peut-être vous(les) verra t’on au Festival CCI 2018 ?
    En attendant, faites de belles fêtes pour cette fin d’année !

  17. Bon je partage les « merci » pour nous avoir fait encore rêver avec vos péripéties. Si la premières fois on a suivi vos traces avec un décalage, cette fois on ne suis pas… enfin pas de suite… Moi je reste encore sur ma « fin » de ne pas connaitre la votre… vous retournez à l’usine? vous avez acheter 5 hectares au fin fond de la Suisse Normande pour y implanter un camping faussement sauvage réservé uniquement aux cyclistes avec 4 sacoches minimum? Vous arrêtez l’entrainement pour commencer une famille nombreuse afin de répartir la bonne parole extremecolopédalo sur la planête? Ben woui à quand la saison 3?

  18. Bon comme d’hab je suis à la bourre et je me rends compte que ça fait belle lurette que je n’ai pas écrit ici. Chapeau bas et merci d’avoir partagé avec nous. Et de quelle manière ! Tant d’humour, des photos magnifiques (mention spéciale évidemment pour tous ces animaux plus ou moins déchiquetés et écrasés), du vécu, de l’émotion, un vrai régal de lecture. Et puis finir par une liste à puces et de la poésie, c’est la classe internationale ! Maintenant, on va être un peu comme vous, on va trouver le quotidien bien terne. Bah, jusqu’au prochain tour de roue 😁

  19. Atch, atch, atch…… Et voilà une de vos aventures bouclée ! La basquerie n’a pas loupé un seul de vos articles ! Maintenant que vous avez fini votre promenade, Piarres t’attend pour faire du vrai vélo 😉 alors, prêt ?

  20. Oh !NAAN P…….. ! C’est fini 😢 !
    Bon mais c’est pour vous que ça va être dur dur ! Le quotidien du sédentaire! Aï aï! Bon au moins cette année vous aurez les victuailles traditionnelles pour les fêtes, la famille et les amis.
    Alors bonnes fêtes à vous ! Que vos projets se concrétisent en espérant que le voyage en fasse parti.
    Un immense MERCI pour tous ces fous rires, pour toutes ces rencontres et découvertes, ces images. …. à très bientôt en vélorizon. Biz
    Fab

  21. Eh bien, bravo !
    Vous nous laissez tomber comme de vieilles slaches !
    Plus rien à se mettre sous la dent pour les longues soirées d’hiver ou les journées désœuvrées.
    Fini de rire, la compagnie, en même temps que fini de pédaler.
    Je vais en perdre le goût du voyage, fût-il par procuration.
    Je vais me consoler en recommençant la lecture au début, au 1er voyage.
    Une petite gloriole; avec Vélosteph, on sera donc la seule contrée à vous avoir proposé un hébergement cent pour cent (vélo)couché !
    Parce que vous le valez bien !
    (et merci quand même !)
    Yves & Claudine (ou Poupa et Kernie)

  22. Merci pour tout ces récits qui nous ont fait voyager en rêves; et un grand bravo au terme de ce périple qui va vous laisser beaucoup de souvenirs.

  23. 563 jours pour faire Nice – le Mont Saint Michel ?
    Va falloir prendre plus de mentholine !
    Un gros régal de vous lire jour après jour. Merci d’avoir pris le temps de nous faire voyager (et réfléchir…). Le temps libre est la plus grande richesse.
    Concilier vélo et boulot c’est pas toujours facile.
    Une chouette idée du sud :
    https://sub24montpellier.wordpress.com/

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